Jadot appelle à refonder la gauche autour de la social-écologie
L'ancien candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot considère mercredi dans Libération que la rupture avec LFI est "consommée" et appelle à rassembler le reste de la gauche "autour de la social-écologie".
Critique de la stratégie de la patronne des Écologistes Marine Tondelier, qui a appelé à des discussions à gauche "sans exclusive" pour tenter de s'unir en 2027, Yannick Jadot estime que "continuer à alimenter l'illusion d'une union de toute la gauche quand on la sait impossible, c’est la résignation à la victoire du pire".
"Le non-choix pour conserver une unité qui n'est plus que de façade est une impasse", martèle-t-il encore, à la veille de l'ouverture à Grenoble de l'université d'été de son parti.
Et alors que Marine Tondelier maintient toujours sa candidature, pour l'instant évaluée entre 3 et 5% dans les sondages, M. Jadot juge que "l'écologie politique n'est pas en capacité de porter la gauche, ou même une partie de la gauche. Je le regrette profondément".
Pour le sénateur, proche de la ligne social-démocrate du probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann, "le temps de la clarification est venu… Si certains veulent rejoindre Mélenchon, eh bien bon vent !", lance-t-il.
Yannick Jadot appelle les Écologistes à se "réinventer" et à "prendre acte que si nous avons raison sur les alertes climatiques, que si nous avons, du Parlement européen jusqu'aux communes, agi pour le climat, la biodiversité, la justice sociale, ça ne suffit pas électoralement".
Jugeant que "c'est le même diagnostic pour les sociaux-démocrates", le sénateur appelle à "produire une véritable hybridation intellectuelle et politique" avec eux.
Pour cela il annonce lancer une initiative, baptisée "Rassembler la social-écologie", qui ne sera "pas un nouveau parti politique", assure-t-il, mais "un rassemblement transpartisan, qui veut dépasser les appareils existants".
"Si nous ne sommes pas capables de créer le mouvement, la force politique, le rassemblement pour 2027 et au-delà, nous serons définitivement inutiles au regard de la menace de l'extrême droite", prévient-il encore, estimant qu'il y a "urgence à ce que l'écologie sorte de l'ambiguïté", "réaffirme ses valeurs" et travaille avec ceux "divers, même différents, qui ont les mêmes".
Et de prévenir: si les militants et la direction des Écologistes font au final le choix de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon, il partira "illico".
Promettant de soutenir "la meilleure candidature social-écologiste" qui sera sur la table, le sénateur dénonce le procès en droitisation envers Raphael Glucksmann, jugeant son discours "ancré à gauche, sans ambiguïté, et son engagement écologique indiscutable".
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