Wall Street : timide hausse malgré Apple
Les principaux indices se redressent légèrement
La place américaine tente de se redresser ce vendredi, alors que Donald Trump a rassuré à moitié concernant l'Iran et que les débats se poursuivent concernant les perspectives de revenus d'OpenAI. Le Nasdaq se reprend de 0,53% à 27.336 pts, alors que le S&P 500 avance de 0,40% à 7.796 pts. Le DJIA gagne 0,38% à 51.453 pts. Hier, la cote US avait été chahutée suite aux informations du Financial Times faisant état de revenus décevants de l'une des deux stars de l'IA, OpenAI, créateur de ChatGPT.
Notons que les publications financières trimestrielles débutent la semaine prochaine à Wall Street, avec à l'honneur le compartiment bancaire et financier au sens large. JPMorgan Chase, UnitedHealth, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo, publient dès mardi. Bank of America, Morgan Stanley, State Street et BlackRock prendront le relais mercredi. ASML (mercredi) et TSMC (jeudi) seront les premières 'stars' technologiques de la saison.
Les cours du pétrole se détendent un peu aujourd'hui suite aux derniers commentaires de Trump. Le baril de brut WTI se stabilise à 91,6$ sur le contrat de novembre, tandis que le Brent de la mer du Nord évolue vers les 104$. Trump a affirmé jeudi que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, précisant que Washington menait des discussions "productives" avec Téhéran. "Nous n'attaquerons pas l'Iran à un quelconque moment avant les élections de mi-mandat", a-t-il écrit sur Truth Social, évoquant des échanges avec la République islamique.
Le président américain a toutefois indiqué que le blocus des ports iraniens serait maintenu, tout en assurant que le pétrole continuait de circuler dans le détroit d'Ormuz. Or, selon des sources spécialisées dans la sécurité maritime, les attaques visant des pétroliers dans cette zone ont atteint la semaine dernière leur plus haut niveau hebdomadaire depuis le début du conflit, déclenché en février par les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Téhéran a de facto bloqué le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour l'approvisionnement énergétique mondial. De leur côté, les Houthis yéménites, alliés de l'Iran, ont récemment resserré leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, autre route majeure pour les exportations de pétrole.
L'once d'or fin progresse de 1,2% à 4.185$. L'indice dollar gagne 0,1% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin évolue vers les 83.000$. Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'affiche à 5,27% contre 5,64% sur le '30 ans', deux mesures toujours proches de sommets de deux décennies.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire de la Fed le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC, se situe à 80,6%, contre 19,4% de 'proba' d'une hausse de taux d'un quart de point. Christopher Waller, Neel Kashkari et Alberto Musalem de la Fed prenaient la parole hier. Le gouverneur Waller a jugé que les prochaines hausses de taux ne devraient pas forcément avoir lieu lors de réunions consécutives. Il indique que d'autres hausses sont bien nécessaires face à une inflation élevée depuis cinq ans et demi, mais que leur rythme pourra être flexible. Musalem, patron de la Fed de St. Louis, voit aussi des hausses de taux dans les six à neuf prochains mois.
L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'octobre 2026, annoncé ce vendredi, s'est établi à 46,3, contre 48 de consensus et 48,1 pour la lecture finale de septembre. La mesure des anticipations d'inflation à un an rattaché à cet indicateur s'affiche à 4,7% contre 4,6% auparavant.
Sur le segment de l'IA, OpenAI à l'origine de ChatGPT, a entraîné une chute des valeurs de la tech jeudi, alors que la start up qui prépare son introduction à la bourse New York n'enregistrerait actuellement qu'un chiffre d'affaires annualisé de 50 milliards de dollars, bien inférieurs aux projections récentes de quelque 70 milliards de dollars, d'après une présentation à des investisseurs révélée par le Financial Times. Cet écart repose sur des méthodes de comparaison d'analystes avec sa concurrente Anthropic. Selon le FT, cette dernière compte dans ses revenus les ventes de ses partenaires Amazon Web Services et Google Cloud. La reprise d'un périmètre comparable pour la firme de Sam Altman aurait abouti à une première estimation de 40 milliards de dollars de revenus annualisés en août pour OpenAI, sur le fondement de laquelle un deuxième chiffre de 70 milliards de dollars aurait été calculé en septembre sur la base d'une communication d'une croissance de 70%... Ce revers a plombé les valeurs technologiques hier à Wall Street.
