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Wall Street replonge, avant un long week-end à haut risque

| Boursier | 80 | Aucun vote sur cette news

Au lendemain d'un discours peu rassurant de Donald Trump sur l'Iran

Wall Street replonge, avant un long week-end à haut risque
Credits Reuters

Wall Street dévisse avant bourse, suite à l'intervention de Donald Trump hier soir au sujet de l'Iran. Le S&P 500 abandonne ainsi 1,5%, le Dow Jones 1,4% et le Nasdaq 1,9%, alors que le président américain s'est donc adressé à la nation mercredi soir pour justifier la guerre en Iran et indiquer que les États-Unis étaient sur le point d'atteindre leurs objectifs. Malheureusement, alors que le locataire de la Maison Blanche entendait probablement rassurer, il n'a fait qu'attiser les craintes de poursuite du conflit au Moyen-Orient.

Les opérateurs se montrent par ailleurs réticents à rester investis avant un long week-end de trois jours (Wall Street est fermé demain et rouvre lundi), compte tenu de cette forte incertitude géopolitique.

"Nous sommes en bonne voie d'atteindre tous les objectifs militaires américains très prochainement", a réaffirmé Trump, sans toutefois fournir de détails précis sur une sortie de crise, mais en indiquant plutôt que les États-Unis frapperaient l'Iran extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Une fois le conflit terminé, Trump estime que le détroit d'Ormuz "s'ouvrira naturellement" ! Trump a déclaré que les USA avaient anéanti la marine et l'armée de l'air iraniennes, mais a donc prévenu tout de même d'une poursuite des frappes. Il a aussi précisé que les États-Unis n'avaient pas besoin du fameux détroit d'Ormuz.

Les commentaires de Trump ne vont donc pas dans le sens de l'apaisement immédiat, les deux à trois prochaines semaines étant attendues encore éprouvantes. Le président américain affirme dans le même temps que Washington poursuit ses négociations avec l'Iran, tout en réitérant sa menace d'attaquer les infrastructures d'électricité si Téhéran n'accepte pas d'accord. "S'il n'y a pas d'accord, nous frapperons durement chacune de leurs centrales électriques, et probablement simultanément", a déclaré Trump, qui avait déjà menacé à plusieurs reprises d'attaquer les centrales électriques iraniennes et avait fixé au 6 avril la date butoir pour que l'Iran accepte un "deal".

L'Iran, pour sa part, a largement démenti toute discussion directe avec Washington et a rejeté les affirmations antérieures de Trump selon lesquelles il aurait demandé un cessez-le-feu. Le président du Parlement iranien affirme que 7 millions d'Iraniens ont déclaré être prêts à rejoindre la guerre contre les États-Unis et Israël. "Vous venez chez nous, vous allez rencontrer toute la famille. Chargés, armés et debout, prêts à tout. Venez donc", déclare-t-il.

Trump a confirmé que les États-Unis ne prendraient pas l'initiative de rouvrir le détroit d'Ormuz, après que l'Iran a de facto bloqué le passage dès le début des hostilités israélo-américaines. Il a exhorté les pays dépendants d'Ormuz à gérer ce passage, assurant que cela pourrait se faire "facilement".

Les cours du pétrole repartent ainsi en forte hausse ce jour, avec un baril de brut WTI en progression de près de 10% à 110$ et un Brent de la mer du Nord qui s'adjuge 7,7% à environ 109$.

Le président américain aurait précédemment déclaré à ses conseillers qu'il était prêt à mettre fin à la campagne militaire contre l'Iran même si le détroit d'Ormuz restait en grande partie fermé et à reporter à une date ultérieure la mise en place d'une opération complexe pour le rouvrir, avait rapporté le Wall Street Journal lundi, citant des responsables de l'administration. La décision potentielle découlait de la volonté de ne pas prolonger le conflit au-delà des quatre à six semaines auparavant promises. L'article du Wall Street Journal faisait suite à des menaces pourtant directes de Trump, qui avait indiqué qu'il pourrait détruire les infrastructures électriques iraniennes ainsi que les usines de désalinisation et les puits de pétrole de l'Iran, demandant à Téhéran de rouvrir le détroit sans plus attendre et d'accepter un accord avec Washington.

