L'eurodéputée Rima Hassan de nouveau entendue par la police après sa garde à vue
L'eurodéputée LFI Rima Hassan était de nouveau entendue par la police judiciaire vendredi, dans le cadre d'une enquête différente des soupçons d'"apologie du terrorisme" pour lesquels elle a été placée la veille en garde à vue.
L'élue de 33 ans est arrivée vers 10H00 au siège de la police judiciaire parisienne, rue du Bastion, ont constaté des journalistes. Elle y avait été convoquée par la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a indiqué une source proche du dossier.
Jeudi, Rima Hassan avait été placée en garde à vue dans les locaux du 2e district de police judiciaire. Elle en est ressortie libre en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" en raison d'un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X.
Lors de la fouille de ses effets jeudi, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, NDLR), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments (étaient) disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a déploré vendredi des "informations mensongères" utilisées pour "salir" l'élue LFI.
"Nous demandons solennellement à la procureure de la République de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire compte tenu des nombreuses fuites qui sont survenues hier (jeudi) et dont le but était de porter atteinte à la réputation de Mme Rima Hassan", a déclaré l'avocat Vincent Brengarth en arrivant avec sa cliente vendredi au Bastion.
Il a dénoncé de "nombreuses fausses informations", "au sujet desquelles nous reviendrons plus en détails cet après-midi". Une conférence de presse est prévue à 17H00, a-t-il précisé.
"Harcèlement judiciaire"
Invité un peu plus tôt de BFMTV, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a justifié le signalement à la justice par ses services du post sur X de Rima Hassan qui faisait référence à Kōzō Okamoto.
Ce dernier est l'un des auteurs de l'attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l'aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes dont un Canadien, huit Israéliens et 17 citoyens américains de Porto Rico.
Accompagné de drapeaux du Japon et de la Palestine, le tweet de Rima Hassan reprenait des propos qui lui sont attribués: "Kozo Okamoto: J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir".
Elle republiait aussi un texte en anglais sur Kōzō Okamoto, "rappelant qu'il avait pris part à cette attaque et une photo sur laquelle il était porté sur les épaules d'hommes vêtus de treillis et de keffieh", a précisé le parquet.
La publication avait été signalée au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.
"C'était normal de faire un signalement (...) le tweet de Mme Hassan est grave (...), il n'y a pas d'acharnement", a fait valoir le ministre de l'Intérieur, en affirmant qu'il ne "fallait rien laisser passer", a déclaré vendredi M. Nuñez.
"L'action politique doit rester dans les limites de l'Etat de droit", a-t-il ajouté.
Le placement en garde à vue de Rima Hassan a suscité une levée de boucliers dans les rangs de la France Insoumise. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une "police politique", tandis que Manon Aubry, autre eurodéputée du mouvement, a fustigé un "harcèlement judiciaire".
Rima Hassan a à plusieurs reprises tenu des propos polémiques sur Israël. Elle était devenue pendant la campagne des européennes en 2024 la nouvelle idole des militants insoumis. Personnalisant ainsi la place majeure prise par le combat pro-palestinien dans le logiciel de La France insoumise après les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et la réplique, qualifiée de "génocide" par LFI, du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
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