Nouvelle déroute des marchés, des prochaines heures cruciales ?
Rouge vif sur les actions et les obligations...
Les marchés boursiers creusent leurs pertes en ce début de semaine à l'image du CAC40 qui abandonne encore 2% à 7.520 points. La menace du président américain de frapper les centrales électriques iraniennes si le détroit d'Ormuz n'est pas rouvert d'ici lundi soir à New York a exacerbé les tensions dans ce conflit qui secoue les marchés mondiaux depuis des semaines.
Le choc énergétique, combiné à la pression exercée sur les budgets fiscaux par l'augmentation des dépenses de défense, a entraîné une hausse à deux chiffres des rendements obligataires dans le monde entier la semaine dernière. Le rendement du Trésor américain à dix ans se tend encore de plus de 5 points de base ce matin, à 4,4435%, soit une hausse vertigineuse près de 50 points de base depuis le début de la guerre. Les taux des obligations australiennes à 10 ans ont atteint lundi leur plus haut niveau depuis 2011, tandis que ceux de la Nouvelle-Zélande se situent à leur plus haut niveau depuis mai 2024. Globalement, la guerre en Iran a fait fondre la valeur des obligations mondiales de plus de 2.500 milliards de dollars en mars, ce qui laisse présager la plus forte baisse mensuelle depuis plus de trois ans.
"Loin de rassurer sur la possibilité de résoudre le conflit, l'ultimatum de Trump à l'Iran concernant le détroit d'Ormuz a provoqué une nouvelle vague d'inquiétude sur les marchés", affirme Susannah Streeter, responsable de la stratégie d'investissement chez Wealth Club, une société de courtage britannique.
"Cette échéance est cruciale", ajoute Michael Brown, stratégiste de recherche senior chez Pepperstone Group. "Compte tenu de l'importance de la situation - un choix binaire entre désescalade et escalade massive -, les acteurs du marché ne peuvent tout simplement pas ignorer cette menace qui se profile à l'horizon".
Antoine Andreani, Head of Research chez XTB France, affirme que "le marché est rattrapé par une réalité macroéconomique plus contraignante : la remontée du pétrole et la force du dollar réactivent mécaniquement les anticipations d'inflation, ce qui complique la trajectoire des banques centrales". A Wall Street, "techniquement, le marché reste dans une phase d'hésitation, mais la perte de certains niveaux clés pourrait accélérer le mouvement et changer rapidement le biais à court terme", note le spécialiste. "Sur le CAC 40, la zone des 7.465 points est déterminante. Sa rupture installerait clairement un biais baissier plus marqué". Parallèlement, comme attendu, le taux obligataire à dix ans, à 3,81%, accélère nettement après avoir franchi le seuil des 3,60%, traduisant une remontée des anticipations d'inflation et une pression accrue sur les marchés obligataires. "Le mouvement sur les taux longs est particulièrement surveillé : au-delà de 3,60%, on entre dans une zone qui exerce une pression directe sur les valorisations actions".
Dans cet environnement anxiogène, des investisseurs appellent à faire preuve de sagesse. "Si l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran accroît le risque de perturbations prolongées de l'approvisionnement énergétique et d'une volatilité accrue des marchés, l'histoire montre que ces derniers peuvent se redresser rapidement lorsque les tensions géopolitiques s'apaisent. Notre principal conseil demeure : maintenir des investissements stratégiques, tout en gérant activement les risques par la diversification, la couverture et la réduction des expositions cycliques excessives", affirme Mark Haefele, directeur des investissements chez UBS Global Wealth Management.
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