Présidentielle: François Ruffin, l'ex-Insoumis qui a du mal à socialiser
Les portes du train de la primaire social-démocrate se sont fermées devant François Ruffin. Le candidat déclaré à la présidentielle, éternel trublion de la gauche, ne pourra pas compter sur une éventuelle investiture socialiste et semble condamné à poursuivre son chemin en solitaire, malgré ses efforts.
Il a pourtant tout donné. "Je parle un peu fort, mais j'ai pas le couteau entre les dents. Je ne suis pas un garçon violent, je suis bien élevé", a encore plaidé le député de la Somme la semaine dernière sur BFMTV, après avoir cependant dénoncé un scrutin "censitaire" (il faudra dépenser 15 euros pour y participer).
Mais rien n'y a fait: Raphaël Glucksmann et une partie des socialistes ont refusé d'ouvrir leur primaire à l'ancien Insoumis, qui a claqué la porte de LFI après les "purges" des opposants internes en 2024.
Voici donc reparti François Ruffin dans son errance solitaire vers l'Elysée, le Picard ne disposant du soutien que de son petit parti Debout, qu'il a tenté de développer nationalement.
La Fête de l'Humanité, où il était présent le week-end dernier, était l'occasion pour les différents prétendants de gauche de se croiser et d'échanger.
"Il ne faut pas qu'on reste chacun dans notre couloir", a insisté François Ruffin.
Et son couloir à lui, il en est bien sorti.
"Ruffin donne le tournis. Il cherche absolument à se raccrocher à quelque chose", raille même un cadre de gauche.
Au début du mois, lors d'un débat avec Dominique de Villepin, il a affiché ses convergences avec l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac.
Au point de comparer leur échange à un "premier rendez-vous Tinder".
"Il y a un diagnostic partagé, il y a un horizon commun" avec l'ancien ministre des Affaires étrangères, à la recherche, lui aussi, d'un créneau politique à occuper pour cette élection, a estimé François Ruffin.
"Je sais pas si vous avez déjà préparé le PACS, mais disons qu'on se renifle", a-t-il même insisté.
"Pas de préalable"
Ces reniflages pourraient-ils conduire François Ruffin à se rapprocher du Parti communiste?
Avec l'autre candidat à la présidentielle Fabien Roussel, ils partagent une ligne similaire, tant sur le fond que sur la forme: un programme de gauche radicale, tourné vers les classes populaires rurales et péri-urbaines, mais qui est en désaccord avec les outrances de La France insoumise.
"J'ai une affection pour le PCF. C'est le seul parti à gauche qui a formé des travailleurs. Je souhaiterais avoir les communistes avec nous", expliquait l'élu de la Somme en privé avant l'été.
Mais comme il n'a pas su créer une réelle dynamique politique ou sondagière, les positions se sont inversées et c'est maintenant le PCF qui aimerait bénéficier de son soutien.
"J'ai jamais vu les étoiles aussi alignées pour un rapprochement entre les deux. Il faut qu'ils se parlent", a indiqué à la presse lors de la Fête de l'Humanité le porte-parole du PCF Léon Deffontaines, élu d'Amiens, où il siège dans la majorité avec Debout, le parti de François Ruffin.
Ce dernier a bien croisé Fabien Roussel pendant le week-end à ce grand rassemblement de la gauche, et les deux hommes ont convenu de se voir "bientôt"
Devant la presse, François Ruffin a reconnu que "Roussel peut faire partie de la solution".
Mais un des proches tempère: "Quand on est à 2% peut pas demander à celui qui est devant de se rallier". Le communiste est régulièrement testé à 2 ou 3% dans les sondages. Quand il a été testé, François Ruffin est crédité de 4 et 6% des intentions de vote.
L'intéressé se montre, lui, plus mesuré que son entourage. Rappelant qu'il avait un "rôle à jouer" dans cette campagne, il a quand même tenu à préciser à la presse: "Je n'ai jamais mis le préalable du bulletin Ruffin à la fin".
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