Wall Street tente un rebond, malgré l'incertitude totale concernant l'Iran
Audacieux ?
Wall Street s'affirme plus nettement dans le vert désormais avant bourse, tentant un rebond alors que les indices Nasdaq et Dow Jones étaient entrés la semaine dernière en territoire de correction en perdant plus de 10% sur leurs sommets. La cacophonie générale concernant les supposées négociations relatives à l'Iran incite à la prudence, mais les indices DJIA, S&P 500 et Nasdaq parviennent maintenant à reprendre solidairement environ 0,8% avant bourse.
La journée s'annonce quoi qu'il en soit particulièrement mouvementée, alors que les marchés craignent une intervention au sol en Iran. Le conflit entre dans sa cinquième semaine et l'Amérique déploie ses forces, des troupes supplémentaires arrivant au Moyen-Orient - tandis que des militants houthis soutenus par l'Iran au Yémen entrent aussi dans l'équation. Trump évoque pourtant un très bon déroulement des négociations et laisse toujours planer l'espoir d'un cessez-le-feu - sans pour autant abandonner son ton menaçant. La semaine promet donc d'être courte mais intense sur les marchés américains, Wall Street étant fermé vendredi pour le 'Good Friday'.
Les indices américains s'affichent un peu plus nettement dans le vert avant bourse ce lundi, alors que Donald Trump entretient sur son réseau Truth Social l'espoir d'un accord - sans pour autant abandonner ses menaces -, avec ce nouveau message : "Les États-Unis d'Amérique sont en pourparlers sérieux avec un nouveau régime, plus raisonnable, afin de mettre fin à nos opérations militaires en Iran. Des progrès considérables ont été réalisés, mais si, pour une raison ou une autre, un accord n'est pas conclu rapidement - ce qui est fort probable -, et si le détroit d'Ormuz n'est pas immédiatement rouvert, nous mettrons un terme à notre 'séjour' en Iran en détruisant complètement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg (et peut-être aussi toutes les usines de dessalement !), que nous avons délibérément épargnées jusqu'à présent. Ce sera une vengeance pour nos nombreux soldats et autres victimes du massacre perpétré par l'Iran durant les 47 années de règne de la terreur de l'ancien régime".
Trump a précédemment déclaré au FT vouloir "s'emparer du pétrole iranien" et indiqué qu'il pourrait s'emparer du centre d'exportation de l'île de Kharg, alors que les États-Unis déploient des milliers de soldats au Moyen-Orient. Le président américain a confié au Financial Times hier que "sa préférence serait de s'emparer du pétrole", comparant cette éventuelle action à celle menée au Venezuela, où les États-Unis entendent contrôler l'industrie pétrolière "indéfiniment" après la capture du dirigeant Nicolás Maduro en janvier. Trump a lancé : "Franchement, ce que je préfère, c'est m'emparer du pétrole iranien, mais certains idiots aux États-Unis se demandent : 'Pourquoi faites-vous ça ?' Mais ce sont des idiots".
Une telle opération impliquerait la prise de contrôle de l'île de Kharg, par laquelle transite la majeure partie du pétrole iranien, explique encore le FT, constatant que Trump a renforcé les forces américaines dans la région, le Pentagone ayant ordonné le déploiement de 10.000 soldats entraînés à la conquête et au contrôle de territoires. Environ 3.500 soldats sont arrivés dans la région vendredi, dont près de 2.200 marines, et 2.200 autres marines sont en route, tandis que des milliers de soldats de la 82e division aéroportée ont également reçu l'ordre de se rendre dans la région, recense le Financial Times.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, vient quant à lui d'indiquer qu'il n'y avait pas de pourparlers directs mais seulement des messages avec des intermédiaires. Il ajoute une fois encore que les propositions transmises à l'Iran ont été en grande partie irréalistes, déraisonnables et excessives...
Le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Aref, a déclaré pour sa part que des négociations sur le détroit d'Ormuz n'auraient lieu que si les adversaires s'engageaient à ne pas envahir le pays et reconnaissaient les droits internationaux de l'Iran. Il a ajouté que les adversaires de l'Iran "suppliaient" désormais pour des discussions après que cette voie maritime a été de facto fermée à la navigation commerciale...
Parmi les éléments plus positifs, le Pakistan pourrait accueillir bientôt des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, a déclaré son ministre des Affaires étrangères cité par le 'Guardian', alors que des diplomates de haut rang du Pakistan, d'Arabie saoudite, de Turquie et d'Égypte se sont réunis à Islamabad pour discuter des moyens de désamorcer la guerre.
Par ailleurs, le Parlement iranien envisagerait un retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, selon le Times de Téhéran, citant le ministre iranien des Affaires étrangères.
