Avec l'Iran, la probabilité d'une baisse de taux de la Fed en juin se réduit
(Zonebourse.com) - L'envolée des prix du pétrole suite à l'offensive menée ce week-end par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran est venue renforcer l'hypothèse d'une remontée des tensions inflationnistes, une perspective qui réduit aux yeux des investisseurs le scénario d'une baisse de taux de la Réserve fédérale en juin, qui reste toutefois considéré comme l'horizon le plus probable en vue d'un éventuelle réduction du loyer de l'argent. Selon l'outil FedWatch du CME Group, les "futures" intègrent désormais une probabilité estimée à 41,6% d'une baisse d'un quart de point le 17 juin, contre 45,9% vendredi soir.
A l'inverse, les contrats montrent que le marché privilégie maintenant de manière majoritaire un nouveau "statu quo" avant l'été, avec des chances pour l'instant évaluées à 51,9%, contre 42,7% avant le week-end.
Forte tension sur les prix du brut
Ce revirement s'explique par la corrélation directe entre l'instabilité géopolitique et la dynamique des prix de l'énergie. L'escalade des tensions alimente les craintes d'une résurgence de l'inflation importée par le pétrole, qui compliquerait l'équation de la Réserve fédérale.
Sur le marché pétrolier, le Brent grimpe actuellement de plus de 8% à près de 79 dollars, tandis que le WTI progresse de plus de 6% à 71,34 dollars.
Cette surchauffe intervient par ailleurs dans un contexte macroéconomique déjà fragile : les derniers chiffres des prix à la production (PPI), plus élevés que prévu, avaient déjà jeté un froid vendredi sur les espoirs d'une baisse prochaine des taux en confirmant que l'inflation pourrait s'avérer plus persistante que prévu.
L'impact d'un enlisement durable
Les analystes nuancent la portée de ce choc, considérant que seul un enlisement durable du conflit pourrait peser significativement sur l'économie mondiale sur le long terme.
"Il faudrait vraiment que l'on assiste à une période prolongée de prix élevés pour venir affecter matériellement la croissance et l'inflation mondiales", estiment les équipes de la Société Générale.
Pour illustrer ce risque, la banque dit s'appuyer sur des calculs empiriques : de son point de vue, une envolée de 20 dollars du baril (soit environ 30% par rapport à une base de 70 dollars) maintenue pendant trois mois pourrait gonfler l'inflation globale de 0,8 à 1 point de pourcentage sur le trimestre concerné, tout en amputant la croissance mondiale de 0,1 à 0,2 point sur l'année.
Malgré ces vents contraires, le marché ne capitule pas totalement : les investisseurs continuent encore d'intégrer deux baisses de taux d'ici la fin de l'année, suivies d'une troisième intervention courant 2027.
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source : AOF
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