Nvidia : Pékin intraitable sur les puces H200 ?
Après le feu vert américain, les choses se compliquent déjà
Nvidia perd du terrain avant bourse à Wall Street ce mercredi, alors que selon Reuters, citant trois sources proches du dossier, les autorités douanières chinoises auraient informé leurs agents cette semaine que les puces d'intelligence artificielle H200 du groupe américain ne seraient pas autorisées à entrer en Chine. Par ailleurs, deux de ces sources de Reuters et une troisième ont indiqué que des représentants du gouvernement chinois avaient convoqué mardi des entreprises technologiques nationales à des réunions au cours desquelles il leur a été explicitement demandé de ne pas acheter ces puces, sauf en cas de nécessité. "Les termes employés par les autorités sont tellement sévères qu'il s'agit, pour l'instant, d'une interdiction de facto, même si cela pourrait évoluer", selon l'une des sources de l'agence.
La puce H200, deuxième puce d'IA la plus puissante de Nvidia, demeure donc l'un des principaux points de friction dans les relations commerciales sino-américaines. Reuters explique que malgré une forte demande de la part des entreprises chinoises, "on ignore encore si Pékin souhaite l'interdire purement et simplement pour favoriser le développement des entreprises nationales de semi-conducteurs, si le pays hésite encore quant aux restrictions à imposer, ou si ces mesures pourraient servir de levier de négociation avec Washington". Cette puce, dont l'exportation vers la Chine a été officiellement approuvée cette semaine par l'administration Trump sous conditions, est aussi un sujet sensible aux États-Unis, rappelle Reuters, alors que certains craignent que ces puces ne renforcent l'armée chinoise et n'érodent l'avantage américain en matière d'IA.
L'administration Trump a donné hier son feu vert officiel à la vente en Chine de la deuxième puce d'IA la plus puissante de Nvidia, en instaurant une réglementation selon laquelle les puces seront examinées par un laboratoire d'essais tiers afin de confirmer leurs capacités techniques en matière d'IA avant leur expédition vers la Chine, qui ne pourra recevoir plus de 50% du volume total de puces vendues aux clients américains. Nvidia devra certifier la présence d'un nombre suffisant de puces H200 aux États-Unis, tandis que les clients chinois devront démontrer la mise en place de procédures de sécurité adéquates et s'engager à ne pas utiliser ces puces à des fins militaires, détaille Reuters.
Nvidia a déclaré que la décision du président américain établissait "un juste équilibre, excellent pour l'Amérique", et permettrait à l'entreprise d'être compétitive sur le marché mondial des semi-conducteurs. "Les détracteurs de l'administration favorisent involontairement les intérêts des concurrents étrangers figurant sur les listes d'entités américaines. L'Amérique doit toujours souhaiter que son industrie soit en concurrence pour des marchés commerciaux vérifiés et approuvés, créant ainsi de véritables emplois pour les Américains", selon le groupe de Jensen Huang.
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