8 132.20 PTS
+0.83 %
8 126.0
+0.88 %
SBF 120 PTS
6 165.24
+0.79 %
DAX PTS
25 556.16
+1. %
Dow Jones PTS
51 682.64
-0.18 %
29 644.17
+0.67 %
1.148
-0.05 %

Défense européenne : les analystes ne baissent pas les armes et ciblent trois valeurs

| Zone Bourse | 42 | Aucun vote sur cette news
Défense européenne : les analystes ne baissent pas les armes et ciblent trois valeurs
Credits  ShutterStock.com

(Zonebourse.com) - Après plusieurs mois de consolidation des valeurs européennes de défense, les analystes ne battent pas en retraite. Morgan Stanley, RBC Capital Markets, Bernstein, Morningstar ou encore AlphaValue continuent de miser sur un cycle de réarmement appelé à durer des années. Et si l'envolée des budgets est désormais chose acquise, l'attention se déplace sur les commandes, les capacités industrielles et les marges. Reste à savoir quels industriels capteront le mieux cette manne. Et à ce titre, beaucoup de regards se tournent vers Rheinmetall, Leonardo ou Thales...

Le secteur européen de la défense a beau avoir perdu une partie de sa superbe en Bourse, avec un recul de 16% depuis le début de l'année, ses fondamentaux n'ont guère changé : les perspectives bénéficiaires demeurent bien orientées et les carnets de commandes offrent une visibilité importante.

Même si la correction peut s'expliquer par les niveaux de valorisation atteints ou par une plus grande sélectivité des investisseurs, elle conserve aussi, il faut bien l'admettre, cette petite part d'irrationnel qui passionne et fait gloser les marchés. Chez Lazard Frères Gestion, on n'hésite pas à évoquer "une forme d'anomalie", tandis que Morgan Stanley parle même de "déconnexion".

Chez RBC Capital Markets, le constat est clair : le cycle de réarmement européen "ne fait que commencer". La banque prévoit une progression annuelle de 16% des dépenses européennes consacrées aux acquisitions d'équipements militaires jusqu'en 2030, soit un rythme deux fois supérieur à celui des budgets de défense dans leur ensemble. Fitch Ratings estime également que le secteur européen de la défense devrait continuer à se renforcer au second semestre 2026 et en 2027.

La question n'est donc plus de savoir si l'Europe va dépenser davantage, mais plutôt où sera fléché cet argent et quels industriels seront capables d'en profiter. "Le débat se déplace de plus en plus des budgets vers le mix produit, l'allocation des achats et l'exécution", abonde Morgan Stanley.

Dans une note publiée le 18 septembre, Bernstein chiffre précisément cette mécanique : le courtier estime que les dépenses de défense des pays européens de l'Otan progresseront d'environ 3,4% par an entre 2026 et 2030, mais que le marché accessible aux industriels européens pourrait, lui, croître de près de... 12% par an !

Comment expliquer un tel écart ? D'abord par une part croissante des budgets consacrée aux équipements, mais aussi par une réorientation des achats vers les fournisseurs européens. La part des équipements dans les dépenses de défense, qui n'était que de 19% en 2014, devrait ainsi atteindre 34% en 2026, puis 38% en 2035.

Cette manne devrait d'abord profiter aux munitions, aux missiles et à la défense aérienne, qui restent les besoins les plus urgents. Les dépenses devraient ensuite progressivement s'étendre aux équipements terrestres, au secteur naval, aux sous-marins et aux avions de combat, élargissant à la fois le nombre d'industriels concernés et la durée du cycle.

Car Bernstein estime que la dynamique pourrait se prolonger bien au-delà de 2030. Même si les pays européens n'atteignent pas collectivement l'objectif de 3,5% du PIB consacré à la défense en 2035 - le courtier table plutôt sur 3,2% -, la montée en puissance des dépenses d'équipement devrait continuer de soutenir les industriels.

