Les avertissements des géants de l'IA sont "du battage médiatique et de l'esbroufe", selon Michael Burry
"Nous sommes si incroyables que cela pourrait devenir dangereux"
Wall Street débute la séance en forte baisse ce lundi, miné par les craintes liées à la sécurité de l'IA, suite aux avertissements lancés ce week-end par plusieurs grands noms du secteur. Dario Amodei, DG d'Anthropic, laboratoire d'intelligence artificielle connu pour son modèle Claude, a appelé les entreprises d'IA à ralentir le rythme de développement des modèles de pointe, soulignant les inquiétudes croissantes quant à une éventuelle utilisation malveillante. "Les progrès sembleront toujours rapides, et nous devons faire bon usage du temps ainsi gagné", a ajouté Amodei.
Ces déclarations font suite à la révélation, la semaine dernière, par Anthropic, que plusieurs acteurs avaient utilisé ses modèles à des fins diverses, allant du développement d'armes à la fraude. Les commentaires du dirigeant ont reçu des échos favorables de figures phares du secteur, notamment Sam Altman (DG d'OpenAI) et Elon Musk (patron de Spacex, propriétaire de xAI).
Fin juillet, Sam Altman, le patron d'OpenAI, avait déjà appelé à calmer le jeu pour donner "le temps à la société de faire face à ces nouvelles capacités". Plus largement, un millier de professionnels du secteur technologique avaient signé une lettre ouverte cet été, y exprimant des craintes similaires.
Il faut dire qu'un incident de taille a inquiété les spécialistes du secteur : toujours au mois de juillet, lors de tests menés par OpenAI, deux de ses modèles sont sortis de leur environnement confiné pour rejoindre Internet de leur propre initiative et faire intrusion dans le système interne de Hugging Face, une plateforme d'hébergement de modèles d'IA. Un rapport publié fin août par des enquêteurs indépendants a révélé l'ampleur réelle de l'incident : 688 agents IA d'OpenAI avaient en fait participé à l'offensive, entièrement sans intervention humaine.
Ces développements devraient peser aujourd'hui sur le secteur de l'IA, du fait du risque d'un ralentissement du cycle d'investissements massifs du secteur technologique dans les infrastructures d'intelligence artificielle. Altman a par ailleurs déclaré qu'OpenAI ne procéderait pas à une éventuelle introduction en bourse cette année, en raison de préoccupations liées à la sécurité. Il a indiqué samedi au magazine Fortune : "Je dirais que ça ne sera pas en 2026. Nous avons encore beaucoup à faire". Le dirigeant a ajouté qu'OpenAI ne ressentait pas de pression au sujet du timing de cette IPO.
Michael Burry, l'investisseur américain connu pour avoir anticipé la crise des subprimes et popularisé par le succès du film 'The Big Short', est particulièrement dubitatif au sujet de ces annonces des laboratoires d'IA.
"Prenons un instant pour comprendre à quel point il est intéressé, de la part des dirigeants d'OpenAI, d'Anthropic et des grands fournisseurs de cloud (hyperscalers), de prôner un ralentissement", lance ainsi Burry sur son compte sur le réseau social X ('Cassandra Unchained'). "Les LLM ne sont pas de l'IA et ne deviendront pas une AGI (IA générale). Il n'y a pas d'IA à ralentir", assène ainsi l'investisseur, ajoutant que "la concurrence arrive à grands pas" et qu'un ralentissement "profite aux acteurs déjà en place".
De plus, Burry juge que "les introductions en bourse nécessitent du battage médiatique et de l'esbroufe". Dire que "nous sommes si formidables que cela pourrait devenir dangereux" relève précisément de cette stratégie, estime l'investisseur. "Cela sert de paravent à un ralentissement réel et incontrôlable de la croissance, alors que l'on cherche à lancer ces introductions en bourse".
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