Bloomberg a nuancé le propos, indiquant qu'OpenAI s'attendrait à atteindre ou dépasser les 70 milliards de dollars de chiffre d'affaires annualisé d'ici la fin de l'année. La progression serait largement portée par la croissance de son activité auprès des entreprises. Le chiffre d'affaires annualisé du créateur de ChatGPT s'élevait à environ 50 milliards de dollars fin septembre, ont précisé les sources de Bloomberg. Ce niveau correspond à une projection des ventes annuelles d'OpenAI basée sur une période plus courte. L'entreprise a communiqué ces données aux investisseurs dans le cadre des discussions relatives à sa dernière levée de fonds, ont indiqué ces personnes ayant requis l'anonymat pour évoquer des informations confidentielles.
OpenAI chercherait selon Bloomberg à lever 30 milliards de dollars, notamment auprès des Émirats arabes unis et de BlackRock. Selon l'agence, des fonds des Émirats arabes unis pourraient contribuer à hauteur de 10 milliards de dollars à la dernière levée de fonds du créateur de ChatGPT, qui serait en pourparlers avec des fonds d'investissement des Émirats, dont MGX (basé à Abou Dabi), pour jouer un rôle clé dans un nouveau tour de table. Les fonds émiratis auraient discuté d'un investissement collectif pouvant atteindre 10 milliards de dollars, envisageant de former un syndicat pour ce tour de table, Bloomberg citant à ce sujet des sources proches du dossier. BlackRock serait également en pourparlers pour participer, tandis que les investisseurs actuels, Thrive Capital et Andreessen Horowitz, auraient envisagé d'investir. Le processus de levée de fonds est en cours et les conditions pourraient évoluer, indique Bloomberg. OpenAI chercherait à lever ces fonds sur la base d'une valorisation d'environ 1.400 milliards de dollars avant l'apport de nouveaux capitaux.
SpaceX voudrait aussi lever la bagatelle de 40 milliards de dollars afin de passer une commande massive en puces d'IA Nvidia... Broadcom, qui vient de lancer un financement par emprunt de 60 milliards de dollars destiné à soutenir le développement des capacités d'intelligence artificielle d'Anthropic PBC, élaborerait déjà selon Bloomberg les plans de sa prochaine opération majeure. L'entreprise aurait entamé des discussions préliminaires pour organiser un financement visant à aider OpenAI à acquérir la puce d'intelligence artificielle sur mesure que les deux sociétés développent conjointement, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Les premières discussions suggèrent que les deux parties pourraient chercher à lever environ 30 milliards de dollars de dette pour cette nouvelle étape, a indiqué l'une des sources de l'agence. Le Wall Street Journal estime même que Broadcom chercherait à amasser plus de 50 milliards de dollars de financement pour la puce co-développée. Ce même WSJ précise qu'Oracle serait en pourparlers avec Apollo et Goldman Sachs à propos d'une importante acquisition de puces.
Enfin, selon Axios, les hauts dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI et d'autres entreprises d'IA envisageraient en privé des scénarios de révolte populaire et politique à la suite d'un événement catastrophique lié à l'IA... Belle époque.
Les valeurs
Delta Air Lines (-2%). La compagnie aérienne américaine a affiché au 3e trimestre un bénéfice inférieur aux attentes, abaissant par ailleurs ses prévisions sur fond de flambée des prix du carburant. Pour le 3e trimestre fiscal, le groupe a affiché des revenus ajustés de 17,6 milliards de dollars, légèrement inférieurs au consensus et en croissance de 16% en glissement annuel. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,72$, contre 1,82$ de consensus. Le bénéfice net ajusté a représenté pour sa part 1,13 milliard de dollars contre 1,23 milliard de consensus. Le 3e trimestre a été plombé par des coûts accrus de carburant à hauteur de 500 millions de dollars environ en comparaison de la guidance de juillet. La facture totale atteint 4,1 milliards sur le trimestre, en croissance de 62%. Le cash flow opérationnel a atteint 1,7 milliard de dollars.
