Brésil : vent de panique sur le réal et la Bourse après la victoire surprise de Lula
Grosses secousses !
Les valeurs exposées au Brésil perdent du terrain ce matin après la victoire surprise de Luiz Inácio Lula da Silva à l'élection présidentielle, alors que les sondages donnaient favori le sénateur de droite Flavio Bolsonaro, le candidat que nombre d'investisseurs auraient préféré voir l'emporter. Edenred, présent dans le pays à travers ses activités d'avantages aux salariés et de solutions de mobilité, recule de 1,9% à 58,8 euros, tandis que son rival Pluxee cède 1,7% à 14,7 euros. Carrefour cède 0,6% à 13,8 euros.
Plus globalement, les investisseurs s'attendent à une véritable déroute du marché brésilien à l'ouverture, une baisse de plus de 10% de l'indice boursier de référence, l'Ibovespa, étant redoutée. "La journée s'annonce difficile. Le marché va devoir réévaluer l'ensemble des actifs", explique à 'Bloomberg' Bruno Funchal, DG de Bradesco Asset Management. "Tout le monde a été pris au dépourvu. Chacun tente de comprendre ce qui s'est passé". Le réal, la monnaie nationale, pourrait également se déprécier de plus de 10% par rapport à sa clôture de vendredi.
Lula, dont les marchés doutent qu'il mette en oeuvre la rigueur budgétaire nécessaire au Brésil pour permettre une baisse des taux d'intérêt, a remporté 51,8% des suffrages au second tour. Bolsonaro a recueilli 48,2% des voix, selon le tribunal électoral brésilien. Bolsonaro a réclamé l'annulation du scrutin, accusant la Cour suprême d'avoir modifié les règles en imposant, à la dernière minute, une prolongation des horaires de vote.
"La conjonction d'attentes déçues sur les marchés et la perspective d'un conflit politique prolongé risquent de peser sur les actions, les obligations et le réal brésiliens", souligne Rajeev De Mello, directeur des investissements chez Gama Asset Management. "Pour les investisseurs, l'issue est clairement négative à court terme".
Les opérateurs avaient largement parié sur une victoire de Bolsonaro, après que son avance inattendue au premier tour, plus tôt ce mois-ci, a déclenché une forte hausse des marchés. Ce mouvement a attiré des milliards de capitaux étrangers, portés par l'espoir d'un assainissement budgétaire, vivement réclamé, qui aurait permis, à terme, une baisse des taux d'intérêt.
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