A quoi ressemblera la campagne présidentielle de Mélenchon ?
Fidèle à son animal totem, la tortue, Jean-Luc Mélenchon a lancé sa quatrième candidature présidentielle à un an de l'échéance, en espérant qu'elle infuse dans l'opinion publique. Et bénéficie d'une organisation bien rodée, qui a déjà fait ses preuves.
"Oui, nous aimons les campagnes électorales", ne cache pas le candidat septuagénaire. En particulier la présidentielle.
La France insoumise, mouvement jeune, créé en 2016, a fait de bons résultats aux échéances de 2017 (19,6%) et 2022 (22%) en se plaçant largement en tête à gauche mais sans jamais arriver au second tour.
Et aborde ce nouveau rendez-vous avec ses forces habituelles: un programme mis à jour, une organisation huilée, plus de 100.000 militants actifs et formés.
La méthode est éprouvée chez les Insoumis: commencer par mobiliser le premier cercle (le premier meeting de campagne sera ainsi à Saint-Denis) puis élargir progressivement pour toucher un plus large public.
La "Nouvelle France" et l'antifascisme, principaux marqueurs de la campagne des municipales comme l'avait été Gaza pour leurs européennes, ne seront ainsi pas les seules thématiques.
"On commence une campagne présidentielle en mettant notre base en mouvement. Mais l'objectif, c'est de parler au pays tout entier", explique à l'AFP le coordinateur du mouvement Manuel Bompard, pressenti pour reprendre sa casquette de directeur de campagne qu'il a coiffée à deux reprises.
La tonalité de Jean-Luc Mélenchon lors de son annonce de candidature dimanche soir sur TF1 était grave, le tribun insoumis mettant en avant les "menaces" d'une "guerre généralisée" et d'une "crise économique et sociale".
"Les services publics ne fonctionnent plus, la pauvreté a explosé, l'industrie est détruite et la voix de la France ne compte plus dans le monde... La nécessité de reconstruire la France face au chaos généralisé sera au coeur de notre campagne", confirme Manuel Bompard.
Opération "commando"
Sur le fond, la star de la campagne, promettent les Insoumis, sera leur programme, outil quasiment sanctifié dans l'écurie de gauche radicale.
"Le programme, rien que le programme mais tout le programme", avait ainsi lancé Jean-Luc Mélenchon dans une formule devenue célèbre au second tour des législatives 2024.
"On a beaucoup d'éléments programmatiques, on aura le temps de décliner les sujets jusqu'à l'élection, d'organiser des séquences thématiques. En septembre par exemple on sait qu'il y aura des coupes budgétaires dans le secteur de la culture", explique ainsi le député Hadrien Clouet, coresponsable avec sa collègue Clémence Guetté de l'aspect programmatique de La France insoumise.
Sur la forme, cette campagne devrait être plus collective que les dernières et le patriarche insoumis de 74 ans ne devrait pas s'afficher seul, mais entourés de ses lieutenants qui ont gagné en exposition médiatique et auprès du grand public ces dernières années (Manuel Bompard, Mathilde Panot, Clémence Guetté...).
"Nous sommes maintenant une équipe nombreuse et tout le monde le sait, on le voit. Et ce sera d'ailleurs la grande caractéristique de cette campagne. Cette équipe va se déployer partout", a-t-il promis dimanche soir sur TF1 en comparant son mouvement à "un commando".
"Tout ce que fait Jean-Luc, c'est avec une équipe. Il se préserve, il veille à ce qu'on soit présents avec lui, qu'on aille dans les médias... On réfléchit à plusieurs, plus qu'avant", confirme un cadre LFI.
Et, comme elle a pu le faire dans le passé avec les réseaux sociaux, des jeux vidéo ou les meetings en hologramme, La France insoumise sera à la recherche d'innovations technologiques dans sa communication, notamment pour être en résonance avec la culture populaire et toucher un public jeune.
La première conférence de presse du candidat Mélenchon, mercredi, sera ainsi réservée aux "nouveaux médias numériques". En grande partie des influenceurs de gauche qui décryptent l'actualité politique sur les réseaux sociaux.
C'est la troisième déclinaison de ce format en trois mois.
Les médias traditionnels, avec lesquels les relations de LFI sont souvent difficiles, notamment depuis la parution du livre-enquête "La Meute", n'y sont pas conviés.
■
Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote