Blocus des lycées : la mobilisation s'amplifie, des tensions dans plusieurs villes
Paris, Lyon, Lille, Bordeaux... Les blocages aux abords de lycées se poursuivent mardi à travers la France, avec le soutien affiché de La France insoumise, un mouvement qui s'étend également à l'enseignement supérieur.
Né la semaine dernière en Île-de-France autour des questions de moyens, de remplacement des enseignants et d'emplois du temps ou encore de conditions insalubres, le mouvement a gagné de nombreuses villes lundi.
L'Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation représentative des lycéens, a appelé mardi à des blocages dans toute la France afin de faire converger la mobilisation des élèves avec celle des agents de la fonction publique.
"On a décidé d'appeler à la mobilisation parce qu'aujourd'hui, dans un établissement sur deux, on a des équipes d'AED (assistants d'éducation) où il manque 50% des effectifs, des établissements où il n'y a pas d'infirmière scolaire, où il n'y a pas d'assistante sociale, des établissements où il n'y a pas de profs de philo et de français pendant les années du bac", a expliqué mardi matin à l'AFP Ryad Rani président de l'USL, devant lycée Montebello de Lille, où les cours ont été suspendus pour la journée.
Dans le département du Nord, il y a eu "quatre interpellations depuis ce matin et 12 lycées concernés par les perturbations", a indiqué la préfecture à l'AFP en milieu de matinée, sans plus de détails à ce stade.
En Île-de-France, "75 établissements sont perturbés, dont 20 ont été le théâtre d'affrontements, de violences ou de dégradations", a indiqué à l'AFP la Région.
Selon elle, "les grilles de deux lycées ont cédé", à Gaspard-Monge à Savigny-sur-Orge (Essonne) et à Paul-Éluard à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), un établissement déjà fortement perturbé la veille.
Mardi, les pompiers sont intervenus pour éteindre un feu allumé au pied du portail. "Nous, enfants de la banlieue, on est abandonnés et délaissés", a déploré Victoire, 16 ans.
En région parisienne, le coût des dégradations est, à ce stade, estimé à 200.000 euros, selon la Région.
- "LFI, pompiers pyromanes"-
A Rennes, devant le lycée Brequigny, plus grand établissement d'enseignement secondaire de Bretagne, la situation était tendue avec une centaine de lycéens qui lançaient des projectiles sur l'établissement, a constaté un vidéaste de l'AFP sur place.
Selon une source policière, "ça se tend à Bréquigny, qui est complètement bloqué, tout comme le lycée Jean Macé".
"Tout ce qu'on demande, c'est des classes moins chargées, (…) une cantine plus saine, et un emploi de temps moins chargé", a expliqué Abdoulaye, 17 ans, devant le lycée Bréquigny.
A Marseille, les organisations lycéennes revendiquaient cinq établissements bloqués vers 10 heures, après la levée d'un blocage dans un lycée du 7e arrondissement plus tôt dans la matinée.
A Bordeaux, plusieurs centaines de lycéens ont bloqué l'entrée du lycée Magendie.
À Lyon et dans son agglomération, plusieurs établissements étaient perturbés. En fin de matinée, la préfecture du Rhône faisait état de sept interpellations. De nombreux tirs de mortiers d'artifice et jets de projectiles ont été recensés à l'encontre des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.
Selon la préfecture, 19 établissements étaient concernés par le mouvement, dont trois bloqués et fermés: un lycée, l'université Lyon-II à Bron et l'Institut d'études politiques de Lyon.
Le mouvement a, en effet, gagné l'enseignement supérieur, qui réclame également davantage de moyens dans les universités, selon l'Union étudiante. Outre les établissements lyonnais, les universités de Clermont-Ferrand et de Poitiers, Toulouse 2 et Toulouse 3 et Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq étaient bloquées mardi matin. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.
Le gouvernement a dénoncé lundi des "violences urbaines", avec 164 interpellations et 180 établissements concernés, le Premier ministre Sébastien Lecornu déplorant la "surenchère irresponsable" d'élus de LFI qui "appellent à étendre le mouvement".
"LFI, c'est les pompiers pyromanes", a également dénoncé mardi matin sur RMC Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France, en dénonçant une "instrumentalisation politique".
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a, de son côté, défendu sur France Inter le soutien de son parti à ces blocages. "Je trouve qu'on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne", a-t-il assuré.
"Quand on partage les revendications d'une mobilisation, c'est normal qu'on l'appuie, qu'on la soutienne et qu'on appelle à ce qu’elle s'amplifie", a-t-il estimé.
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