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Bourse : l’arrivée de nouveaux investisseurs

En Mars dernier, au moment même où les principaux indices mondiaux chutaient en raison de la pandémie, de nombreux investisseurs ont faits leurs premiers pas en Bourse. La crise Covid-19 accélératrice du retour des investisseurs sur les marchés ?

l'arrivée de nouveaux investisseurs
L'arrivée de nouveaux investisseurs

150 000 nouveaux investisseurs en mars 2020

Les comportements des investisseurs peuvent varier d'une crise à l'autre. La crise financière de 2008 avait eu pour effet de créer un profond désamour entre les investisseurs et les marchés financiers. Estimés à environ 7 millions avant le début de la crise des subprimes, ils sont très nombreux à avoir quitté les marchés financiers lorsque celle-ci a éclaté. Un retrait de capitaux qui a d'ailleurs duré dans le temps, à cause de la mauvaise image que la crise de 2008 a véhiculé des marchés financiers. Une crise financière déclenchée par les montages financiers réalisés par de grandes banques d'investissement, qui se répand ensuite comme une trainée de poudre dans le monde entier, voilà qui en avait refroidi plus d'un.

Douze ans après, une nouvelle crise économique voit le jour, mais d'origine différente. La pandémie de Covid-19 et les mesures de restriction qui en découlent font plonger les marchés financiers en mars 2020. Ces derniers remontent ensuite lors de l'allègement des mesures de restriction avant l'été avant de retrouver un deuxième souffle à la première annonce de la découverte d'un vaccin. Une crise économique où, à l'inverse de la première, les investisseurs sont revenus en nombre sur les marchés financiers. D'après l'AMF, 150 000 nouveaux investisseurs ont fait leurs premiers pas en bourse au mois de mars 2020. Au moment même où les indices mondiaux chutaient, un peu plus d'un quart des 580 000 personnes ayant passé un ou plusieurs ordres de bourse ne l'avait jamais fait avant. Comment expliquer dès lors cet engouement d'investisseurs plus jeunes pour l'investissement boursier pile à ce moment-là ?

L'effet d'aubaine a très certainement accéléré la tendance, une chute drastique des principaux indices mondiaux faisant espérer à de nombreux investisseurs une remontée prochaine et donc des gains à court terme. Une perspective renforcée par le fait que l'origine de la crise n'étant pas économique, beaucoup espéraient un retour rapide à la normale. Mais l'origine de ce nouvel intérêt pour les actions est un peu plus ancienne…

La Française des jeux, l'amorce du retour

Après plusieurs années de désamour, les investisseurs recommencent à s'intéresser à la Bourse avec l'introduction en Bourse de La Française des Jeux. Première entreprise à être privatisée par le gouvernement Macron dans le sillage de la loi PACTE, la Française des Jeux a été introduite en Bourse le 27 Novembre 2019. Durant les semaines qui précèdent, le gouvernement mène une grande campagne médiatique pour inviter particuliers et professionnels à souscrire à cette IPO. Il tient à favoriser au maximum les petits épargnants dans cette opération. Les particuliers bénéficient d'ailleurs d'une décote de 2% par rapport au professionnels. Une part de l'IPO est prévue pour les investisseurs particuliers (de 33% elle passera même à 40%) et ces petits porteurs sont servis en priorité (tous les ordres inférieurs à 2000 € sont intégralement servis). Pour éviter la spéculation sur le titre et encourager les porteurs à garder l'action en portefeuille, le gouvernement promet une action gratuite pour dix actions souscrites lors de l'IPO, mais cette action gratuite n'est offerte que passé un délai de 18 mois après la souscription. Fort de la campagne médiatique et de ces avantages, de nombreux investisseurs souscrivent, portant la demande totale à plus 11 milliards d'euros dont 1.6 milliards venant de particuliers, salariés et buralistes.

Selon l'AMF, l'introduction en Bourse de la FDJ a d'ailleurs amené 340 000 investisseurs sur les marchés qui n'avaient effectué aucune transaction sur un instrument financier depuis fin 2017.

Si les raisons de la souscription sont diverses, ce nouvel attrait pour l'investissement direct en bourse est à mettre en regard avec la baisse des autres types de placement. Si le livret A et l'assurance vie sont les deux placements préférés des français, ceux-ci ont vu leurs rendements s'appauvrir depuis plusieurs années. Le livret A tout d'abord, a vu son taux gelé à 0.75% depuis 2017 avant que celui-ci ne recule encore à 0.5% en Février 2020. L'assurance vie a de son côté vu ses rendements s'éroder avec le temps. Selon Le Revenu, le taux moyen de rendement des assurances-vie est passé de 1.80 % en 2018, à 1.50% en 2019 puis à 1.30% en 2020. Dans le même temps la France affichait un taux d'inflation de 1.8% en 2018 et de 1.1% en 2019. Sur l'ensemble de l'année 2020 l'inflation devrait en revanche ressortir à +0.5% de son côté.

