Dassault Systèmes : tente de se stabiliser après son plongeon historique
Grave docteur ?
Dassault Systèmes se stabilise à 17,90 euros ce jeudi (+0,8%) après une chute historique de plus de 20% hier, plombé par une publication de résultats clairement décevante. L'éditeur de logiciels a enregistré sur les trois derniers mois de 2025 un résultat opérationnel non-IFRS de 621,6 ME, en recul de 2,4%, pour un chiffre d'affaires total en hausse de 1% à 1,68 MdE. La marge opérationnelle ressort à 37%. Le consensus 'Bloomberg' anticipait sur la période un résultat opérationnel hors IFRS de 649 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 1,74 MdE, en hausse de 3,49% à taux de change constants. La marge opérationnelle était attendue à 37,3%.
Le management vise en 2026 une marge opérationnelle comprise entre 32,2% et 32,6%, et un BNPA dilué non-IFRS compris entre 1,30 et 1,34 euro avec une croissance de 3% à 5% de son chiffre d'affaires, portée par l'accélération de l'adoption de la souscription et du Cloud. Dassault Systèmes a averti que son activité reste exposée à un environnement mondial économiquement et géopolitiquement incertain, ce qui pourrait peser sur sa croissance, ses résultats et ses flux de trésorerie. Le directeur général de DS, Pascal Daloz, a réaffirmé l'ambition du groupe de se concentrer sur la transformation de l'IA industrielle, tout en se concentrant sur une "exécution rigoureuse" en 2025 et en 2026 pour "générer un impact mesurable et différenciant".
Brokers prudents
Parmi les derniers avis de brokers, Barclays est toujours à 'pondération de marché' mais avec un objectif ramené de 25 à 21 euros, tandis que Jefferies demeure à 'sous-performance' avec une cible ajustée de 21 à 16 euros. Face à un climat déjà pessimiste, JP Morgan estime de son côté que les résultats du groupe sont ressortis "pires que ce que même les plus pessimistes craignaient"... Concernant les prévisions de croissance du chiffre d'affaires pour 2026, la plupart des investisseurs tablaient initialement sur une croissance de 4% à 6% ou de 5% à 7%. Désormais, les investisseurs pourraient s'interroger sur la faisabilité d'une croissance de 3% à 5% en 2026 à taux de change constants, compte tenu de la faible croissance enregistrée au quatrième trimestre. JP Morgan reste au final 'neutre' sur le dossier, tout en abaissant le curseur de 26 à 21 euros.
"Les résultats T4 décevants peuvent éventuellement s'entendre au regard de la base de comparaison exigeante et d'un contexte de marché compliqué, quand bien même il faudra mieux comprendre la faible croissance des revenus de souscription", a souligné de son côté Invest Securities. En revanche, les faibles perspectives 2026, liées selon les dires de la direction, à une accélération de la migration vers la souscription, devraient nourrir les craintes de disruption par l'IA, quand bien même le groupe fait état d'avancées significatives en la matière. Outre des révision non négligeables des attentes (-5% environ au niveau du BPA), cette publication devrait contribuer à la poursuite du 'derating'...
En transition
Morgan Stanley ('surpondérer') a expliqué de son côté que Medidata devrait connaître une "année de transition pour préparer la croissance à partir de 2027", ce qui laisse présager une croissance faible, voire nulle, cette année... Le débat portera par ailleurs sur le fait de savoir si les prévisions reflètent la faiblesse actuelle des tendances ou relèvent d'une approche prudente de la direction. Dans tous les cas, la banque estime qu'il est difficile de contester que les estimations des analystes devront être revues à la baisse à court terme, et que les investisseurs se tourneront probablement vers d'autres opportunités au cours du premier semestre.
Pour Oddo BHF ('neutre'), ce rapport est ressorti "globalement décevant", les résultats du quatrième trimestre étant inférieurs aux attentes et se situant dans le bas de la fourchette des prévisions... La guidance pour 2026 est également légèrement inférieure aux attentes, et la composition de la croissance est particulièrement préoccupante, les revenus récurrents étant une déception majeure alors que le groupe vise à accélérer sa transition vers les abonnements et le cloud. Le groupe semble prendre des mesures, annonçant des changements organisationnels pour se concentrer sur les priorités stratégiques et leur mise en oeuvre (sans plus de détails à ce stade) et la tenue d'un CMD dès novembre 2026 (alors que le timing habituel aurait été juin 2027). Cependant, à ce stade, cela ne semble pas susceptible de compenser les mauvais résultats à court terme...
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