Direction les 5% pour l'OAT à 10 ans ?
Le déficit va encore se creuser...
Le tableau s'assombrit un peu plus pour les finances publiques françaises. Le gouvernement a abaissé pour la troisième fois cette année sa prévision de croissance pour 2026, la ramenant à 0,5% contre 0,7% en juillet et 1% initialement. Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, a cité des "incertitudes économiques" internationales, nationales et un environnement économique inédit pour justifier cette nouvelle révision. L'économie domestique devrait ainsi connaître sa croissance la plus faible depuis 2012.
"On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année. C'est important, c'est majeur, avec un effet estimé de la sécheresse, des vagues de chaleur, à 0,1 point de PIB sur 2026, une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8%", a détaillé Roland Lescure à l'occasion d'une conférence de presse. Le blocage du détroit d'"Ormuz, qui a impacté nos perspectives de croissance de l'ordre de 0,2% (...), impacte à la fois sur la consommation des ménages et sur les dépenses des entreprises", a-t-il ajouté.
Pour 2027, le gouvernement a dit tabler sur une croissance de 1%, espérant une réduction progressive des incertitudes politiques et un retour à la quasi-normale dans le détroit d'Ormuz dans les mois qui viennent. Roland Lescure a souligné que le gouvernement, qui prépare le projet de loi de finances pour 2027, année de l'élection présidentielle, travaillait dans un cadre budgétaire plus contraint que jamais. "Pour le dire simplement, nous n'avons plus de gras. Ce cadrage budgétaire démontre la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027 avant la fin de l'année, je l'espère", a-t-il dit.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présenter un projet de budget pour 2027 en conseil des ministres à la fin du mois, texte qui doit être déposé à l'Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre. Sous la menace d'un vote de censure faute de majorité au Parlement, le chef du gouvernement est à la recherche de 30 milliards d'euros d'économies.
Dans ce contexte, le rendement de l'OAT à 10 ans, la référence pour la dette nationale, se tend encore de 1,3 point de base, à 4,45%, au plus haut depuis le printemps 2008. Le spread, l'écart entre les rendements des obligations françaises et allemandes à 10 ans, qui s'est amplifié ces dernières semaines se creuse de 1 pb, à 94,7 points de base. Du jamais vu depuis la mi-2012.
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