Wall Street s'envole avec Tesla et Nvidia
Le Nasdaq au sommet, alors que les marchés ne prévoient (presque) plus de hausse des taux en octobre
Wall Street accélère ce vendredi, alors que les opérateurs ont visiblement abandonné l'idée d'un nouveau durcissement monétaire de la Fed en octobre, d'autant que les chiffres de l'emploi publiés ce jour ressortent particulièrement médiocres. Le Nasdaq bondit de 1,71% à 27.329 pts, au plus haut de son histoire, aidé aussi par les plans confirmés d'IPO d'Anthropic. Le S&P 500 grimpe de 1,09% à 7.750 pts et le DJIA de 0,66% à 51.260 pts. Les cours du brut retombent par ailleurs, le baril de brut WTI cédant 4,5% à 88,7$. Le rendement du T-Bond à 10 ans fléchit à 5,22% et celui du '30 ans' à 5,57%.
Le nombre d'emplois salariés non agricoles (+29.000) et le taux de chômage (4,2%) ont peu varié en septembre, a annoncé aujourd'hui le Bureau des statistiques du travail des États-Unis (BLS). Les créations d'emplois non agricoles, de 29.000, sont à comparer à un consensus de 90.000 mesuré par FactSet, tandis que le taux de chômage ressort donc légèrement supérieur au consensus, qui était de 4,1%. Les créations de postes dans le privé ont été au nombre de 46.000, deux fois moins élevées qu'attendu.
L'emploi dans tous les principaux secteurs d'activité a peu évolué au cours du mois. Le taux de chômage (4,2%) et le nombre de chômeurs (7,1 millions) ont peu varié en septembre. Le taux de chômage s'est maintenu dans une fourchette étroite, entre 4,1% et 4,3%, depuis le mois de mars. Le taux d'activité (61,8%) et le taux d'emploi (59,2%) ont peu varié en septembre. Ces indicateurs ont connu peu de variations nettes depuis janvier.
L'emploi dans le secteur de la santé a poursuivi sa tendance à la hausse en septembre (+17.000), mais à un rythme inférieur à la moyenne mensuelle enregistrée au cours des 12 mois précédents (+33.000). En septembre, l'emploi a continué de progresser dans les services de soins ambulatoires (+13.000) et dans les hôpitaux (+12.000), tandis que les établissements de soins infirmiers et résidentiels ont enregistré des suppressions de postes (-9.000).
L'emploi dans le secteur de la construction a peu varié en septembre (+11.000). Ce secteur avait créé en moyenne 10.000 emplois par mois au cours des 12 mois précédents... L'emploi dans le secteur manufacturier a peu varié en septembre (+9.000), mais il a augmenté de 72.000 depuis le point bas atteint en décembre 2025. Au cours du mois, l'emploi a progressé dans la fabrication de produits en plastique et en caoutchouc (+5.000) ainsi que dans la fabrication de machines (+5.000).
La variation de l'emploi total hors agriculture pour le mois de juillet a été révisée à la baisse de 31.000 postes (passant de +21.000 à -10.000), et celle pour le mois d'août a été révisée à la baisse de 29.000 postes (passant de +162.000 à +133.000). Compte tenu de ces révisions, le niveau de l'emploi cumulé pour les mois de juillet et d'août est inférieur de 60.000 postes aux chiffres précédemment annoncés.
Les commandes industrielles américaines du mois d'août 2026 sont ressorties en augmentation de 0,1% d'un mois sur l'autre, en ligne ou presque avec le consensus FactSet, après une progression de 0,8% en données révisées, pour le mois de juillet.
L'outil CME FedWatch fait désormais ressortir une probabilité de 20,5% de hausse des taux d'un quart de point le 28 octobre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC, contre 79,5% de probabilité d'un statu quo laissant les taux inchangés entre 3,75 et 4%. John Williams, patron de la Fed de New York, avait pour rappel surpris en début de semaine en indiquant qu'il ne voyait aucune urgence à une nouvelle hausse des taux... Ces commentaires avaient fait alors déjà chuter la probabilité de hausse des taux. Un ajustement qui s'accélère aujourd'hui suite aux maigres chiffres de l'emploi.
La gouverneure Lisa Cook a indiqué hier qu'elle percevait l'IA et la poussée inflationniste qu'elle lui attribue comme un risque majeur pour 2027. Des propos tenus lors d'un événement de la Fed de New York.
Le vice-président de la Fed, Philip Jefferson, a déclaré pour sa part hier que les responsables pourraient prendre plus de temps avant de décider d'une autre augmentation des taux, reprenant ainsi en partie les propos du président de la Fed de New York. Jefferson alimente donc lui aussi ces espoirs d'une approche patiente de la Fed après la hausse des taux de septembre.
