8 275.91 PTS
+0.38 %
8 278.5
+0.42 %
SBF 120 PTS
6 282.19
+0.41 %
DAX PTS
24 980.47
+0.14 %
Dow Jones PTS
51 561.93
+1.73 %
30 407.81
-0.53 %
1.164
+0.24 %

La France rate l'échéance sur la transparence des salaires

| AFP | 85 | Aucun vote sur cette news
Le texte prévoit que les entreprises précisent le salaire dans leurs offres d'emploi et que les salariés puissent connaître le niveau de rémunération de leurs collègues à postes équivalents
Le texte prévoit que les entreprises précisent le salaire dans leurs offres d'emploi et que les salariés puissent connaître le niveau de rémunération de leurs collègues à postes équivalents ( JOHN THYS / AFP/Archives )

La date-butoir approche et la France ne la respectera pas: la directive européenne visant à renforcer la transparence sur les salaires pour améliorer l'égalité entre femmes et hommes, ne sera pas transposée avant l'échéance du 7 juin.

La France avait trois ans pour inscrire dans le droit national le texte approuvé en 2023 par les 27.

Mais depuis des mois, un dépassement de l'échéance était prévisible, en raison d'un agenda parlementaire dense et des divergences persistantes entre organisations syndicales et patronales.

"Le projet de loi sera transmis au Conseil d'Etat au plus tard pour dimanche prochain, 7 juin", a néanmoins assuré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou sur France 2.

"On va démarrer et j'espère qu'on pourra voter cette loi à la fin de l'année", a-t-il ajouté affirmant que "le gouvernement a essayé de trouver l'équilibre entre les positions exprimées par les uns et par les autres".

Un calendrier qui semble aujourd'hui particulièrement ambitieux.

La France est loin d'être le seul mauvais élève: seuls quelques pays, dont la Slovaquie et tout récemment l'Italie, ont transposé la directive.

"On attend le texte au plus vite", a déclaré la numéro un de la CFDT Marylise Léon sur BFM Business. "Les femmes ont envie d'avoir ce levier pour pouvoir faire valoir leur droit", a-t-elle ajouté.

Cette lenteur dans le processus de transposition s'explique par la "levée de boucliers de BusinessEurope, le patronat européen, qui a utilisé tous les moyens qu'il avait en sa possession pour essayer de dévitaliser la directive à sa source", s'agace Myriam Lebkiri de la CGT.

"Pour les patrons c'est un épouvantail et pour le gouvernement ça n'est pas un sujet, (...) il procrastine", renchérit Béatrice Lestic de la CFDT, qui ne voit "que des mots" dans l'ambition affichée par Emmanuel Macron de faire avancer l'égalité entre femmes et hommes.

Moratoire

Négociateur du Medef, Hubert Mongon évoque, lui, un texte qui est "un monstre de complexité". "Il a des contradictions et il n'est pas opérationnel, (...) il faut retravailler tout ça". L'organisation patronale a demandé à Matignon un moratoire "d'au moins deux ans".

En France, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8% à celui des hommes selon l'Insee (2024), en partie en raison d'une plus forte proportion de temps partiels. Mais à temps de travail égal, l'écart est encore de 14%. Pour le même emploi dans le même établissement, il est toujours de 3,6%.

Le texte européen prévoit notamment que les entreprises précisent le salaire, ou une fourchette de salaires, dans leurs offres d'emploi et que les salariés aient le droit d'obtenir des informations sur les niveaux de rémunération de leurs collègues occupant un travail de "valeur égale" au leur, ventilés par sexe.

Pour les entreprises, ce texte est
Pour les entreprises, ce texte est "une usine à gaz absolument invraisemblable" ( DAMIEN MEYER / AFP/Archives )

Pour les entreprises, c'est "une usine à gaz absolument invraisemblable", qui "risque de déstabiliser les relations sociales qui sont bonnes au sein des ETI" (entreprises de taille intermédiaire), s'insurge Olivier Schiller, du Collectif "Trop, c’est trop", qui rassemble quelque 2.500 dirigeants d’entreprise contestant l'accumulation de contraintes pour les entreprises, et vice-président de l'organisation patronale Meti.

Parmi les points non tranchés, l'éventuel ajout d'un seuil minimal de 10 salariés dans une catégorie d'emplois pour qu'une information sur les salaires soit possible. Les syndicats rejettent cet ajout, qui annihilerait l'effet de la directive selon eux.

La présidente de l'association nationale des DRH Audrey Richard, le juge au contraire "indispensable", car "ce qui est important c'est de ne pas pouvoir identifier son voisin". Elle se réjouit aussi que les services de ressources humaines aient plus de temps, faute de transposition, pour se préparer aux nouvelles règles, notamment à la définition du travail de valeur égale.

Le retard de la transposition ouvre une période de flou. "On n'aime pas les périodes d'incertitude comme ça où on risque de se prendre des contentieux" si des salariés faisaient des demandes de transparence salariale auxquelles les entreprises ne répondraient pas, reconnaît Eric Chevée, vice-président de la CPME.

Il craint également une "surenchère" lors du débat à l'Assemblée "sur le dos des entreprises", quand les syndicats s'inquiètent que les points importants soient renvoyés vers des décrets plutôt qu'inscrits dans la loi.

"On a déjà prévenu que de toute façon si la transposition n'était pas fidèle (à la directive) on saisirait les autorités compétentes", met en garde Béatrice Lestic.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du vendredi 29 mai 2026 au jeudi 04 juin 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 01/06/2026

Le versement de cette indemnité doit permettre de compenser la réévaluation automatique du Smic au 1er juin, qui a augmenté mécaniquement de 2,41% en raison de l'inflation.  ( DENIS CHARLET…

Publié le 01/06/2026

La revalorisation automatique du Smic a relancé débats et crispations sur l'évolution des salaires ( DENIS CHARLET / AFP/Archives )Le salaire minimum augmente lundi. Et les autres ? La…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 05/06/2026

Malgré quelques tentatives de rebond en Europe, l'indice parisien se heurte systématiquement à un véritable plafond de verre technique. Pendant ce temps, Wall Street montre des signes…

Publié le 04/06/2026

Le CAC40 cash a clôturé la séance en baisse de 0,71% à 8150,42 points dans un volume de 4,264 MD€.

Publié le 05/06/2026

Contrat-cadre avec eu-LISA Sword Group a été retenu par eu-LISA, via un consortium mené par Sword Services Greece avec Netcompany et Sopra Steria, sur un contrat-cadre…

Publié le 05/06/2026

(Zonebourse.com) - Euronext annonce accueillir favorablement l'entrée en vigueur des dispositions clés de la loi européenne sur la cotation (EU Listing Act), un ensemble de mesures révisant les…

Publié le 05/06/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.