8 286.40 PTS
+0.07 %
8 294.0
-0.03 %
SBF 120 PTS
6 282.98
+0.16 %
DAX PTS
26 003.32
+0.63 %
Dow Jones PTS
53 686.11
+1.18 %
29 482.32
+1.16 %
1.163
+0.03 %

Des centres de données qui ne consomment plus beaucoup d'eau, la tech y croit

| AFP | 71 | Aucun vote sur cette news
Un centre de données en construction à Stone Ridge, en Virginie, le 12 août 2026
Un centre de données en construction à Stone Ridge, en Virginie, le 12 août 2026 ( Brendan Smialowski / AFP/Archives )

Moins d'eau ou même plus du tout pour refroidir les installations des centres de données qui poussent comme des champignons, voilà la promesse audacieuse du secteur qui s'appuie sur de nouvelles techniques pour diminuer sa consommation massive.

"Jusqu'à 100% de réduction de l'eau utilisée", a clamé le géant américain des puces informatiques Nvidia dans une présentation de ses nouveaux serveurs DSX, en juin.

L'affirmation est tout sauf anodine alors que les centres de données font l'objet d'une hostilité croissante aux Etats-Unis, notamment pour leur gourmandise en électricité et en eau.

En 2025, ces "data centers" ont consommé 222 milliards de litres d'eau dans le monde pour leur refroidissement, selon le cabinet Rystad Energy.

Ce dernier estime que, sans mesures d'adaptation, le total pourrait quasiment tripler d'ici 2030 (644 milliards de litres). Mais des mesures "d'atténuation active" limiteraient cette hausse à 74%, soit une progression nettement plus contenue.

Pour tenir son objectif, Nvidia mise sur le refroidissement par un liquide en circuit fermé, qui passe directement dans les serveurs, au plus près des puces, dont la température peut monter à plus de 80°C.

"Généralement, il y a une corrélation entre le volume d'eau et la quantité d'électricité" nécessaire au contrôle de la température, prévient néanmoins Andy Masley, chercheur indépendant.

Le liquide confiné dans les tuyaux doit ainsi être rafraîchi par ventilation, théoriquement au prix d'une dépense d'énergie supérieure à un système par évaporation d'eau.

Nvidia assure toutefois neutraliser cette interdépendance en laissant le liquide arriver dans les serveurs à 45°C, alors que l'organisme de certification Uptime Institute estimait en 2024 la température moyenne à 32°C dans un circuit fermé à l'époque.

Un centre de données en construction à Vernon, en Californie, le 15 avril 2026
Un centre de données en construction à Vernon, en Californie, le 15 avril 2026 ( MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives )

Dès lors, plus besoin d'envoyer de l'air refroidi dans le bâtiment: "de simples ventilateurs suffisent", explique Josh Parker, responsable du développement durable chez Nvidia.

Selon lui, faire circuler uniquement de l'air ambiant durant "une bonne partie de l'année réduit ou élimine la consommation d'eau, sans énergie supplémentaire".

Pour les sites sous climat extrême, ou en cas de vague de chaleur, un complément par évaporation d'eau ou diffusion d'air à basse température reste toutefois parfois nécessaire.

"Relations publiques"

Microsoft, AWS et Meta ont tous indiqué à l'AFP recourir également au circuit fermé, sans aucune déperdition d'eau.

Les deux premiers - mastodontes de l'informatique à distance (cloud), basé sur les centres de données - ont fait état d'une réduction sensible de leur indice de consommation d'eau WUE (Water Usage Effectiveness) de respectivement 37% pour AWS et 25% pour Microsoft entre 2022 et 2025, à activité équivalente.

Câbles et serveurs dans un centre de données Scaleway, à Saint-Ouen-l'Aumône, en région parisienne, le 9 juillet 2021
Câbles et serveurs dans un centre de données Scaleway, à Saint-Ouen-l'Aumône, en région parisienne, le 9 juillet 2021 ( ALAIN JOCARD / AFP/Archives )

Mais beaucoup d'autres fournisseurs de "cloud" ne publient peu, voire aucune donnée de référence.

Devenu un gros poisson des centres de données, xAI, la société d'Elon Musk, ou sa nouvelle maison mère SpaceX, n'ont par exemple jamais publié de rapport ESG (environnement, social et gouvernance). En juin, le cabinet d'évaluation MSCI a attribué à SpaceX la note ESG la plus basse de sa classification.

"Il y a des raisons" de minimiser son recours à l'eau, "mais elles ne relèvent pas des coûts, parce que l'eau est généralement bien moins chère que l'électricité", souligne Shaolei Ren, professeur d'ingénierie à l'université UC Riverside.

Pour lui, "la motivation est plutôt liée aux relations publiques et à la perception des collectivités", dont un nombre croissant se mobilise actuellement aux Etats-Unis pour bloquer ou mieux contrôler l'implantation de centres de données.

Sans compter que les avancées technologiques ne peuvent souvent pas être appliquées aux centres de données existants, en grande partie parce que la facture serait trop coûteuse.

"Les vieux centres difficiles à convertir sont un problème", reconnaît Minh K Le, responsable de la branche centres de données et hydrogène chez Rystad Energy.

Le cabinet rappelle aussi que, pour avoir un tableau plus complet, il convient de prendre en compte la consommation indirecte d'eau des "data centers", liée à la production d'énergie qui les alimente mais aussi à la fabrication des puces et serveurs.

Il indique qu'aux Etats-Unis, cet impact indirect peut peser le double de la consommation d'eau directe.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du vendredi 28 août 2026 au jeudi 03 septembre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 04/09/2026

OpenAI a lancé jeudi GPT-6 Astra, son premier modèle d'intelligence artificielle (IA) capable de pirater seul des systèmes informatiques très protégés, désormais diffusé au public avec des…

Publié le 03/09/2026

La vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen, le 15 avril 2026 à Bruxelles ( Nicolas TUCAT / AFP/Archives )La vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen a…

Publié le 28/08/2026

Un homme devant sa maison détruite par les flammes, au Porge, en Gironde, le 31 juillet 2026 ( Ed JONES / AFP/Archives )Les incendies d'une "ampleur exceptionnelle" qui ont ravagé la Gironde,…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 04/09/2026

La Bourse de New York a terminé en hausse, soutenue par le recul des anticipations de resserrement monétaire après les déclarations de Christopher Waller. 

Publié le 04/09/2026

Sur le plan statistique : Japon : 1h30 Dépenses des ménages au mois de juillet (+2,6% attendu après -6,4) Allemagne : 8h00 Commandes d'usines au mois de juillet (+0,3%…

Publié le 04/09/2026

Sélection de PLEIO par VodafoneThree Netgem annonce la sélection de sa plateforme PLEIO par VodafoneThree pour opérer Vodafone TV, le nouveau service de télévision…

Publié le 04/09/2026

(Zonebourse.com) - Dans un avis adressé à l'AMF, JP Morgan Chase & Co a déclaré avoir franchi en hausse, le 31 août, par l'intermédiaire des sociétés qu'elle contrôle, le seuil de 5% du…

Publié le 04/09/2026

Ce matin, Tokyo gagne 1,51%, Shanghai 0,16% et Hong Kong 1,81%

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.