Concernant la politique monétaire cette fois, selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire le 29 avril à l'issue de la prochaine réunion reste de plus de 97%, tandis que pour la dernière réunion monétaire de l'année, le 9 décembre, les taux sont également attendus entre 3,50 et 3,75% ('proba' de plus de 81%), au même niveau qu'actuellement.

Sur le front économique aux États-Unis ce jeudi, selon la dernière étude Challenger, Gray & Christmas sur le sujet, les annonces de licenciements aux États-Unis pour le mois de mars 2026 sont remontées de 25% à 60.620, contre 48.307 un mois auparavant, l'IA constituant l'une des principales raisons des coupes. Selon le rapport publié ce jeudi par le cabinet international de reclassement et de coaching de dirigeants, le nombre de suppressions d'emplois annoncées en mars 2026 s'affiche néanmoins en baisse de 78% par rapport aux 275.240 dévoilés au cours du même mois l'an dernier.

"Si l'on exclut la vague de licenciements fédéraux annoncée en février et mars de l'année dernière, les annonces de suppressions d'emplois en 2026 suivent de près la tendance de 2025. L'an dernier, les secteurs les plus touchés étaient l'administration publique, le commerce de détail et les technologies. Cette année, ce sont les technologies, les transports et la santé", a déclaré Andy Challenger, expert en milieu de travail et directeur des revenus chez Challenger, Gray & Christmas.

Les inscriptions au chômage pour la semaine close le 28 mars se sont établies au nombre de 202.000, contre un consensus FactSet de 212.000 et un niveau révisé à 211.000 pour la semaine précédente.

La balance commerciale de février sur les biens et services s'est affichée déficitaire de 57,3 milliards de dollars, contre un consensus FactSet de -68 milliards de dollars et une lecture révisée à -54,7 milliards pour le mois antérieur.

Demain, les opérateurs suivront le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois de mars (consensus 60.000 créations de postes et 4,4% de chômage selon FactSet), ainsi que l'indice PMI composite final de mars et que le PMI des services, mais Wall Street restera fermé pour le 'Good Friday'.

Les valeurs

Amazon, le géant américain du cloud et du e-commerce, discuterait selon Reuters d'un rachat de l'opérateur satellite Globalstar pour 9 milliards de dollars. Le Financial Times a également fait état de cette rumeur, indiquant que les compagnies seraient en train de négocier certaines des complexités d'un deal éventuel, suite à de longs pourparlers. Aucun accord n'aurait encore été finalisé et les discussions pourraient évoluer ou échouer.

L'un des facteurs de complication concernerait la participation de 20% du groupe de Cupertino Apple dans Globalstar, ce qui demanderait par conséquent des discussions entre Amazon et le groupe à la pomme.

Tesla est attendu dans le rouge à Wall Street dans la tendance de marché, alors que le constructeur texan de véhicules électriques doit publier ses ventes du premier trimestre.

SpaceX, le groupe d'astronautique et vol spatial d'Elon Musk, a lancé son processus en vue de ce qui pourrait constituer la plus grande introduction en bourse de l'histoire de Wall Street. Le groupe a ainsi déposé une demande d'introduction en bourse auprès de la SEC, a rapporté Bloomberg News hier.

Bien que les détails ne soient pas disponibles avant une date plus proche de la cotation officielle, The Information et Bloomberg ont déjà précisé que le groupe entendait lever jusqu'à 75 milliards de dollars dans le cadre de l'opération. La valorisation pourrait quant à elle atteindre 1.750 milliards de dollars, alors même que SpaceX vient de fusionner avec le startup d'IA de Musk, xAI dans le cadre d'un deal qui valorisait déjà le groupe spatial à 1.000 milliards et le développeur du robot conversationnel d'IA Grok à 250 milliards de dollars.

Plusieurs autres IPO de 'très haut niveau' sont attendues dans les prochains mois à Wall Street, en particulier celles des startups d'IA OpenAI ou Anthropic, grandes consommatrices de cash. Quant aux multiples de valorisation, ils semblent désormais démodés... jusqu'au moment évidemment où la rationalité reprendra le dessus. SpaceX, qui a choisi le jour de la mission lunaire Artemis II de la NASA - premier vol habité vers la Lune depuis plus de 50 ans - pour déposer sa demande d'IPO, pourrait en effet bien débouler en bourse dès le mois de juin sur la base d'une valorisation à plus de 100 fois ses revenus annuels.

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