Sur les années qui ont précédé la crise sanitaire, les épargnants ont donc vu leurs placements perdre en rémunération et parfois même afficher des rémunérations négatives en prenant en compte l'inflation. Il n'est donc pas étonnant qu'une partie d'entre eux soient allés chercher du rendement ailleurs, sur des actifs plus risqués comme les actions.

Des investisseurs prêts à saisir l'opportunité

Lors de la chute des principaux indices boursiers en mars 2020, de nombreux investisseurs étaient donc suffisamment prêts pour pousser encore un peu plus loin leurs investissements en bourse. Aussi l'AMF relève que du 24 février 2020 au 03 avril 2020, un solde positif d'environ 3.5 milliards d'euros a été investi par des particuliers dans des actions du SBF 120. Un solde positif signifiant qu'il y a eu plus d'achat que de vente d'actions, témoignant d'une arrivée massive de capitaux sur la période. L'AMF constate également que les achats des particuliers ont été multipliés par 4 sur le mois de mars. Les nouveaux investisseurs représentant même jusqu'à 20% des montants investis en actions par des particuliers sur la période.

Ces nouveaux actionnaires, qui ont d'ailleurs en moyenne entre 10 à 15 ans de moins que les investisseurs historiques selon l'AMF, se sont dirigés massivement vers les courtiers en ligne. Ils représentent près de 20% de la clientèle 2018/2019 des courtiers en ligne.

Sur la période de six semaines étudiée par l'AMF, l'institution relève qu'un nombre moyen de 3,5 titre acheté par investisseur. Une moyenne qui tombe en revanche à 2,8 en ce qui concerne les nouveaux investisseurs.

Au terme de l'étude, l'AMF constate que 90% des positions prises à l'achat avaient été conservée à la fin des 6 semaines, ce qui laisse à penser que ces nouveaux investisseurs, s'ils ont su entrer sur les marchés au moment opportun semblent être des investisseurs de long terme.

Des codes nouveaux et parfois des excès

Ces derniers ne se sont d'ailleurs pas contentés d'investir en actions, les produits dérivés trouvent également preneur. Selon l'AMF toujours, la France a connu une croissance de 46% du trading en ligne de produits dérivés non coté, la plus forte d'Europe, et a vu le nombre d'utilisateurs de produits dérivés cotés doubler à fin juin 2020. Ils étaient à cette date 74 000 utilisateurs de produits dérivés cotés et 27 500 de produits dérivés non cotés.

Une tendance encore plus marquée Outre-Atlantique où plusieurs millions de nouveaux investisseurs sont arrivés sur les marchés l'année dernière. En témoigne l'épisode récent de ruée spéculative sur les titres GameStop et AMC. Ces nouveaux investisseurs, dont certains étaient réunis sur la plateforme WallStreetBets ont réussi à mener à bien une stratégie visant à prendre les Hedge Funds à leur propre jeu sur les valeurs les plus shortées par ces derniers. Leur puissance de frappe simultanée aidé d'achats de produits financiers à effet de levier sur le titre a obligé le fonds Melvin Capital, le fonds le plus exposé à la vente à découvert sur le titre, à demander à deux de ses concurrents de le recapitaliser à hauteur de 3 milliards de dollars pour éviter la faillite. Un épisode qui a eu un tel retentissement que l'AMF a d'ailleurs mis en ligne un décryptage du phénomène. L'AMF qui a également mis en place quelques gardes fous. Si la vente d'options binaires aux particuliers est interdite et celle de CFD encadrée, l'institution surveille également les flux de transaction, les réseaux sociaux, mais aussi les bots qui pourraient faire croire à des mouvements massifs sur un titre, afin d'éviter que ce type d'excès encore inédit sur les marchés ne vienne se reproduire sur le marché français. Mais l'AMF se veut rassurante, ce type d'événement a peu de chances de se produire dans l'hexagone selon elle, où le nombre de nouveaux investisseurs est plus limité qu'aux Etats-Unis et où le niveau cumulé de positions vendeuses à découvert est également plus faible.

Journaliste Financier Nicolas Pagniez
Article rédigé par Nicolas Pagniez
Journaliste financier

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