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Pour les données de santé, le gouvernement renonce à Microsoft

| AFP | 101 | Aucun vote sur cette news
Le gouvernement veut parvenir d'ici la fin de l'année à enlever à Microsoft l'hébergement du grand entrepôt public de données de santé pour la recherche, nouveau signe d'une volonté croissante de s'affranchir des géants américains de la tech
Le gouvernement veut parvenir d'ici la fin de l'année à enlever à Microsoft l'hébergement du grand entrepôt public de données de santé pour la recherche, nouveau signe d'une volonté croissante de s'affranchir des géants américains de la tech ( Fabrice COFFRINI / AFP/Archives )

Le gouvernement veut parvenir d'ici la fin de l'année à enlever à Microsoft l'hébergement du grand entrepôt public de données de santé pour la recherche, nouveau signe d'une volonté croissante de s'affranchir des géants américains de la tech.

Dès lundi, une procédure sera lancée pour trouver un nouvel hébergeur pour la Plateforme de données de santé, ou Health Data Hub, ont annoncé vendredi les trois ministères de la Santé, de la Réforme de l’État et du Numérique.

Cet hébergeur sera choisi parmi des opérateurs de cloud (informatique en nuage) du label SecNumCloud. Celui-ci garantit la sécurité face à toute ingérence extra-communautaire sur les données, et exclut de fait les géants américains.

Le gouvernement veut arriver à un transfert total de la plateforme "d'ici fin 2026", selon les ministères.

Lancée en 2019, la plateforme de données de santé contiendra à terme une copie de toutes les données de l'Assurance maladie sur les Français, en faisant une véritable caverne d'Alibaba pour les chercheurs et les moteurs d'intelligence artificielle.

Elle est hébergée depuis sa création sur le cloud de Microsoft. Ce choix avait suscité dès le départ la colère des acteurs français du secteur, et de défenseurs des libertés publiques, inquiets du risque d'ingérence des autorités américaines dans ces données.

Les lois américaines permettent en effet à l'administration du pays d'exiger des acteurs américains du cloud les données qu'ils détiennent, n'importe où dans le monde.

La Cnil, gardienne des libertés numériques des Français, demandait également, sans succès jusqu'à maintenant, que le gouvernement désigne rapidement un hébergeur européen.

"Depuis la deuxième présidence Trump, ça commence à bouger" chez les responsables politiques sur la question de l'indépendance numérique, commentait vendredi un acteur de l’industrie numérique française souhaitant garder l'anonymat.

"Je dirais que le déblocage a eu lieu l’été dernier", lorsque Trump a manifesté ses vues sur le Venezuela et le Groenland, a-t-il poursuivi. "Il y a eu une vraie accélération" à ce moment-là.

"Prise de conscience"

"Les responsables politiques se disent +et si jamais la situation empire, et si Trump nous coupe l'accès aux logiciels, on fait comment pour assurer la continuité d'activité?+" dans l'économie française, a indiqué cette source.

La "souveraineté numérique", ou capacité à pouvoir maitriser les données et leur exploitation, "est un sujet qui devient porteur", se félicite également le député vendéen Philippe Latombe (Ensemble), qui défend cette cause depuis des années.

"J'aurais préféré que les responsables politiques prennent conscience plus tôt" de l'importance de la question, mais le transfert du Health Data Hub "est une bonne nouvelle", a-t-il indiqué à l'AFP.

Les acteurs susceptibles de prendre la succession de Microsoft sont peu nombreux.

Parmi les opérateurs qualifiés SecNumCloud par l'Anssi, le gardien de la sécurité informatique française, figurent notamment les acteurs tricolores OVH, Cloud Temple, et S3ns (lire "Sens"), opérateur constitué par le groupe français Thales mais qui utilise la technologie "cloud" de Google.

Orange, qui s'est allié avec Capgemini pour exploiter la technologie "cloud" de Microsoft a demandé sa qualification SecNumCloud. Mais il ne l'a pas encore formellement obtenue, selon des sources concordantes.

Parmi les autres signes de la volonté du gouvernement de s'affranchir des outils numériques non-européens, figure également l'annonce jeudi par Bercy d'une prochaine circulaire imposant la souveraineté technologique comme l'un des premiers critères d'achat public de produit et de services numériques.

Fin janvier, le ministre chargé de la réforme de l'Etat David Amiel avait appelé à "sortir de la dépendance aux outils américains" et avait annoncé la généralisation, d’ici 2027, d'une solution de visioconférence "100% française" au sein de l'administration, baptisée Visio.

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