En termes de perspectives, le groupe vise désormais un bénéfice ajusté annuel par action allant de 5,10 à 5,60$, contre 6,50 à 7,50$ précédemment. Le free cash flow est attendu maintenant à 2,5 milliards de dollars, contre 3 à 4 milliards précédemment. Le groupe prévoit de rembourser plus de 2 milliards de dollars de dette en 2026. "Pour l'ensemble de l'exercice, nous prévoyons de dégager un bénéfice avant impôts d'environ 4,5 milliards de dollars, tout en absorbant une hausse de 6 milliards de dollars des coûts du carburant", a déclaré le DG Ed Bastian. "Pour la suite, nous restons concentrés sur une croissance rentable et sur le respect de notre cadre financier à long terme, qui prévoit notamment des marges et des niveaux de rentabilité situés dans la fourchette moyenne voisine des 15%, un flux de trésorerie disponible pérenne ainsi qu'un levier financier brut d'environ une fois l'EBITDA".
AT&T abandonne 6,4% à Wall Street, tandis que Verizon perd 5,9% et T-Mobile US 9,9% ! SpaceX (+1,6%) a annoncé en effet hier soir l'acquisition d'un portefeuille national de fréquences basses. Cette opération positionne Starlink, l'entreprise de satellites d'Elon Musk, en concurrence directe avec les géants historiques des télécommunications sans fil aux États-Unis, ce qui explique le mouvement sectoriel attendu ce jour en bourse. Wall Street s'inquiétait déjà de voir Starlink perturber les opérateurs sans fil historiques en devenant un concurrent direct sur le marché de la téléphonie mobile.
Grâce à l'acquisition de fréquences terrestres et au déploiement de satellites de pointe, SpaceX a préparé le terrain pour éventuellement lancer son propre réseau cellulaire autonome, en complément de ses capacités de connectivité directe. Un mouvement stratégique qui menace donc les opérateurs traditionnels sur plusieurs segments, comme les services aux entreprises, abonnements ruraux et revenus d'itinérance internationale.
Apple perd 2% à Wall Street, alors que le groupe californien à la pomme aurait demandé à certains fournisseurs de réduire la production de composants pour ses modèles iPhone 18 Pro et Pro Max récemment lancés. C'est du moins ce que rapporte 'Nikkei Asia', citant des sources proches du dossier. Ainsi, le groupe de Cupertino aurait adopté une approche plus prudente concernant les livraisons depuis le début du mois de septembre, les commandes de composants pour octobre ayant été réduites de 15 à 20% par rapport aux prévisions initiales d'après le Nikkei.
Ces réductions interviendraient dans un contexte de demande inférieure aux attentes pour la nouvelle gamme d'iPhone, alors que la flambée des prix des puces mémoire et composants a entraîné des hausses de tarifs. Toutefois, le Nikkei précise que ce recul de la demande de composants pourrait également s'expliquer par la modification du calendrier de lancement de la série 18. Apple a lancé en premier ses appareils haut de gamme (18 Pro, Pro Max et iPhone Duo) en septembre, et lancera son iPhone 18 standard ainsi qu'un iPhone Air amélioré au début de l'année prochaine. Le modèle d'iPhone standard avait gagné en popularité l'an dernier au sein de la gamme iPhone 17 et pourrait générer davantage de ventes.
Tesla (+3,4%), le constructeur texan de véhicules électriques, a enregistré une hausse de 5% sur un an de ses ventes de véhicules électriques fabriqués en Chine en septembre, après une hausse de 3,6% observée en août, et ce alors que la demande sur les marchés européens se redresse. Les livraisons de Model 3 et Y fabriqués dans l'usine Tesla de Shanghai ont atteint 95.366 unités au cours du mois de septembre selon les données publiées ce vendredi par la China Passenger Car Association (CPCA).
Septembre a été le onzième mois consécutif de croissance annuelle des ventes de véhicules Tesla produits à Shanghai, malgré la rude concurrence sur le segment VE. La performance de Tesla en septembre a coïncidé avec une reprise sur plusieurs marchés européens. Au troisième trimestre, les ventes de véhicules électriques Tesla fabriqués à Shanghai ont progressé de 13,7% en glissement annuel, selon des calculs de l'agence Reuters basés sur les données CPCA. Cette croissance contraste avec la performance globale des livraisons de Tesla, qui a enregistré un recul de 2,1% sur un an au cours du trimestre. Par ailleurs, Tesla continue de recourir à des mesures incitatives en Chine.
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