Beneteau : peu de réaction
Beneteau a décidé d'arrêter la production sur son site américain de Cadillac...
Dans un contexte géopolitique qui demeure incertain et continue d'alimenter l'attentisme des clients sur les marchés du nautisme, le groupe Beneteau a décidé d'arrêter la production sur son site américain de Cadillac (Michigan) et envisage de céder ce site et les marques Four Winns, Glastron et Scarab Jet.
L'arrêt de la production est prévu au cours du troisième trimestre 2026. Une recherche de repreneurs est en cours. Le service après-vente et l'approvisionnement en pièces détachées seront maintenus jusqu'à la finalisation de la cession assurant la continuité de services pour les propriétaires et distributeurs. Cette décision repose sur deux constats : la fragilité structurelle des segments bowriders et jet boats - sur lesquels opèrent les marques Four Winns et Scarab - en déclin depuis plusieurs années et la dégradation de la situation géopolitique depuis le début du conflit au Moyen-Orient en mars 2026. Malgré la poursuite d'investissements significatifs, le niveau d'activité en 2026 sur le site américain reste en deçà de la trajectoire de redressement. Sur les deux derniers exercices (2024 et 2025), les marques américaines ont ainsi enregistré près de 30 ME de pertes opérationnelles cumulées. Ces trois marques représentent moins de 5% du chiffre d'affaires de Beneteau en 2025.
Lisibilité
Le groupe précise que cette décision ne remet pas en cause ses ambitions sur le marché américain, ni les perspectives de croissance des ventes et le redressement de la profitabilité envisagées à ce stade... Elle vise au contraire à concentrer ses ressources sur ses sept marques stratégiques et performantes Beneteau, Jeanneau, Prestige, Excess, Lagoon, Wellcraft et Delphia pour soutenir leur développement et mieux servir le réseau de distribution du Groupe en Europe, en Amérique et en Asie.
"Cette opération américaine va assainir la lisibilité industrielle et la marge normative du groupe, les opérations US ayant dans l'ensemble perdu de l'argent sur l'horizon 10 ans" commente Portzamparc. "Cela s'inscrit également dans le process de 'premiumisation'. Sur les pertes 2026, elles sont semble-t-il importantes sur ce S1, mais nous attendions quoiqu'il arrive des pertes de l'ordre de -10 ME sur ces activités pour l'année et visons le break-even 2027" poursuit l'analyste qui vise un cours de 9 euros avec un avis à 'renforcer' sur le dossier. Le titre recule de 0,5% à 6,87 euros ce mardi en bourse de Paris.
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