Ultradroite et "antifas": la justice administrative valide l'interdiction des manifestations à Paris samedi
Le tribunal administratif de Paris a confirmé vendredi l'interdiction de la manifestation du Comité du 9-Mai, un groupe classé à l'ultradroite, ainsi que celle de la contre-manifestation antifasciste, toutes deux prévues samedi dans la capitale.
La préfecture de police (PP) de Paris avait interdit mardi l'organisation de ces deux manifestations, programmées samedi, mettant en avant "un contexte politique tendu et très polarisé", ainsi que "des actions violentes" qui sont "susceptibles de se produire" en marge ou à l'issue de ces deux manifestations.
Pour justifier cette interdiction, un arrêté de la PP rappelait la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, en février, et soulignait qu'en 2025, plusieurs saluts nazis avaient été observés dans le cortège du Comité du 9-Mai.
"Le préfet de police prend acte de la décision du tribunal administratif de rejeter les deux référés liberté formés contre les arrêtés interdisant la manifestation dite Comité du 9-Mai à Paris et le rassemblement déclaré le même jour afin de protester contre celle-ci", a réagi la PP auprès de l'AFP.
"Le préfet de police rappelle les risques de troubles à l'ordre public sur deux rassemblements dont les circuits déposés convergeaient, notamment du fait d'antagonismes marqués qui se sont illustrés l'an dernier et qui se traduisent depuis quelques mois par des faits croissants de violences réciproques", a-t-elle ajouté.
"En nous interdisant de manifester, alors que des militants nationalistes de toute la France se rendent à Paris ce week-end, le préfet augmente considérablement le risque qu'il y ait des affrontements" avec des groupes antifascistes, a déclaré le porte-parole du Comité du 9-Mai, Jean-Eudes Gannat, lors d'une conférence de presse organisée aux abords du ministère de l'Intérieur.
L'année dernière, la manifestation avait été initialement interdite par la PP avant que le tribunal administratif ne suspende cette mesure. La contre-manifestation antifasciste, elle, avait bien été interdite.
Un millier de militants d'ultradroite avaient alors défilé dans la capitale, pour la plupart le visage masqué et arborant des symboles associés à l'idéologie néonazie.
Le tribunal administratif a en revanche suspendu jeudi soir l'interdiction du "village contre l'extrême droite", organisé vendredi à Paris, place du Panthéon.
Le Comité du 9-Mai manifeste tous les ans pour l'anniversaire de la mort d'un militant d'extrême droite, Sébastien Deyzieu, décédé accidentellement en 1994. Le jeune homme s'était réfugié sur le toit d'un immeuble de Paris pour échapper à la police avant de faire une chute mortelle.
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