Dans le même esprit, la vice-présidente de la Fed chargée de la supervision, Michelle Bowman, a déclaré hier qu'elle ne voyait actuellement pas de besoin urgent de prendre des mesures supplémentaires. Lors d'un événement à Washington, Bowman a donc semblé elle aussi prôner une certaine patience.
Le gouverneur Christopher Waller, qui prenait lui aussi la parole hier, n'a pas fourni d'élément déterminant concernant les perspectives de politique monétaire. En revanche, Lorie Logan, patronne de la Fed de Dallas, a conservé une posture belliciste en déclarant hier que l'inflation restait au-dessus de l'objectif, que l'économie demeurait solide, et que la banque centrale devait donc encore relever significativement les taux, la fourchette cible devant selon elle augmenter de 50 points de base ou davantage pour équilibrer les perspectives et les risques. Des commentaires livrés lors d'un événement de la Fed de Dallas.
Logan, dont la posture reste dure, a ainsi glissé par ailleurs que la poussée des rendements souverains pourrait contribuer à limiter le besoin d'une hausse des taux de la Fed.
L'outil CME Fedwatch montre une probabilité de 66,1% que les taux terminent l'année entre 4 et 4,25% sur les 'fed funds', ce qui implique un relèvement d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Les valeurs
Nike (-4,9%) décroche à Wall Street, alors que les revenus du groupe ont raté le consensus sur le trimestre clos et que le groupe prévoit des coupes dans ses effectifs. Pour son premier trimestre fiscal 2027, le géant des chaussures et accessoires de sport a affiché des revenus de 11,21 milliards de dollars en déclin de 4%, à comparer à un consensus de 11,3 milliards. La marge brute s'est améliorée de 60 points de base à 42,8%. Le bénéfice par action a régressé à 48 cents contre 49 cents un an avant. Le bénéfice net a représenté 0,7 Md$ (-2%).
Le groupe anticipe par ailleurs une baisse à un chiffre élevé de ses ventes sur l'exercice 2027. Le bpa ajusté devrait se situer dans une fourchette de 1,15 à 1,35$, chiffres excluant environ 0,15$ de frais de restructuration liés au programme 'Pace' pour l'exercice 2027.
Le chiffre d'affaires de la marque Nike s'est élevé à 11 milliards de dollars, en baisse de 4% (données publiées et hors effets de change), principalement en raison du recul des ventes dans la région Grande Chine et dans la zone EMEA, partiellement compensé par la croissance en Amérique du Nord. Le chiffre d'affaires de la marque Nike réalisé via le canal de gros s'est établi à 6,8 milliards de dollars, en baisse de 1% (données publiées et hors effets de change), principalement en raison du recul des ventes dans la région Grande Chine, partiellement compensé par la croissance en Amérique du Nord. Les ventes de Nike Direct se sont établies à 4,1 milliards de dollars, en baisse de 8% (données publiées) et de 9% (hors effets de change). Le chiffre d'affaires de Converse s'est établi à 263 millions de dollars, en baisse de 28% (données publiées et hors effets de change), en raison d'un recul des ventes dans toutes les zones géographiques.
L'entreprise a également annoncé des changements opérationnels visant à réduire les coûts et à gagner en efficacité. "Ces mesures entraîneront une réduction des effectifs chez Nike, et je suis conscient que ce type d'annonce suscite de l'incertitude. Je ne prends pas la situation à la légère", a écrit le DG Elliott Hill dans une lettre adressée aux employés. Les décisions concernant les postes touchés commenceront à être prises à partir de 2027. Ces annonces interviennent près de deux ans après l'arrivée d'Elliott Hill à la tête de l'entreprise.
Le groupe fait état de mesures visant à repositionner Nike Sportswear, la marque Jordan et la région Grande Chine. Il annonce par ailleurs 'Pace', une transformation du modèle opérationnel pour amplifier le succès de la stratégie 'Sport Offense'. Ce programme intègre et prolonge le précédent plan de réalignement des coûts annoncé en mars 2026.
Nike prévoit que 'Pace' générera environ 2,5 milliards de dollars d'économies cumulées d'ici la fin de l'exercice 2031. Ces économies s'accompagneront de charges avant impôts estimées à environ 1,0 milliard de dollars sur la même période, principalement liées au personnel, auxquelles s'ajoutent environ 0,3 milliard de dollars d'indemnités de départ comptabilisées au cours de l'exercice 2026. Le groupe estime qu'une charge d'environ 0,3 milliard de dollars sera comptabilisée au cours de l'exercice 2027.
