Addiction aux réseaux sociaux : Meta conclut un accord à l'amiable
Le groupe signe un chèque de près de 17 milliards de dollars pour mettre fin au procès d'Oakland.
C'est le scénario que beaucoup pressentaient. Près d'une dizaine de jours après le début de son procès, Meta a finalement accepté de verser jusqu'à 16,68 milliards de dollars dans le cadre d'un accord à l'amiable avec 29 Etats américains dont la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, pour mettre fin aux poursuites intentées contre lui. Les plaignants accusaient le groupe d'avoir sciemment mis au point Instagram et Facebook de manière à créer une dépendance chez les enfants. Des collectivités locales, des districts scolaires et des particuliers avaient également entamé des poursuites.
L'entreprise, dont le siège se trouve à Menlo Park, en Californie, a dit que l'acceptation de cet accord ne la rendait pas coupable des accusations dont elle faisait l'objet.
Outre le paiement de ces dédommagements, Meta accepte d'apporter des modifications pour les adolescents utilisant ses deux plateformes, notamment des limites d'utilisation quotidiennes et des blocages nocturnes, selon des documents judiciaires.
Pour mémoire, l'affaire remonte à 2021, lorsqu'une ancienne salariée de Facebook, Frances Haugen, avait fait fuiter les fameux " Facebook files. " A savoir des milliers de documents internes à Meta, documents attestant que le groupe avait clairement étudié les effets d'Instagram sur la santé mentale des adolescents, tout en minimisant officiellement certains risques identifiés.
Ses réseaux étaient ainsi accusés aujourd'hui d'avoir, notamment, multiplié les fonctionnalités destinées à retenir le plus possible les utilisateurs, tel le défilement infini, les notifications ou encore les "likes". Sur le fond, les plaignants accusent Meta d'avoir enfreint les règles d'une loi fédérale sur les données des enfants (COPPA).
Dans un document déposé avant le début de ce procès, Meta avait indiqué que la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey réclamaient jusqu'à 1.400 milliards de dollars de sanctions, niveau proche de l'actuelle capitalisation boursière du groupe à Wall Street (proche des 1460 milliards de dollars ce mercredi.)
Avant le début du procès, les États plaignant avaient laissé entendre que ce montant serait plutôt de l'ordre de 200 milliards de dollars.
Meta a fait savoir dans un communiqué que ces quelques 18 milliards de dollars seraient distribués en tranches annuelles sur une période de 10 ans ". Ce montant est destiné à financer diverses initiatives de sécurité en ligne pour les jeunes, telles que définies par les États.
Le procès, qui était entré dans sa deuxième semaine, se déroulait au Tribunal fédéral d'Oakland. Il était mené conjointement par le procureur général de Californie, ainsi que de ses homologues du Colorado, du New Jersey et du Kentucky, qui représentent un groupe bipartisan de 29 procureurs généraux.
Meta a cela dit toujours nié les faits lui étant reprochés, affirmant avoir tout mis en oeuvre pour protéger les enfants sur ses plateformes.
Début août, le groupe avait déjà été condamné, au Nouveau-Mexique, à verser 567 millions de dollars et à modifier la façon dont ses plateformes fonctionnent pour les utilisateurs mineurs dans cet Etat américain. La justice locale avait jugé le groupe technologique responsable de nuire à la santé mentale des jeunes.
En mai dernier, Snap, TikTok et YouTube ont préféré payer, avec Meta, 27 millions de dollars à un district scolaire du Kentucky pour éviter un autre procès censé faire référence pour les plaintes similaires de quelque 1.200 collectivités éducatives.
En mars, Meta et Google avaient été reconnus coupables de négligence sur l'addiction des jeunes aux réseaux sociaux, selon le verdict d'un jury de Los Angeles, en Californie.
De nombreuses autres procédures sont en cours à travers les Etats-Unis.
"Des milliers de jeunes et de districts scolaires publics ont encore des plaintes en cours dans le cadre de la procédure de regroupement d'actions (MDL) contre Meta, ainsi que TikTok, Snap et YouTube, et nous sommes prêts à poursuivre ce combat ", ont déclaré les avocats représentant les plaignants dans ces affaires, dans un communiqué publié mercredi. " Nous ne nous arrêterons pas tant que chacun de ces plaignants n'aura pas obtenu justice pour les préjudices causés par les plateformes de tous les défendeurs. "
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote