8 384.83 PTS
+2.24 %
8 392.0
+2.28 %
SBF 120 PTS
6 347.12
+2.19 %
DAX PTS
24 727.02
+2.14 %
Dow Jones PTS
50 848.75
+1.86 %
29 446.18
+3.29 %
1.158
+0.01 %

En Afrique, les motos électriques inondent le marché, portées par la guerre au Moyen-Orient

| AFP | 87 | Aucun vote sur cette news
Assemblage de motos électriques sur une chaîne de montage au centre de production de Spiro, la plus grande entreprise de véhicules électriques d'Afrique, le 22 mai 2026 à Nairobi, au Kenya
Assemblage de motos électriques sur une chaîne de montage au centre de production de Spiro, la plus grande entreprise de véhicules électriques d'Afrique, le 22 mai 2026 à Nairobi, au Kenya ( Luis TATO / AFP )

Dans les rues congestionnées de Nairobi, la capitale kényane, le ronronnement presque imperceptible des motos électriques remplace rapidement les pétarades et la fumée de leurs consœurs à moteur. Une évolution constatée dans plusieurs pays d'Afrique et encore accélérée par la guerre au Moyen-Orient, qui a fait bondir les prix de l'essence.

Wisly Onyaiti, un chauffeur de boda-boda, le nom donné aux innombrables moto-taxis sillonnant le Kenya, comprend facilement le phénomène. Sa grosse monture noire est la deuxième qu'il possède. Et vu les économies qu'elle lui fait réaliser, il dit ne jamais vouloir repasser à une motorisation classique.

Toutes les réparations (fuites, changements de pièces) liées à un moteur à combustion ont "disparu", sourit ce chauffeur à mi-temps, qui étudie la criminologie et le marketing digital le reste de sa journée. Mais surtout ses factures de carburant ont dégringolé.

Depuis son passage à l'électrique, M. Onyaiti économise 2.000 shillings (17 euros) chaque jour. Une somme conséquente dans un pays où bon nombre de salariés gagnent tout juste 100 euros par mois. "La moto électrique a tout changé pour moi", se réjouit-il.

Ce constat s'est imposé avec plus d'acuité encore depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui partout dans le monde a fait flamber les prix du carburant.

Les motos électriques, dont les ventes décollaient déjà avant le blocage du détroit d'Ormuz, ont vu celles-ci bondir de 40% ces trois derniers mois, selon les marques ArcRide, Ampersand et surtout Spiro, une start-up africaine qui s'adjuge environ 90% du marché des "e-bikes" au Kenya.

Importantes économies

Des conducteurs de mototaxi, communément appelés
Des conducteurs de mototaxi, communément appelés "boda boda" en Afrique de l'Est, discutent assis sur leurs motos électriques en attendant des clients, le 21 mai 2026 à Nairobi, au Kenya ( Luis TATO / AFP )

Dans son usine de Nairobi, des dizaines d'ouvriers montent à la chaîne les deux-roues. En cadence haute, plus de 400 peuvent être produites chaque jour. Depuis l'arrivée de Spiro au Kenya en septembre 2023, "la croissance a été exceptionnelle, assez exponentielle", se félicite Raymond Kitunga, son numéro 2 dans le pays.

En 2024, la marque y vendait 4.000 motos, un chiffre passé à 14.000 en 2025. Pour 2026, l'objectif fixé est de 50.000.

Spiro, qui est aussi présent en Ouganda, au Rwanda, au Bénin, au Togo, au Nigeria et au Cameroun, estime à environ 100.000 le nombre de ses deux-roues arpentant désormais les routes africaines. Et aspire à plus que tripler ce chiffre d'ici fin 2026.

Au Rwanda, la municipalité de Kigali a ainsi interdit les motos classiques et l'Ouganda pousse pour une transition rapide aux deux-roues électriques.

Un passage à l'électrique bien plus rapide qu'en Occident, liée à une spécificité africaine : sur ce continent, la grande majorité des propriétaires de motos en ont un usage commercial (taxi ou transport de marchandises) quand en Europe, les motards vont "de leur maison à leur bureau et vice-versa, ou bien c'est un véhicule de luxe pour le week-end", explique Hezbon Muse, le président de l'Association de l'e-mobilité au Kenya et directeur d'Ampersand dans ce pays.

Le économies réalisées pèsent d'autant plus que les chauffeurs africains gagnent peu.

