Devises : l'euro sous pression, la situation en Ukraine et en France inquiète
La devise est tombée à 1,1183 dollar ce matin...
Début de semaine sous pression pour la monnaie unique. L'euro recule face à la plupart des devises du G10, sur fond d'escalade des tensions en Ukraine et de manifestations généralisées en France, qui accentuent les inquiétudes concernant la santé budgétaire du pays. La devise cède actuellement 0,28% à 1,12$ entre banques après avoir perdu jusqu'à 0,5% en début de journée, après que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Donald Trump de tenter de faire pression sur Kiev pour qu'elle se rende face à la Russie.
En France, des manifestations dans plusieurs villes ont dégénéré en affrontements entre la police et les manifestants, donnant lieu à certaines des pires violences de rue observées dans le pays depuis des années. Emmanuel Macron a dénoncé dimanche dans une allocution à l'Elysée une "violence débridée" qu'il a imputée à des "factieux" d'ultra-gauche et à des délinquants, en marge de vastes mobilisations contre la hausse du coût de la vie qui se sont déroulées dans tout le pays samedi. Ces tensions, qui surgissent alors que l'Assemblée nationale examine le projet de budget 2027, ajoutent une couche d'incertitude politique à une économie déjà sous surveillance des marchés.
"L'euro subit des pressions après que le soutien des États-Unis à Moscou a poussé l'Ukraine à intensifier ses attaques par drones contre les infrastructures énergétiques russes, une situation susceptible d'accentuer les craintes d'une hausse des prix du pétrole", explique Rodrigo Catril, stratège à la National Australia Bank, cité par 'Bloomberg'. Par ailleurs, les manifestations en France compliqueront la mise en oeuvre de mesures d'austérité par les autorités ; autant d'éléments qui pourraient faire chuter l'euro sous la barre des 1,11 dollar, ajoute le spécialiste.
"Les problèmes budgétaires de la France sont déjà, en soi, redoutables ; ils sont rendus encore plus complexes par l'élection présidentielle à venir et par une configuration parlementaire sans majorité absolue, où parvenir à un consensus s'est souvent révélé être une mission impossible", soulignent les stratèges de Barclays. "Les perspectives à moyen terme restent négatives" pour l'euro, selon eux.
En outre, les tensions entre l'Ukraine et les États-Unis ont atteint un point critique après que Donald Trump a conclu un accord avec Vladimir Poutine, aux termes duquel Washington s'engage à ne pas durcir davantage les sanctions contre la Russie, en échange de quoi Moscou fournira des volumes limités de diesel au marché mondial afin de freiner la hausse des prix. Toute aggravation des risques géopolitiques en Europe pourrait stimuler la demande pour les valeurs refuges et peser davantage sur l'euro.
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