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Wall Street : S&P et Nasdaq se redressent

| Boursier | 260 | Aucun vote sur cette news

En attendant les publications trimestrielles des grandes entreprises technologiques

Wall Street : S&P et Nasdaq se redressent
Credits Reuters

Wall Street est attendu dans le vert avant bourse, poursuivant sur sa lancée de la veille après avoir bénéficié notamment hier soir des progressions de TSMC et BlackRock. Le S&P 500 reprend encore 0,2% en pré-séance ce jour non loin des records, alors que le Nasdaq gagne 0,4%. Le Dow Jones est proche de la stabilité. Au terme d'une semaine plutôt volatile, marquée par des craintes géopolitiques, celles relatives à l'indépendance de la Fed, ainsi que le début de la saison des résultats d'entreprises, la cote américaine semble donc faire preuve de résilience.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI s'accorde 1,2% à 59,9$. L'once d'or fin régresse de 0,4% à 4.599$. L'indice dollar fléchit de 0,1% face à un panier de devises de référence. Le bitcoin se maintient autour des 95.000$.

Ce vendredi, les chiffres de la production industrielle américaine (15h15, consensus +0,1% en décembre) et l'indice du marché immobilier de la NAHB (16 heures, consensus 40 en janvier) seront connus, tandis que Michelle Bowman, Susan Collins et Philip Jefferson de la Fed donneront leurs avis.

Les dernières attaques visant le président de la Fed, Jerome Powell, ont suscité l'émoi. Ainsi, plusieurs anciens dirigeants de la Réserve fédérale, secrétaires au Trésor et économistes ont réagi, suite aux menaces de poursuites pénales proférées par le ministère de la Justice. L'enquête pénale annoncée visant le président de la Fed constitue "une tentative sans précédent d'instrumentaliser les poursuites judiciaires pour saper l'indépendance de la banque centrale", selon un communiqué signé par les anciens présidents de la Fed, Janet Yellen, Ben Bernanke et Alan Greenspan, ainsi que par quatre anciens secrétaires au Trésor ayant servi sous des présidents républicains aussi bien que démocrates. Le directeur général de JPMorgan Chase, Jamie Dimon, a lui aussi exprimé ses préoccupations. "Tout le monde que nous connaissons croit à l'indépendance de la Fed", a-t-il expliqué mardi, après la publication des résultats trimestriels de la banque, jugeant que "tout ce qui affaiblit ce principe n'est probablement pas une bonne idée".

Trump a de nouveau pris pour cible mardi le président de la Fed. "Cet abruti sera bientôt parti", a-t-il affirmé lors d'un déplacement dans le Michigan, devant le Detroit Economic Club. Ces déclarations faisaient suite à d'autres critiques formulées plus tôt dans la journée à Washington. Interrogé devant la Maison Blanche sur l'impact d'une enquête visant Powell, Trump a accusé ce dernier d'être soit "incompétent", soit "corrompu". Le président républicain faisait référence aux dépassements de coûts liés à rénovation du siège de la Fed, un chantier de plusieurs milliards au coeur de la procédure menée par le département de Justice. "Il dépasse le budget de plusieurs milliards de dollars", a déclaré le locataire de la Maison Blanche, avant d'ajouter : "Je ne sais pas ce qu'il est, mais il ne fait certainement pas du très bon travail". Le président reproche également à la Fed de maintenir des taux d'intérêt trop élevés, freinant selon lui la croissance économique.

Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un statu quo monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed le 28 janvier se situe à 95%. La 'proba' la plus élevée pour la fin de l'année 2026 (32,5%) se situe dans une fourchette de 3 à 3,25% sur les taux, ce qui traduirait une baisse de taux d'un demi-point. Le nom du successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed pourrait bien être dévoilé dans les prochains jours par Donald Trump. La décision serait révélée avant ou après le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, programmé du 19 au 23 janvier. "Nous en sommes toujours à quatre candidats", a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent il y a quelques jours. Les candidats retenus sont, rappelons-le, le président du Conseil économique national américain Kevin Hassett, l'ancien membre du conseil des gouverneurs Kevin Warsh, le directeur des investissements 'fixed income' de BlackRock, Rick Rieder, et le gouverneur Christopher Waller. Le mandat de Powell prend fin en mai 2026. Trump a aussi déclaré cette semaine qu'il ne prévoyait pas de limoger Jerome Powell, ajoutant qu'il serait trop tôt pour dire ce qu'il ferait.

