Crises et carburant: Macron reçoit les candidats à sa succession ou leur bras droit
Face à une "dégradation rapide" de la situation géopolitique et des prix du carburant "devenus insupportables", Emmanuel Macron reçoit vendredi les principaux candidats à la présidentielle ou leur bras droit pour une réunion confidentielle à l'Elysée.
Cette rencontre à huis clos, qui s'invite dans la campagne pour l'élection du printemps à laquelle le président sortant ne peut pas se représenter, est prévue à 10H30 dans la nouvelle salle de crise baptisée "Vega".
La candidate du Rassemblement national Marine Le Pen, favorite dans les sondages mais en déplacement sur le terrain, et celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, qui espère se qualifier pour le second tour, ont décidé de se faire représenter par leur chef de parti, respectivement Jordan Bardella et Manuel Bompard.
"Ce qu'il va dire est sûrement gesticulatoire pour faire croire qu'il fait quelque chose. Il n'est pas sérieux", évacue-t-on dans l'entourage du leader de la gauche radicale au sujet d'Emmanuel Macron, fustigeant cette "invitation du jour pour le lendemain".
Marine Le Pen a elle affirmé qu'en "règle générale", on n'apprenait "pas grand chose" dans ces réunions élyséennes. "C'est quand même la moindre des choses de tenir informés les différents mouvements politiques d'éléments qui seraient en sa possession", a-t-elle relativisé en marge d'un déplacement en Gironde.
Les autres principaux candidats seront présents, parfois au prix d'un changement de programme ou d'un déplacement écourté: Edouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains), Raphaël Glucksmann (Place publique), Olivier Faure (Parti socialiste), Marine Tondelier (Les Ecologistes) et Fabien Roussel (Parti communiste français).
D'autres chefs de partis représentés au Parlement français seront aussi là, comme les centristes François Bayrou (MoDem) et Hervé Marseille (UDI), ou l'allié du RN Eric Ciotti (UDR).
"Eclairer le débat"
"Face à la dégradation rapide ces derniers jours de la situation internationale", le président de la République veut évoquer "les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine et leurs conséquences en France sur la sécurité et l'énergie", a déclaré l'Elysée.
Il sera flanqué des chefs du renseignement, des autorités militaires et du directeur général de l'énergie, pour partager avec ceux qui ambitionnent de lui succéder aux manettes de l'Etat "des informations confidentielles dont seul le président dispose", explique une source au sein de l'exécutif.
Emmanuel Macron veut par cette réunion rappeler à l'opinion que la flambée des prix de l'essence est due à la situation internationale, alors qu'on estime dans son entourage que cette idée est moins présente qu'au printemps quand la guerre faisait rage en Iran.
Il veut aussi "éclairer le débat" de la campagne, glisse un conseiller, afin que les promesses des uns et des autres tiennent compte de la réalité et de la "complexité" de la situation.
Le chef de l'Etat veut enfin montrer son activisme, alors même que l'absence de majorité présidentielle au Parlement et l'approche de sa fin de mandat l'ont rendu moins audible.
Les blocages du détroit d'Ormuz, dans le Golfe, et plus récemment du détroit de Bab-el-Mandeb, en mer Rouge, "ont des conséquences directes sur notre quotidien", a rappelé Emmanuel Macron jeudi sur le réseau X.
"Les Français les subissent à la pompe, avec des prix devenus insupportables", a-t-il ajouté, au lendemain d'un appel à la "mobilisation" du gouvernement pour garantir l'approvisionnement en pétrole et faire baisser la pression sur les prix.
Au sommet de l'Etat, on surveille en effet avec une certaine appréhension la colère sociale face à cette inflation énergétique, et les appels à la mobilisation pour le mois d'octobre, en essayant de scruter les possibles ressemblances avec le mouvement des "gilets jaunes" qui avait terni, en 2018, le début de la présidence Macron.
La multiplication des attaques "hybrides" en Europe, imputées par les Européens à la Russie, sera aussi à l'ordre du jour de la rencontre.
Marine Le Pen a affirmé mercredi que la France ne pouvait plus aider l'Ukraine face à Moscou autant qu'elle l'a fait jusqu'ici, en raison des finances publiques dégradées du pays -- une position qui lui vaut les critiques de plusieurs candidats.
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