Meta (+1,2%). Le Nouveau-Mexique réclame jusqu'à 40 milliards de dollars de pénalités au groupe à l'issue d'un procès sur la confidentialité des données, note Reuters. L'État du Nouveau-Mexique a ainsi demandé jeudi à un juge d'ordonner à Meta Platforms, le groupe de Mark Zuckerberg propriétaire de Facebook, d'Instagram ou de WhatsApp, de verser entre 35 et 40 milliards de dollars de pénalités. Cette demande fait suite au verdict d'un jury ayant conclu que l'entreprise avait induit les consommateurs en erreur concernant la confidentialité de leurs données sur Facebook, dans une affaire découlant du scandale Cambridge Analytica, indique l'agence.
Amazon (+1,6%) explorerait selon le Financial Times un accord pour retirer de son bilan environ 8 milliards de dollars de puces haut de gamme de Nvidia. Le géant du e-commerce et du cloud envisagerait de transférer pour plusieurs milliards de dollars de puces d'IA Nvidia vers une structure de financement dédiée, pour ensuite les louer. Ce montage permettrait de transférer une partie de la charge financière à des investisseurs externes.
Le Financial Times croit donc savoir qu'Amazon chercherait à céder à des investisseurs externes, via cette nouvelle structure potentielle de financement, des puces Nvidia de pointe pour une valeur d'environ 8 milliards de dollars. Le groupe aurait mené des discussions ces dernières semaines avec des investisseurs en vue de transférer vers une structure ad hoc (SPV) des milliers de puces Nvidia Grace Blackwell, actuellement en cours d'installation dans plus d'une douzaine de centres de données aux États-Unis. Le groupe pourrait ensuite louer ces puces à ladite structure, transférant de fait la propriété et une partie de la charge financière à des investisseurs externes.
Tesla gagne 5,5% ! Le groupe d'Elon Musk a affiché au 3e trimestre des chiffres rassurants, produisant 464.391 unités et livrant 486.532 véhicules électriques. Le consensus de livraisons était d'environ 464.000 unités. Les livraisons ressortent en repli de 2% environ en glissement annuel mais en légère hausse par rapport au trimestre antérieur. Le groupe a produit 457.387 Model 3/Y et livré 478.237 unités de ces modèles. Le groupe a déployé par ailleurs 13,7 GWh de produits de stockage d'énergie. Tesla publiera ses résultats financiers du troisième trimestre 2026 après la clôture des marchés, le mercredi 21 octobre 2026.
Nvidia grimpe de près de 3% ce vendredi vers les 237$, de retour au sommet pour une capitalisation boursière de plus de 5.700 milliards de dollars ! Morgan Stanley a rétabli Nvidia en tant que choix numéro un dans les semi-conducteurs, citant un positionnement solide et une valorisation attractive.
Broadcom (+3,7%). Le syndicat bancaire travaillant pour Broadcom commencerait à réunir 60 milliards de dollars de nouveaux financements destinés à Anthropic et à d'autres entreprises d'intelligence artificielle, a rapporté Bloomberg ce jour, citant des sources proches du dossier. Les banques participant à l'opération s'apprêteraient à envoyer des lettres de syndication pour une tranche de 42 milliards de dollars de dette senior garantie (catégorie A), selon Bloomberg. Ces informations font suite au dépôt du dossier d'introduction en bourse d'Anthropic, révélant que Broadcom a accepté de prêter jusqu'à 42 milliards de dollars à la startup d'IA à l'origine de Claude pour financer des dépenses d'infrastructure.
Les deux entreprises entretiennent des liens étroits, Anthropic étant appelé à devenir le plus important client de Broadcom pour la conception de puces d'ici l'année prochaine. Broadcom pourrait désigner un partenaire de financement dans le cadre de cet accord, et les instruments de dette pourraient être convertis en actions d'Anthropic.
Anthropic cherche à entrer en bourse dès la mi-novembre à Wall Street, après que le fabricant de modèles d'intelligence artificielle a repoussé ses plans de cotation, ont indiqué à Bloomberg des sources proches du dossier. Selon le rapport de Bloomberg, le géant de l'IA pourrait lancer la promotion de son introduction en bourse la semaine du 9 novembre. Anthropic vise une valorisation pouvant atteindre 2.000 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus importante introduction en bourse de tous les temps.
Un article complémentaire, citant des sources proches du dossier, a ajouté qu'Anthropic devait rencontrer des investisseurs potentiels le 14 octobre. Plus tôt cette semaine, Reuters a rapporté avoir obtenu une copie du prospectus d'introduction en bourse (formulaire S-1) d'Anthropic, révélant que le chiffre d'affaires de l'entreprise pour 2025 avait été multiplié par 12, pour atteindre environ 4,6 milliards de dollars à la fin de l'année, mais que les pertes atteignaient la bagatelle de 42 milliards de dollars.
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