Thomas Barkin, Michael Barr, Jeffrey Schmid et Raphael Bostic de la Fed intervenaient hier. L'enquête du ministère de la Justice visant le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, est "une atteinte à l'indépendance de la Fed", a déclaré le gouverneur Michael Barr. Bostic a confirmé quant à lui ses propos de la veille à propos de la nécessité d'une politique monétaire restrictive dans un contexte d'inflation encore trop élevée. Il a aussi noté que l'indépendance de la Fed donnait "la capacité d'être patient". Schmid, président de la Fed de Kansas City, a estimé qu'il y avait un risque qu'une baisse des taux fasse plus de mal sur le front de l'inflation que de bien en matière d'emploi. Il juge que les taux devraient rester à un niveau faisant pression sur l'économie de manière à apaiser encore l'inflation.

Les États-Unis et Taïwan ont conclu hier un accord commercial prévoyant un investissement de 250 milliards de dollars de la part d'entreprises taïwanaises afin de dynamiser la production de semi-conducteurs, d'énergie et d'intelligence artificielle aux États-Unis. Le "deal" inclut un engagement de 100 milliards de dollars déjà pris par le géant des semi-conducteurs TSMC en 2025, et d'autres investissements sont à venir, selon le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick. TSMC, premier fabricant mondial de puces sous contrat, a évoqué hier son intention d'accroître ses capacités de production aux États-Unis lors de sa conférence téléphonique sur les résultats, sans toutefois préciser la nature des investissements supplémentaires au-delà des 165 milliards de dollars déjà engagés.

Sur le front géopolitique, outre le Venezuela et le Groenland, c'est donc l'Iran qui préoccupe désormais. Trump a déclaré que la figure de l'opposition iranienne Reza Pahlavi lui semblait très sympathique, tout en exprimant des doutes quant sa capacité à rassembler pour prendre le pouvoir. Dans une interview accordée à Reuters dans le Bureau ovale, le président américain s'est exprimé sur l'Iran, le conflit ukrainien et l'enquête visant Powell. Concernant l'Iran, il a estimé qu'il existait une possibilité de voir le régime s'effondrer. Trump a menacé plusieurs fois d'intervenir pour soutenir les manifestants, suite à la récente répression sanglante, mais il s'est donc montré réticent hier à soutenir Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran renversé en 1979 qui essaie de s'imposer en leader de la contestation... "Un manifestant iranien ne sera plus condamné à mort suite aux avertissements du président Trump. Il en va de même pour d'autres", a relevé Trump sur Truth Social, citant Fox News et ajoutant : "C'est une bonne nouvelle. Espérons que cela continue !". Le rétropédalage du président américain sur l'Iran a surpris les marchés, alors qu'une intervention semblait imminente plus tôt cette semaine. Trump juge maintenant que les tueries auraient "pris fin"... Le président russe Vladimir Poutine a pour sa part échangé ce jour séparément avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, alors que Moscou pourrait tenter selon Reuters de jouer les médiateurs dans la région.

Concernant le Groenland, des soldats français et allemands se sont rendus sur l'île dans le cadre d'exercices décidés par le Danemark et ses alliés visant à rassurer Trump sur la sécurité des États-Unis, alors que le président américain maintient que les USA doivent prendre le contrôle de ce territoire arctique. Pendant ce temps, les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland ont rencontré J.D. Vance et le Secrétaire d'État Marco Rubio à la Maison Blanche. Une délégation bipartisane de membres du Congrès US est par ailleurs en visite à Copenhague ce vendredi et entend affirmer son soutien au Danemark et au Groenland. Cette délégation américaine de 11 membres est dirigée par le sénateur démocrate Chris Coons et doit rencontrer selon Reuters la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen.

