Un défi principal pour Sanofi selon AlphaValue
(Zonebourse.com) - L'action du laboratoire français s'affiche en léger repli (-0,24%, à 74,32 euros). Dans une étude, AlphaValue a recensé le principal défi auquel fait face le groupe, mais le relever va prendre du temps.
Dans sa note, AlphaValue compare Sanofi à un restaurant contraint de servir ses clients en commandant de la nourriture à l'extérieur. Le broker indique que certains des principaux traitements du laboratoire sont issus de partenariats et/ou d'acquisitions, et non des capacités internes. Le Dupixent, qui a généré 44,44% des ventes au deuxième trimestre en 2026, est en partenariat avec Regeneron, l'Altuviiio, 3,01% du chiffre d'affaires trimestriel, provient de l'acquisition de Bioverativ en 2018, ou encore le Beyfortus qui est issu d'un partenariat avec AstraZeneca.
La R&D interne déçoit
Toujours selon AlphaValue, les résultats de la R&D interne, au cours des trois à quatre dernières années, ont frustré à la fois la direction, le conseil d'administration et les actionnaires. Les analystes soulignent que des rejets en phase tardive de développement ont frappé Sanofi dans les domaines de la pneumologie, des neurosciences, de l'oncologie et de l'immunologie.
La faute de la direction ?
Le broker indique que le groupe peine, depuis deux décennies, à trouver un président-directeur général s'inscrivant dans la durée et surtout capable de guider l'entreprise à travers les défis du secteur (pertes d'exclusivité, pressions concurrentielles, revers de la R&D...).
En 2014, Chris Viehbacher a été limogé après six années en poste. Son successeur, Olivier Brandicourt a également connu un mandat pas assez long entre 2015 et 2019, poussé vers la retraite en raison d'un règle interne du groupe qui empêchait le PDG d'exercer après 65 ans, sachant que la nouvelle directrice générale, Belén Garijo, arrivée en 2026 a déjà 66 ans...
Sa nomination reflète une approche d'urgence selon AlphaValue, plutôt qu'une vision à long terme de la part du conseil d'administration.
La solution proposée
Les analystes estiment que le remède réside essentiellement dans une refonte globale de la structure et des processus de R&D interne, ce qui ne devrait pas plaire aux actionnaires, car il pourrait falloir entre cinq et sept ans pour que ces efforts se traduisent par des résultats. Une lueur d'espoir est toutefois apparue avec la nomination de Paulo Fontoura à la tête de la R&D. Il apporte plus de 25 ans d'expérience, dont près de 15 années chez Roche (laboratoire réputé pour la solidité de sa R&D interne) à développer de nouvelles entités moléculaires couvrant divers domaines thérapeutiques.
Un motif d'optimisme
Pour AlphaValue, le Dupixent, qui rappelons le a généré 44,44% du chiffre d'affaires au deuxième trimestre, dispose encore de près de 5 ans de protection par brevet. Ses ventes devraient atteindre les 22 à 25 milliards d'euros à son pic. Autre motif d'optimisme, les analystes ne voient pas d'expiration majeure de brevet au cours des cinq prochaines années.
En outre, deux traitements (Altuviiio et Ayvakit) possèdent un potentiel de multi-blockbusters et pourraient contribuer de manière significative à la croissance de Sanofi.
AlphaValue reste à accumuler sur le titre Sanofi, avec un objectif de cours à 6 mois de 96,80 euros.
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source : AOF
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