Luxe : LVMH au plus bas depuis 2020, le secteur est à la peine
Mais de meilleurs jours à venir ?
Le luxe confirme sa mauvaise passe en Bourse à l'image de LVMH qui perd 1,5% à 439 euros, au plus bas depuis novembre 2020. La reprise des affrontements entre les États-Unis et l'Iran pèse sur le compartiment comme sur d'autres secteurs cycliques, tels que la distribution, l'automobile ainsi que la construction et les matériaux. De plus, les mesures de relance en Chine n'ont pas relancé la demande, que ce soit sur le marché intérieur ou à l'étranger, laissant le secteur pénalisé par le conflit au Moyen-Orient. Mais l'éclaircie est peut-être à venir.
"Il est intéressant de noter que lorsque la confiance des consommateurs atteint des niveaux très bas, comme c'est le cas récemment, les groupes de consommation ont tendance à surperformer au cours des 12 mois suivants", expliquent les stratégistes de JP Morgan, cités par 'Bloomberg'. Ils précisent que le luxe figure généralement parmi les secteurs qui s'en sortent le mieux dans ce type de configuration. "Dans l'ensemble, les valeurs cycliques de consommation restent dans la tourmente, entre avertissements sur résultats et prévisions prudentes, mais elles pourraient afficher de meilleures performances à l'avenir".
Le secteur européen du luxe a surperformé le marché global de 9% et 12% en moyenne après un point bas de l'indice de confiance des consommateurs de l'Université du Michigan, soulignent les stratégistes. Ils recommandent une surpondération du secteur à l'échelle mondiale, une position fondée sur les effets de richesse potentiels à venir. Ils considèrent la Corée comme un moteur de croissance, avec des ventes au détail si solides que ce marché représente désormais une exposition plus importante que le Moyen-Orient. Parallèlement, la demande chinoise devrait commencer à s'améliorer à mesure que l'environnement macroéconomique se stabilise.
La croissance des bénéfices est atone depuis environ deux ans, surtout par rapport au marché global. Pourtant, cette tendance montre enfin des signes indiquant que le pire est passé, et les estimations de bénéfices laissent désormais entrevoir une reprise. "Pour ceux qui ne sont pas exposés au secteur du luxe, commencer à accumuler des titres peut être une bonne idée", déclare à l'agence Christina Carlsten, gérante de fonds senior chez Banque Piguet Galland. "C'est une stratégie à contre-courant. Elle s'adresse donc aux investisseurs à long terme et pourrait nécessiter du temps" .
Cela dit, toute reprise pourrait s'avérer fragile, compte tenu notamment de la situation en Chine. "Les données sectorielles que nous suivons indiquent, sur une base de moyenne pondérée par région, un ralentissement de trois points de pourcentage du marché mondial du luxe au troisième trimestre 2026 (à ce jour) par rapport au deuxième trimestre ; et ce, sans même inclure le mois de septembre, qui constitue la base de comparaison la plus difficile", soulignent les analystes de Bank of America. L'équipe de BofA ajoute que ce ralentissement était particulièrement marqué aux États-Unis, au Japon, en Corée et à Macao, qui avaient été les marchés les plus dynamiques au deuxième trimestre, tandis que le tourisme au sein de l'Union européenne résistait mieux. La banque garde néanmoins une recommandation 'achat' sur des titres tels que LVMH, Hermès International et Richemont, précisant que la reprise de la demande de produits de luxe sera progressive plutôt que linéaire.
En termes de valorisation, le secteur est revenu proche de sa moyenne sur dix ans, s'échangeant sur un ratio cours/bénéfice prévisionnel d'environ 25. Toutefois, une analyse plus approfondie révèle des divergences majeures. LVMH, par exemple, affiche désormais une décote de 25% par rapport à ses concurrents, le niveau le plus élevé observé sur dix ans, ce qui en fait l'une des valeurs les moins chères de l'industrie...
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