Trump a déclaré selon Bloomberg que l'Iran avait accédé à la plupart des 15 exigences formulées par les États-Unis pour mettre fin à la guerre, alors même que l'on ignore encore si des négociations sont en cours. "Ils nous ont accordé la plupart des points. Pourquoi ne l'auraient-ils pas fait ?", a-t-il déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche. "Nous allons formuler quelques demandes supplémentaires". Il a refusé de préciser la nature des concessions iraniennes, note Bloomberg.
Bloomberg note que publiquement, l'Iran a rejeté la liste de 15 conditions de cessez-le-feu proposée par les États-Unis et transmise par l'administration Trump via des intermédiaires au Pakistan. Le pays a répliqué en formulant cinq conditions, dont le maintien de sa souveraineté sur le détroit d'Ormuz.
Trump a déclaré que la guerre prendrait fin bientôt, alors que Bloomberg juge que les répercussions économiques risquent de se transformer en handicap politique pour son parti républicain à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.
Selon le Washington Post samedi, le Pentagone se préparerait à plusieurs semaines d'opérations au sol en Iran, mais l'approbation de ce plan par le président américain resterait incertaine... Trump envisagerait aussi une opération militaire pour extraire près de 1.000 livres d'uranium d'Iran, rapporte le Wall Street Journal, évoquant une potentielle "mission risquée qui placerait probablement des forces américaines à l'intérieur du pays pendant des jours ou plus".
Sur le front économique aux USA cette semaine, les opérateurs suivront ce lundi l'indice manufacturier de la Fed de Dallas et l'intervention du patron de la Fed, Jerome Powell.
Demain, les indices des prix des maisons S&P Case-Shiller et FHFA, le PMI de Chicago et l'indice de confiance du Conference Board, ainsi que le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes, seront surveillés. Mercredi, le rapport d'ADP sur l'emploi privé, les ventes de détail, le PMI manufacturier final, l'ISM manufacturier et le rapport sur les stocks pétroliers domestiques seront au programme. Jeudi, les investisseurs suivront l'étude Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements, la balance du commerce international des biens et services, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, le rapport gouvernemental mensuel sur l'emploi et le PMI composite final seront annoncés vendredi.
Les cours du brut restent en hausse pour l'heure ce lundi, le baril de brut WTI prenant 1,3% à 100,9$ et le Brent de la mer du Nord gagnant 1,9% à 107,3$.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Nike (après bourse), McCormick, PVH et FactSet, publient leurs comptes demain. ConAgra, Cal-Maine et Lamb Weston annoncent mercredi.
Les valeurs
Sysco, le géant américain de la distribution alimentaire, a annoncé son intention d'acquérir Jetro Restaurant Depot pour 29 milliards de dollars ! Une opération majeure pour le groupe, qui pèse quant à lui 39 milliards de dollars sur les cours de clôture de vendredi. Sysco perd 10% avant bourse à Wall Street sur cette année.
Cette transaction réunit deux leaders complémentaires du secteur de la restauration hors domicile pour créer une plateforme de distribution alimentaire multicanale de premier plan aux États-Unis, indique Sysco. L'opération devrait avoir un effet relutif immédiat sur les marges, le bénéfice par action et le flux de trésorerie disponible, et générer des synergies. La nouvelle entité sera plus rentable et offrira davantage de valeur aux actionnaires, estime le groupe.
Sysco et Jetro Restaurant Depot, premier grossiste alimentaire Cash & Carry du pays, ont donc signé un accord définitif en vertu duquel Sysco fera l'acquisition de Jetro Restaurant. Le deal permettra à Sysco d'entrer sur le marché du Cash & Carry, secteur à forte marge, en pleine croissance et résilient. Aux termes de l'accord, les actionnaires de Jetro recevront 21,6 milliards de dollars en numéraire et 91,5 millions d'actions Sysco. Sur la base du cours de clôture de l'action Sysco, à 81,80$ le 27 mars, cela représente une valeur d'entreprise totale de 29,1 milliards de dollars, soit 14,6 fois le résultat d'exploitation de Jetro Restaurant Depot.
Sysco prévoit de financer la partie en numéraire de l'opération par un emprunt de 21 milliards de dollars (nouvelle dette et dette hybride) et par un apport de 1 milliard de dollars en trésorerie disponible, en actions ou en titres liés à des actions. À la clôture de l'opération, Sysco émettra environ 19,1% de ses actions en circulation au profit des actionnaires de Jetro, qui devraient détenir environ 16% du capital social de Sysco. L'opération a été approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration de Sysco et Jetro. Sa finalisation est prévue d'ici le troisième trimestre de l'exercice 2027 de Sysco, sous réserve de la réalisation des conditions suspensives habituelles.
Parmi les autres valeurs surveillées à Wall Street, Nvidia gagne 1% en pré-séance, Micron près de 3% et Broadcom 1%. Les 'Magnificent 7' les plus malmenées se redressent. Meta remonte de 1,3% avant bourse, Microsoft de 1% et Tesla de 0,9%. Alphabet et Apple affichent des gains marginaux, tout comme Amazon. ExxonMobil est attendu en légère hausse sur ses sommets historiques.
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