En matière budgétaire, le Congrès américain devrait éviter selon Bloomberg une nouvelle paralysie des services publics ce mois-ci en adoptant des projets de loi de compromis qui atténueraient les coupes budgétaires souhaitées par l'administration Trump. L'agence cite des républicains et des démocrates impliqués dans le processus. Cela permettrait d'éviter une nouvelle paralysie des services publics comme celle de 2025, qui avait perturbé les services et les données gouvernementales pendant 43 jours, un record.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, J.B. Hunt publiait ses derniers comptes hier soir après bourse. PNC, State Street, M&T Bank, Wipro ou Regions Financial, annoncent ce jour. Les annonces de résultats vont s'accélérer la semaine prochaine avec dès mardi les chiffres de Netflix, 3M, US Bancorp, Fastenal, DR Horton, United Airlines, Fifth Third Bancorp, Interactive Brokers et KeyCorp, puis mercredi Johnson & Johnson, Charles Schwab, Prologis, Truist Financial, Kinder Morgan, The Travelers Companies, Halliburton (...). Procter & Gamble, GE Aerospace, Abbott, Intel, Intuitive Surgical, Capital One Financial, Freeport-McMoran ou CSX annonceront jeudi...

Les valeurs

JB Hunt, géant américain du transport de marchandises, perdait 5% après bourse à Wall Street hier soir. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice net de 181 millions de dollars et un bénéfice par action de 1,90$ (+24%), au-dessus du consensus de place, pour des revenus de 3,10 milliards de dollars (-2%) quant à eux un peu courts. Sur l'exercice, le bénéfice net s'est établi à 598 millions de dollars pour des revenus d'environ 12 milliards de dollars (-1%). "Notre équipe a terminé l'année avec un autre trimestre d'excellentes performances opérationnelles et de solides résultats financiers", a déclaré Shelley Simpson, directrice générale.

PNC Financial Services, la banque régionale américaine, a publié ce vendredi pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net consolidé de plus de 2 milliards de dollars ou 4,88$ par titre, pour des revenus totalisant 6,07 milliards de dollars. Le consensus était de 4,21$ de bénéfice ajusté par action et 5,95 milliards de dollars de revenus sur le trimestre clos. Sur la période correspondante, l'an dernier, le bénéfice net se situait à 1,82 milliard de dollars et les revenus ressortaient à 5,91 milliards de dollars. Le revenu net d'intérêt sur le trimestre clos a représenté 3,73 milliards de dollars contre 3,65 milliards sur la période comparable, un an avant. Pour l'exercice 2025 dans son ensemble, le groupe a réalisé un bénéfice net de près de 7 milliards de dollars, des revenus de plus de 23 milliards de dollars et un revenu net d'intérêt (NII) de 14,4 milliards. PNC vient par ailleurs de boucler le 5 janvier le rachat de FirstBank.

M&T Bank, la banque régionale américaine de Buffalo, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net en croissance de 11% en glissement annuel à 759 millions de dollars, un bénéfice par action de 4,67$ et un revenu net d'intérêt en légère hausse à 1,78 milliard de dollars, pour des revenus totaux de 2,49 milliards de dollars. Le consensus pour le trimestre clos se situait à 4,47$ de bénéfice ajusté par titre pour 2,47 milliards de dollars de revenus. Sur l'exercice clos, la banque a affiché un bénéfice net de 2,85 milliards de dollars contre 2,59 milliards un an auparavant. Le revenu net d'intérêt sur l'exercice a atteint 6,95 milliards contre 6,85 milliards en 2024.

Regions Financial, banque régionale basée à Birmingham, dans l'Alabama, perd du terrain avant bourse à Wall Street ce vendredi, après avoir raté le consensus pour son 4e trimestre. L'établissement a affiché sur la période un bénéfice net de 514 millions de dollars et 58 cents par titre, ainsi qu'un bpa ajusté de 57 cents à comparer à un consensus de 61 cents. Les revenus ont totalisé 1,92 milliard de dollars sur le trimestre écoulé. Sur l'exercice, la banque a fait état d'un bénéfice net de 2,16 milliards de dollars. Sur une base ajustée, le bénéfice annuel a augmenté de 7% et le bpa de 9%.

State Street a publié pour son 4e trimestre un bénéfice par action de 2,97$ sur une base ajustée et des revenus de 3,67 milliards de dollars en croissance de 7% en glissement annuel. Le consensus était de 2,84$ de bénéfice ajusté par action pour 3,62 milliards de dollars de revenus. Le revenu net d'intérêt sur la période est ressorti à 802 millions de dollars contre 762 millions de consensus. Le bénéfice net trimestriel a représenté 747 millions de dollars, contre 783 millions de dollars pour la période correspondante de l'an dernier.

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