Tensions au Moyen-Orient et choc énergétique mondial : le constat lucide d'Engie
(Zonebourse.com) - En marge de la conférence de presse organisée hier midi par France Mobilité Biogaz (FMB : organisme fédérant les acteurs publics, économiques et industriels français pour accompagner le développement de l'usage carburant du gaz naturel et des gaz renouvelables en France), qui a présenté un panorama du BioGNV devant un panel de journalistes, Julien Hoarau, analyste des marchés de l'énergie chez Engie s'est penché sur l'impact mondial du conflit au Moyen-Orient dans le secteur énergétique.
Il démarre son intervention par un constat sans appel : la crise actuelle dépasse désormais le strict cadre de l'énergie pour se transformer en un choc systémique affectant l'ensemble des matières premières. A court terme, les tensions se cristallisent principalement autour du blocage stratégique du détroit d'Ormuz.
Julien Hoarau souligne que ce passage n'est pas uniquement réservé aux pétroliers et aux méthaniers. Il voit transiter une multitude de ressources critiques, notamment des dérivés pétroliers et pétrochimiques, ainsi que de l'aluminium.
Vulnérabilité des infrastructures
Un autre point marquant de son analyse de ce conflit concerne la multiplication des attaques contre les infrastructures énergétiques. Carte à l'appui, il détaille les offensives menées en mars, classées par typologie : sites de stockage et terminaux d'exportation, champs de production, oléoducs et gazoducs (voir visuel ci-dessous).
Il cite en exemple l'attaque de l'usine de liquéfaction de Ras Laffan au Qatar, qui représente 17% de la capacité de production de GNL du pays. Selon QatarEnergy, le site restera hors service pour une durée estimée entre 3 et 5 ans.
Analyse des flux : GNL vs pétrole
En analysant ensuite les flux énergétiques gaziers et pétroliers transitant par Ormuz, Julien Hoarau nuance l'impact sur le marché du gaz. Il constate que l'essentiel des exportations qataries de GNL se dirige vers l'Asie. La part de l'Europe dans les exports de GNL qatari est vraiment très faible. Bien que le Qatar soit un acteur majeur (2% du marché mondial), le volume affecté ne représente que 3% de l'offre mondiale. Le choc est réel, mais géographiquement ciblé.
Sur le pétrole, la situation est plus critique pour l'or noir, le Moyen-Orient pesant pour 23% de l'offre mondiale. "Malgré le blocage du détroit d'Ormuz, il y a toujours des flux de pétrole qui sortent grâce à des voies de contournement, mais leur capacité est limitée. On a perdu à peu près la moitié de tout le pétrole qui transite par le détroit, soit une baisse de production de près de 10 millions de barils par jour sur ce mois de mars. C'est considérable pour un marché dont la consommation oscille entre 100 et 105 millions de barils par jour", observe t-il.
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source : AOF
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