Ukraine : une trêve à Olechky en vue d'une opération humanitaire
Un cessez-le-feu annoncé par Melania Trump en vue d'une opération humanitaire a débuté mardi matin autour d'Olechky, ville isolée du sud de l'Ukraine sous occupation russe et en proie à des pénuries.
Au-delà de cette trêve très localisée acceptée par les deux camps sur fond de rapprochement entre Vladimir Poutine et Donald Trump, les bombardements n'ont pas cessé, les deux côtés faisant état de frappes dans la nuit dont plusieurs salves de missiles balistiques sur Kiev.
À Olechky, où les habitants pris au piège manquent depuis plusieurs semaines de nourriture et de médicaments, Kiev et Moscou ont confirmé la suspension des combats, comme prévu, à 01H00 GMT.
L'AFP n'a pas été en mesure de vérifier immédiatement l'arrêt des hostilités, dont la durée et les contours géographiques restent flous.
Alors que la Russie refuse un cessez-le-feu généralisé depuis le lancement de son invasion il y a quatre ans et demi, la Première dame des États-Unis Melania Trump avait annoncé vendredi cette mesure localisée afin de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire. Elle avait affirmé que les résidents qui souhaitent évacuer bénéficieraient d'une assistance coordonnée ainsi que d'un moyen de transport "vers la destination de leur choix".
Kiev accuse la Russie de vouloir favoriser les déplacements en direction des territoires sous son contrôle. Cette dernière dément et le ministère russe de la Défense a indiqué vendredi que ses troupes mèneraient une "reconnaissance technique" sur place pour sécuriser un passage et assurer la livraison d'aide humanitaire et les évacuations de civils.
Routes dangereuses
Moscou a aussi affirmé que les habitants souhaitant partir l'avaient pour la plupart déjà fait, alors que la population d'Olechky, touchée par de graves inondations en 2023 après l'explosion d'un barrage déclenchée par la Russie selon Kiev, est passée d'environ 24.000 habitants à quelque 2.000 aujourd'hui.
Située sur le fleuve Dniepr, qui marque la ligne de front dans la région méridionale de Kherson, Olechky est sous occupation russe depuis les premières semaines de l'invasion à grande échelle lancée en février 2022.
La ville se trouve à moins de 10 kilomètres à vol d'oiseau de Kherson, la capitale régionale, reprise lors d'une contre-offensive par l'armée ukrainienne en novembre 2022.
Olechky et ses derniers habitants sont très isolés car leur ville est à la fois sous la menace permanente des drones explosifs russes et ukrainiens, qui attaquent les véhicules, et parce que les routes y conduisant sont minées.
Selon d'anciens résidents interrogés par l'AFP début octobre, cette situation a provoqué de graves pénuries de nourriture et de médicaments ces dernières semaines.
L'Ukraine et la Russie s'accusent mutuellement d'entraver les livraisons de vivres et les évacuations.
Négociations en novembre
Cette opération intervient dans un contexte de rapprochement entre le président Donald Trump et la Russie, au grand dam de l'Ukraine et de ses alliés européens.
Lundi, le Kremlin s'est d'ores et déjà déclaré ouvert à d'autres trêves humanitaires de ce type, tout en soulignant que les négociations prévues en novembre entre Moscou, Kiev et Washington n'impliquaient pas de ralentissement des opérations militaires.
À Kiev, en état d'alerte quasi permanent, des frappes russes ont tué une personne lundi soir près d'un supermarché et endommagé des installations médicales, avant qu'une nouvelle salve de missiles balistiques ne pleuve sur la capitale au petit matin, selon les autorités locales.
Le pont Sud a été touché, endommageant les infrastructures du métro dont le trafic a été partiellement suspendu, a précisé le maire Vitali Klitschko.
"Il est important que nos partenaires comprennent que l'Ukraine a besoin de réels outils pour détruire les lanceurs de missiles balistiques russes", a déploré lundi soir Volodymyr Zelensky, réclamant que "des accords politiques soient rapidement mis en œuvre".
Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir notamment ciblé dans la nuit des entreprises du complexe militaro-industriel liées à la production de drones et missiles de croisière, des infrastructures de transport à Kiev, ainsi que des navires "utilisés dans l'intérêt des forces armées ukrainiennes".
En territoire ukrainien occupé, un autocar reliant Moscou à la Crimée annexée a été frappé par un drone ukrainien, faisant un mort et 31 blessés, selon le gouverneur installé par la Russie, Evguéni Balitski.
Et en Russie, des attaques de drones ont fait deux morts dans les régions frontalières de Briansk et Belgorod, selon les autorités locales.
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