La Russie appelle les diplomates et étrangers à quitter Kiev, ciblée à répétition
La Russie a appelé une nouvelle fois samedi les diplomates et étrangers se trouvant à Kiev à quitter la ville, avertissant que ses forces continueront de mener des "frappes de représailles massives" contre la capitale ukrainienne, ciblée à répétition depuis des semaines.
Un nouveau grand pont y a été frappé samedi matin après une journée de vendredi marquée par de gigantesques embouteillages dans une bonne partie de la ville, créés par plusieurs attaques de drones russes sur une autre structure permettant de traverser le Dniepr.
Réitérant un premier appel de ce type formulé en mai, le ministère russe des Affaires étrangères a suggéré dans un communiqué aux "ressortissants étrangers et aux diplomates se trouvant à Kiev à quitter la ville".
"La responsabilité des éventuelles conséquences négatives incombe entièrement à ceux qui ignorent cet avertissement", a-t-il averti, annonçant que "les forces armées russes continueront de mener des frappes de représailles massives" contre "des cibles militaires à Kiev et dans d'autres villes ukrainiennes".
Le précédent avertissement de Moscou il y a plusieurs mois n'avait pas été suivi par les chancelleries occidentales qui soutiennent l'Ukraine et une cinquantaine d'États avaient qualifié à l'ONU ces messages de "menaces" contre les diplomates présents à Kiev.
La capitale ukrainienne a été particulièrement prise pour cible ces dernières semaines par des vagues quasi-quotidiennes de drones, et notamment de drones à réaction plus difficiles à intercepter, au moment où l'Ukraine fait face à un manque de moyens antiaériens.
Chaos routier
Samedi matin, le pont Nord, l'une des huit structures qui enjambent le fleuve Dniepr, a été touché par des bombardements russes, a annoncé sur Telegram le maire de la capitale Vitaly Klitschko.
La surface de la route et les câbles des trolleybus ont été endommagés sur le pont, qui a été coupé à la circulation dans le sens rive gauche-rive droite du fleuve, a-t-il affirmé.
Jeudi et vendredi, c'est le pont Sud qui avait été touché à plusieurs reprises par des drones russes, entraînant sa fermeture à la circulation et un chaos routier dans la métropole de trois millions d'habitants.
Il s'agissait des premières attaques importantes contre un pont majeur de Kiev depuis le début de l'invasion russe en 2022. Depuis longtemps, l'Ukraine redoutait de telles frappes.
M. Klitschko a qualifié vendredi la situation dans la capitale d'"extrêmement dramatique" et estimé que Moscou était en train de "saccager" la ville en s'en prenant systématiquement à ses infrastructures et sa logistique.
L'Ukraine et la Russie ont nettement fait monter en puissance leurs frappes à longue portée ces derniers mois, faisant un nombre croissant de victimes civiles. Pour Kiev, particulièrement ciblée, cela se traduit par des sirènes d'alerte aérienne retentissant sans cesse.
Moscou a aussi dévasté le secteur de la métallurgie de l'Ukraine et mis à l'arrêt une bonne partie de ses exportations agricoles en mer Noire, portant un coup à son économie. Des stations-services, centres commerciaux, centres de données informatiques et opérateurs téléphoniques ont aussi été pris pour cibles.
En Russie, ce sont les raffineries et dépôts de pétrole qui sont visés, ce qui avait provoqué une crise du carburant cet été, ou encore les entrepôts des géants du e-commerce Wildberries et Ozon.
Arrivée de l'hiver
Après avoir lancé cet été une opération infructueuse de "40 jours" pour faire chavirer l'économie russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky multiplie depuis les propositions de trêve dans les frappes.
Une telle idée a été rejetée par son homologue Vladimir Poutine jeudi.
"On nous dit : +Qu'ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires+. C'est tout simplement ridicule", a lancé le président russe lors du forum politique de Valdaï.
L'Ukraine craint surtout l'arrivée de l'hiver, période critique lors de laquelle ses infrastructures énergétiques peuvent être prises pour cible.
Lors de l'hiver 2025, la Russie avait dévasté les centrales ukrainiennes, plongeant par moments des millions de personnes dans le froid et dans le noir, par des températures glaciales.
"Les Ukrainiens sont conscients que cet hiver pourrait être très rude pour nous. Mais face à cela, nous n'aurons d'autre choix que de le rendre pénible pour la Russie également", avait déclaré M. Zelensky à la tribune de l'ONU fin septembre.
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