Ipsos : des résultats 2025 en ligne avec les prévisions
Lancement du plan stratégique Horizons
Ipsos a enregistré un chiffre d'affaires de 2 524,7 millions d'euros en 2025, en hausse de 3,4% dont 0,6% de croissance organique, 5,8% d'effets de périmètre liés principalement aux acquisitions de The BVA Family et d'infas et -3% d'effets de change défavorables du fait de l'appréciation de l'euro par rapport à certaines monnaies, dont le dollar.
Le contexte politique incertain dans plusieurs zones géographiques, combiné à des marges de manoeuvre budgétaires plus limitées pour les États, ont pesé sur l'activité Affaires Publiques et, par conséquent, sur la performance consolidée d'Ipsos. Ce rythme de croissance demeure inférieur à nos ambitions. Le plan stratégique présenté le mois dernier a pour objectif de retrouver un rythme de croissance soutenu et durable.
Dans le même temps, la marge opérationnelle fait preuve de résilience et illustre une nouvelle fois la discipline financière d'Ipsos. Elle s'établit à 12,8% à périmètre constant et à 12,3% en données publiées, intégrant l'effet temporairement dilutif des acquisitions de The BVA Family et d'infas.
L'année 2025, ainsi que le début de l'année 2026, ont été marqués par plusieurs événements structurants :
- Les acquisitions d'infas et de The BVA Family, cette dernière étant la plus importante réalisée par Ipsos depuis 2018. Ces acquisitions renforcent significativement la position d'Ipsos en Europe, notamment en Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni et notre expertise dans les tests de packaging via PRS IN VIVO,
- La nomination, en septembre dernier, de Jean Laurent Poitou en tant que Directeur Général dont le mandat est un retour à une croissance durable et rentable,
- La démission de Didier Truchot de son poste de Président du Conseil d'administration d'Ipsos pour raisons de santé, effective le 28 février 2026, et la nomination par le Conseil de Laurence Stoclet en qualité de Présidente.
- La présentation, en janvier 2026 lors de la Journée Investisseurs, du plan stratégique de croissance Horizons, destiné à asseoir le leadership mondial d'Ipsos.
La marge brute s'établit à 67,8% contre 68,7% en 2024. Une majeure partie de ce recul s'explique par l'intégration d'infas et de The BVA Family dont le taux de marge brute est plus faible que la moyenne du Groupe. À périmètre et taux de change constants, le taux de marge brute s'inscrit en recul de 30 points de base, reflétant une hausse temporaire des coûts de collecte sur certaines activités, ainsi que le renforcement des dispositifs de contrôle qualité sur nos panels.
La masse salariale augmente de 2,4%, en raison de l'impact des acquisitions. A périmètre et taux de change constants, elle est stable et reflète notre adaptation de la structure de coûts à l'évolution de l'activité. Au 31 décembre, le ratio de masse salariale rapportée à la marge brute s'établit à 64,8%.
Les frais généraux augmentent d'environ 20 millions d'euros, correspondant au surcroit de charges liées aux acquisitions. À périmètre comparable, la hausse des dépenses informatiques et technologiques, en ligne avec notre stratégie d'investissement, est compensée par des économies, liée à la renégociation de loyers et à une discipline accrue sur les dépenses discrétionnaires. Le ratio de frais généraux par rapport à la marge brute s'établit à 14,9%.
Le poste autres charges et produits opérationnels présente un solde négatif de 17 millions d'euros, principalement lié à des coûts de départ. Il intègre également des pertes de change opérationnelles résultant de la dépréciation du dollar et d'autres devises face à l'euro. Au total, la marge opérationnelle s'établit à 12,3% et 12,8% hors effet transitoirement dilutif lié aux acquisitions de The BVA Family et d'infas.
Le poste autres charges et produits non courants est impacté à hauteur d'environ 13 millions d'euros liées à la dépréciation de l'actif net russe. Le solde de ce poste est principalement constitué de 6,7 millions d'euros de coûts de réorganisation consécutifs aux acquisitions et aux évolutions managériales ainsi que de 6,0 millions d'euros de frais d'acquisitions. Les charges de financement s'établissent à 12,5 millions d'euros, en hausse de 3,4 millions d'euros sur la période. Cette variation s'explique principalement par un endettement moyen plus élevé sur l'année, consécutif aux acquisitions réalisées en 2025. Elle intègre également le coût de financement de l'émission obligataire de 400 millions d'euros réalisée en janvier 2025, assortie d'un coupon de 3,75 % et d'une maturité de cinq ans.
Les autres charges et produits financiers nets présentent une charge de 11,1 millions d'euros, résultant principalement de pertes de change non opérationnelles, liées à la dépréciation du dollar, ainsi que de frais financiers associés à l'application de la norme IFRS 16. Le taux effectif d'impôts est stable et s'établit à 26%. Le résultat net part du Groupe s'établit à 187 millions d'euros et le résultat net ajusté part du Groupe à 240 millions d'euros contre 244 millions d'euros l'année précédente.
La capacité d'autofinancement s'établit à 411 millions d'euros, contre 430 millions en 2024. Cette baisse est principalement expliquée par le recul du résultat net. La variation du besoin en fonds de roulement affiche une variation négative de 30 millions d'euros. Elle s'explique d'une part par une hausse de l'activité de 3,2% au quatrième trimestre et d'autre part par une baisse de la provision pour rémunération variable 2025 dont le décaissement aura lieu au premier semestre 2026.
