A Blois, le patron du PS Olivier Faure sous pression
Le patron des socialistes, Olivier Faure, qui doit prononcer un discours au deuxième jour des journées d'été du PS, se retrouve sous pression alors qu'une partie de ses opposants socialistes a choisi de soutenir Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche.
Pressé par ses troupes de participer à cette primaire en vue de la présidentielle d'avril et mai, le député du Val-de-Marne ne se prononcera pas à Blois, préférant faire un discours d'unité du parti. Mais sa candidature est devenue un secret de Polichinelle.
Il a jusqu'au 15 septembre pour se déclarer, alors que déjà quatre candidats sont sur les rangs, dont le leader de Place publique Raphaël Glucksmann, considéré comme le favori, et arrivé à Blois vendredi sous les applaudissements.
Mais en fin tacticien, le chef socialiste s'est imposé en douceur dans le point presse de son futur rival, histoire de montrer qu'il ne faut pas penser faire sans lui.
Reste que l'eurodéputé, qui a annoncé sa candidature dimanche, est pour le moment crédité de 10 à 15%, alors qu'Olivier Faure reste cantonné, quand il est testé, autour de 5%.
Fait notable, il n'a pas été invité au débat du Medef jeudi à Rolland-Garros, où sept candidats à la présidentielle, dont Raphaël Glucksmann, se sont affrontés.
"L'une des raisons pour lesquelles Raphaël Glucksmann est celui qui, aux yeux des Français, incarne notre famille politique, c'est parce que tout le monde a pu croire qu'il était déjà le candidat désigné. Et donc il totalise ce qu'est en fait l'espérance d'un candidat socialiste", remarque un proche du premier secrétaire.
Mais le patron socialiste risque gros dans un duel avec Raphaël Glucksmann, qui a le soutien de plusieurs de ses opposants, comme la présidente d'Occitanie Carole Delga, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, ou l'édile de Montpellier Michael Delafosse.
Surtout, l'eurodéputé a obtenu le renfort du chef des députés socialistes Boris Vallaud.
"pas dans le match "
Pour un opposant à Faure, "c'est mathématique, il ne peut pas gagner". Il se réfère au fait que celui qui est à la tête du parti depuis 2018 a été mis en minorité dans son parti pour la première fois en juin dernier, lors d'un vote des militants sur l'organisation de la primaire.
Olivier Faure plaidait pour une primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche moyennant une somme de 2 euros, mais les militants ont préféré une primaire "fermée" entre le PS et Place publique, accessible via une adhésion à 15 euros.
"Faure n'est pas dans le match, je ne le vois pas gagner", abonde l'eurodéputé François Kalfon.
"Il est chef du parti depuis huit ans. S'il était vu comme un possible candidat à la présidentielle, ça se saurait", tacle un proche de Boris Vallaud.
Mais "Raphaël Glucksmann nous a aussi habitué à des trous d'air", ironise un proche d'Olivier Faure.
Et l'entourage du premier secrétaire souligne que la primaire peut convaincre des adhérents supplémentaires, et notamment ceux qui croient encore à l'union de la gauche et des Ecologistes.
C'est d'ailleurs sur cette ligne que devrait se positionner le patron socialiste: sa proximité avec les Ecologistes et sa patronne Marine Tondelier, alors que Raphaël Glucksmann fait pour l'heure office d'épouvantail pour une large part des militants verts, malgré le ralliement de Yannick Jadot.
"Je suis en dialogue permanent avec Marine Tondelier et la direction des Verts et nous continuons à chercher ensemble une voie qui permettra, à un moment, de se retrouver", a expliqué Olivier Faure dans Libération.
Avant d'aller voir si l'herbe est plus verte du côté des insoumis, Marine Tondelier va attendre de connaître l'issue de la primaire social-démocrate, estime un proche d'Olivier Faure.
En cas d'échec à la primaire, certains de ses opposants font déjà monter la petite musique d'une démission.
"Jamais de la vie. Il ira jusqu'au bout de son mandat", rétorque un élu local.
L'entourage du premier secrétaire s'indigne: "C'est quand même extraordinaire de voir que des gens qui sont revenus à la vie politique grâce aux options qu'il a prises (en faisant par deux fois l'union de la gauche, ndlr), sont les premiers à vouloir son départ".
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