Rheinmetall, l'épreuve de la montée en cadence

Rheinmetall reste l'un des dossiers qui suscitent le plus d'intérêt - et d'interrogations - chez les investisseurs, notamment après une correction de près de 35% depuis le début de l'année. Son exposition à l'Allemagne, aux équipements terrestres et surtout aux munitions place toutefois le groupe au coeur des besoins européens les plus pressants.

Ce positionnement est d'autant plus favorable que l'Allemagne devrait rester le premier marché de défense européen. Berlin devrait en effet consacrer quelque 150 milliards de dollars à sa défense en 2026, un budget en hausse de 30% sur un an qui représente à lui seul près de 20% des dépenses européennes.

De plus, les dépenses allemandes d'équipement devraient progresser de 13% par an jusqu'en 2035, estime Bernstein, faisant de Rheinmetall le principal bénéficiaire industriel de cette dynamique. Le courtier confirme ainsi sa cible de 1 900 EUR sur le titre, même s'il souligne que les catalyseurs immédiats sont moins évidents à identifier, notamment en raison des incertitudes entourant le calendrier des commandes allemandes et les munitions.

De son côté, RBC recommande le titre à "surperformance", avec un objectif de 1 600 EUR, et prévoit une croissance organique moyenne des ventes supérieure à 30% entre 2025 et 2030.

Rheinmetall dispose aussi d'une exposition au renseignement spatial via son partenariat avec le finlandais ICEYE. Mais son principal défi reste industriel : absorber l'afflux attendu de commandes et augmenter les cadences sans dégrader les marges.

Leonardo, une diversification qui séduit

Leonardo fait partie des dossiers sur lesquels les vues des analystes sont les plus favorables. Morgan Stanley maintient sa recommandation "surpondérer" sur le titre, tandis que RBC affiche "surperformance" avec un objectif de 70 EUR, ciblant une progression annuelle moyenne de l'EBITA de 18,4% entre 2025 et 2030. Bernstein est également positif sur le dossier, avec une cible de cours de 65 EUR.

Le groupe italien bénéficie d'un portefeuille particulièrement diversifié - hélicoptères, électronique de défense, aéronautique ou programmes de combat - qui lui permet de profiter de plusieurs composantes du réarmement européen.

Le spatial constitue un moteur supplémentaire. Morningstar considère Leonardo comme l'un des bénéficiaires les plus directs du développement des constellations militaires, notamment à travers sa participation dans Thales Alenia Space. Le groupe est également présent dans les charges utiles, les opérations satellitaires et les services en aval via Telespazio.

Leonardo combine ainsi diversification du portefeuille, amélioration attendue des marges et exposition au développement du spatial militaire.

Thales, pieds sur terre et tête en l'air

Moins directement exposé aux munitions et aux véhicules terrestres, le groupe français se positionne davantage sur les couches technologiques du réarmement : radars, communications sécurisées, électronique de défense, défense aérienne, capteurs et spatial.

RBC recommande le titre à "surperformance" avec un objectif de 330 EUR, tandis que Bernstein affiche la même recommandation avec une cible de 290 EUR. Ce dernier prévoit une croissance annuelle de 7% du marché français jusqu'en 2035 et souligne son caractère souverain, favorable aux industriels nationaux.

Saïma Hussain, analyste en charge du dossier chez AlphaValue, rapporte que ses récents échanges avec la direction ont conforté son opinion : les hypothèses actuelles laissent une marge de progression à la hausse. Cette prudence reflète principalement les risques liés à la chaîne d'approvisionnement et à la conversion du carnet de commandes, plutôt qu'une faiblesse de la demande. La division Défense a déjà atteint une marge de 13,8% au premier semestre, même si la direction a souligné le caractère exceptionnellement dynamique de la période.

AlphaValue identifie aussi dans le spatial le potentiel de redressement le plus évident, avec une stabilisation des télécommunications commerciales et une demande institutionnelle soutenue. Plus largement, les savoir-faire de Thales dans les capteurs, les communications sécurisées et le traitement des données positionnent le groupe sur le développement des systèmes de combat connectés, autre débouché appelé à profiter de la hausse des investissements militaires européens.