Les marques ont en outre rendu leurs montures très économiques à l'achat (les moins chères s'adjugent environ 650 euros neuves) en ne vendant que les motos, et non les batteries, aux propriétaires.

Bond en avant africain

Un ouvrier inspecte une moto électrique sur une chaîne de montage du centre de production de Spiro, la plus grande entreprise de véhicules électriques d'Afrique, le 22 mai 2026 à Nairobi, au Kenya
Un ouvrier inspecte une moto électrique sur une chaîne de montage du centre de production de Spiro, la plus grande entreprise de véhicules électriques d'Afrique, le 22 mai 2026 à Nairobi, au Kenya ( Luis TATO / AFP )

Les "centres d'échange" et de recharge de batteries se multiplient au Kenya. Dans un centre d'Ampersand de Nairobi, l'échange se fait en deux minutes à peine, a constaté l'AFP.

Une batterie chargée à bloc, à l'autonomie d'environ 80 km, y est facturée 265 shillings (1,78 euro), desquels sont encore déduits l'électricité restant dans l'ancienne batterie.

Par comparaison, un litre d'essence, vendu 214 shillings, permet de rouler environ 30 km. Rouler 80 km - l'autonomie d'une batterie d'e-bike -requiert 2,5 litres d'essence, coûtant 530 shillings... le double du prix d'une recharge.

Le président américain Donald Trump, connu pour son climatoscepticisme, a, en soutenant Israël dans la guerre en Iran, "rendu les véhicules électriques bien plus attractifs", ironise Joe Croft, le fondateur d'ArcRide.

Autre argument de vente, à l'adresse du gouvernement kényan : protéger l'environnement fait gagner de l'argent, souligne Hezbon Muse. Car "100% de l'essence au Kenya est importée" et sa consommation grève la balance des paiements du pays, souligne-t-il, tandis que l'électricité est produite localement et est verte à 93% (géothermie, hydroélectricité, solaire, éolien).

La quête d'un "transport durable", encore une gageure en Occident, n'est plus inaccessible en Afrique, observe-t-il.

Un bond en avant technologique rappelant celui, digital, des années 2000, quand la généralisation des téléphones portables et des portefeuilles de monnaie électroniques avaient permis au continent de combler des décennies de retard en terme de bancarisation et de téléphonie fixe.

Le monde va encore "apprendre de l'Afrique", s'enorgueillit M. Kitunga. Spiro, révèle-t-il, songe sérieusement à exporter ses solutions africaines sur d'autres terres, notamment en Asie.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du vendredi 05 juin 2026 au jeudi 11 juin 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 12/06/2026

Des voitures électriques en charge dans une copropriété de Hudiksvall, en Suède, le 28 mai 2026 ( Jonathan NACKSTRAND / AFP )Dès qu'elles rentrent chez elles, les huit familles d'une…

Publié le 08/06/2026

Un Israélien inspecte un missile tombé, à moitié enfoui dans le sol, en périphérie de Jéricho en Cisjordanie, le 8 juin 2026 ( Ahmad GHARABLI / AFP )Les hostilités entre Iran et Israël…

Publié le 08/06/2026

Un conducteur recharge sa voiture électrique dans une station de recharge publique près de Lagos le 3 juin 2026, au Nigeria ( Temiloluwa Johnson / AFP )Conduire une voiture électrique au…

Publié le 04/06/2026

EDF doit relever le défi du réchauffement climatique, lors des vagues de chaleur comme des crues, l'obligeant à adapter ses installations ( Miguel MEDINA / AFP/Archives )Dans une France qui…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 12/06/2026

Sur le plan statistique : Japon : 6h30 Production industrielle d'avril (+0,8% attendu) Royaume-Uni : 8h00 Production industrielle et balance commerciale du mois…

Publié le 12/06/2026

Vente du TURBO INFINI BEST CALL ARCELOR MITTAL QH57V à 2,57 euros (+31 %) Analyse :Avec l'annonce d'un "deal" entre États-Unis et Iran, les indices bondissent. ArcelorMittal…

Publié le 12/06/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l’analyse d’Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l’actualité.

Publié le 12/06/2026

La Bourse de New York a terminé la séance de jeudi en forte progression, portée par l'annonce de Donald Trump de renoncer aux frappes envisagées contre l'Iran après la conclusion d'un accord…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.