Les investissements en immobilisations corporelles et incorporelles, principalement constitués d'investissements en infrastructure informatique et technologique, se sont élevés à 83 millions d'euros en 2025. Ils progressent de 18 %, en cohérence avec l'accélération des investissements du Groupe dans les plateformes et les technologies. Au total, la génération de trésorerie libre d'exploitation s'établit à 181 millions d'euros. Ce niveau est proche de la production moyenne de trésorerie libre d'exploitation des 3 dernières années, qui s'élevait à 200 millions d'euros. En ce qui concerne les investissements non courants, Ipsos a accéléré sa politique d'acquisitions en 2025, avec un montant investi de 179 millions d'euros, principalement consacré aux acquisitions de The BVA Family et d'infas.
Enfin, les opérations de financement incluent pour l'essentiel sur l'année (i) l'émission obligataire notée de 400 millions d'euros en janvier 2025 (ii) le remboursement en juin de l'obligation précédente pour 300 millions d'euros. Les capitaux propres s'élèvent à 1.568 millions d'euros au 31 décembre 2025 contre 1.578 millions d'euros au 31 décembre 2024.
La dette financière nette s'élève à 219 millions d'euros, contre 57 millions d'euros au 31 décembre 2024, en raison des acquisitions. Le ratio de levier (calculé hors impact IFRS 16) reste solide et s'élève à 0,5x l'EBITDA. La trésorerie au 31 décembre 2025 s'élève à 318 millions d'euros. Avec l'émission de l'emprunt obligataire de 400 millions d'euros, Ipsos n'a pas d'échéance de dette significative avant 2030.
PERSPECTIVES
"L'exercice 2025 s'est déroulé dans un environnement macroéconomique et politique incertain, pesant sur notre activité Affaires Publiques. Si la marge opérationnelle a de nouveau fait preuve de résilience, la croissance organique, restée insuffisante, souligne la nécessité d'un déploiement rapide du plan Horizons, la stratégie de croissance d'Ipsos présentée lors de la Journée Investisseurs du 22 janvier dernier. L'ambition est claire : faire d'Ipsos le leader mondial des insights actionnables et à fort impact grâce à l'IA. Cette ambition repose sur deux axes de croissance : d'une part, réinventer nos services par l'exploitation de l'IA pour transformer nos méthodes de travail et délivrer plus vite ; d'autre part, enrichir notre portefeuille en maximisant l'adoption de nos services à fort potentiel et en explorant de nouveaux relais de croissance. Afin d'y parvenir, Ipsos s'appuie sur des atouts solides : sa position de leader mondial, indépendant ; des offres diversifiées ; l'accès à des répondants réels ; des relations de long terme avec des clients dont le niveau de satisfaction est très élevé ; ainsi qu'un fort engagement de ses collaborateurs ; enfin, une structure financière robuste lui permettant de déployer sa stratégie" commente le groupe.
Dès le début de l'exercice 2026, Ipsos déploie activement les priorités de sa feuille de route stratégique :
- Le Groupe accélère notamment le développement des Globally Managed Services (GMS), dont la pénétration demeure limitée dans de nombreux pays et qui offrent un fort potentiel de croissance. Une première vague de six GMS a été identifiée comme prioritaire en 2026 regroupée en trois catégories : Innovation, Creative Excellence et Behavioural Measurement. Cette accélération s'appuie sur des investissements ciblés ainsi que sur la mise en place d'une organisation dédiée, pilotée au niveau mondial.
- Parallèlement, Ipsos.Digital, qui soutient déjà une partie des GMS, constitue un relais de croissance supplémentaire et enrichira son offre avec de nouveaux services à compter de 2026.
- Ipsos a également réorganisé son équipe de direction pour l'aligner avec les priorités de son plan stratégique, en particulier sur les volets des offres, ainsi que sur la technologie et l'intelligence artificielle.
- Enfin, des initiatives commerciales ont été engagées, notamment un renforcement de la responsabilisation des dirigeants à différents niveaux dans la gestion et le développement des grands comptes, avec pour objectif d'améliorer l'exécution commerciale et de soutenir la croissance.
L'année 2026 constitue la première étape d'un redressement de la dynamique de croissance du Groupe, visant une croissance organique moyenne de 3% à 4% sur la période 2026-2028. Cette dynamique repose sur un déploiement rapide des priorités stratégiques. Les initiatives engagées en 2026 monteront progressivement en puissance.
Pour l'exercice 2026, Ipsos anticipe une croissance organique entre 2 et 3%, avec une marge opérationnelle équivalente à 2025. Les priorités d'allocation du capital demeurent inchangées, avec la poursuite d'une stratégie d'acquisitions ciblées et le renforcement des investissements dans la technologie.
Compte tenu de la solidité financière du Groupe et conformément à la politique d'allocation du capital présenté lors de la journée investisseurs, le Conseil d'Administration proposera à l'Assemblée générale du 20 mai 2026, le versement d'un dividende de 2 euros par action, en hausse de plus de 8%, correspondant à un taux de distribution de 36% du résultat net ajusté dilué par action, qui sera détaché le 1er juillet 2026.
Par ailleurs, le Conseil d'Administration a décidé ce jour, d'un programme de rachat d'actions à des fins d'annulation, pour un montant d'environ 100 millions d'euros en 2026, qui sera exécuté dans les meilleurs délais. La mise en oeuvre de ce plan fera l'objet d'un communiqué spécifique.
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