Par ailleurs, Thales Alenia Space a obtenu une première tranche d'environ 500 millions d'euros pour fournir des charges utiles gouvernementales destinées à 330 satellites en orbite basse, pour un contrat dont la valeur totale devrait dépasser 3 milliards d'euros.

Le spatial, un nouvel eldorado ?

Pour Loredana Muharremi, analyste chez Morningstar, le spatial militaire offre en effet un front d'investissement qui s'étend bien au-delà des seuls fournisseurs de lanceurs. Le développement des constellations militaires entraîne des besoins dans l'ensemble de la chaîne de valeur : capteurs embarqués, infrastructures au sol, communications sécurisées, traitement des données ou encore surveillance de l'espace.

La semaine dernière, Markus Moeller, membre du directoire chargé du développement de l'entreprise et des activités d'OHB, expliquait à Zonebourse que le plan d'investissement de la Bundeswehr pourrait atteindre 35 milliards d'euros dans le spatial au cours des prochaines années. Selon OHB, les commandes militaires pourraient ainsi représenter jusqu'à 45% de son carnet de commandes dans les prochaines années, contre généralement 10 à 15% par le passé. Le groupe s'est d'ailleurs associé à Rheinmetall dans une coentreprise détenue à 50-50 afin de proposer une solution pour la future constellation militaire allemande BwSatt 4.

Après l'euphorie budgétaire, le secteur européen de la défense entre ainsi dans une deuxième phase : celle où la capacité à transformer les milliards promis en commandes, puis en chiffre d'affaires et en marges, devrait davantage départager les industriels.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

source : AOF

 ■

2026 Zonebourse.com - Tous droits de reproduction réservés par Surperformance. Surperformance collecte ses données auprès des sources qu'elle considère les plus sûres. Toutefois, le lecteur reste seul responsable de leur interprétation et de l'utilisation des informations mises à sa disposition. Ainsi le lecteur devra tenir Surperformance et ses contributeurs indemnes de toute réclamation résultant de cette utilisation.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du lundi 14 septembre 2026 au dimanche 20 septembre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 21/09/2026

(Zonebourse.com) - AstraZeneca a annoncé lundi que le comité d'experts (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments avait rendu un avis favorable à sa demande d'autorisation de mise sur le…

Publié le 21/09/2026

(Zonebourse.com) - Ipsen connaît un début de semaine mouvementé à la Bourse de Paris (-6,61%, à 145,60 euros) pénalisé par l'approbation, par les autorités sanitaires américaines, et le…

Publié le 21/09/2026

(Zonebourse.com) - Le groupe de défense participe à l'exercice multinational REPMUS26 au Portugal afin d'éprouver ses solutions destinées aux opérations navales.Rheinmetall annonce sa…

Publié le 21/09/2026

(Zonebourse.com) - Ipsen chute de plus de 7% en début de séance, lundi, à la Bourse de Paris. En cause, le feu vert de l'agence américaine du médicament à un générique du médicament-phare du…

Publié le 18/09/2026

(Zonebourse.com) - En toute fin de séance vendredi, le constructeur automobile allemand multimarques et son principal actionnaire (Porsche SE) ont abaissé leurs objectifs financiers. En…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 21/09/2026

Sur le plan statistique : La Bourse du Japon est fermée pour plusieurs jours fériés et rouvrira jeudi Etats-Unis : 14h30 Indice d'activité nationale de la Réserve fédérale de…

Publié le 21/09/2026

(Zonebourse.com) - AstraZeneca a annoncé lundi que le comité d'experts (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments avait rendu un avis favorable à sa demande d'autorisation de mise sur le…

Publié le 21/09/2026

A saisir

Publié le 21/09/2026

Votre rendez-vous quotidien avec les petites et moyennes capitalisations ! Chaque jour, retrouvez l'analyse d'Eric Lewin sur les valeurs Small & Mid Caps du moment qui font l'actualité.

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.