Wall Street : rebond confirmé, en attendant la mise sur orbite de SpaceX
Le Nasdaq se redresse après la purge
La cote américaine poursuit son rebond avant bourse, alors qu'à en croire les derniers commentaires de Donald Trump, la paix en Iran n'aurait jamais été aussi proche (!). Une accalmie géopolitique supposée qui coïncide avec la plus grande introduction en bourse de tous les temps, celle de SpaceX bien évidemment. Tout lien entre ces deux événements serait fortuit. Le Dow Jones grappille 0,4% en pré-séance et le S&P 500 0,5%, tandis que le Nasdaq prend 0,8%. Sur le Nymex, le baril de brut WTI recule de 2,2% à 89,3$.
Donald Trump laisse entendre que les États-Unis pourraient déclarer une "victoire totale" sur l'Iran d'ici deux semaines, alors que les tensions semblent s'apaiser au Moyen-Orient. Tout cela alors que SpaceX doit faire ses premiers pas vendredi sur le Nasdaq et qu'OpenAI vient de déposer confidentiellement une demande d'introduction en bourse... Rappelons que Trump, très soucieux de la bonne tenue de la bourse, a déclaré aux journalistes que son équipe pourrait acheter des parts américaines dans des entreprises d'intelligence artificielle et a indiqué qu'il organiserait une réunion avec des dirigeants de l'IA dès cette semaine...
Les cours du pétrole régressent après l'accord entre Israël et l'Iran pour mettre fin aux attaques réciproques, tandis que Trump a réaffirmé la dynamique positive qui se dessinerait en vue d'une résolution du conflit au Moyen-Orient. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré que son pays cessait pour l'instant les hostilités contre l'Iran, mais qu'il riposterait en cas de nouvelle attaque de Téhéran. Les médias iraniens ont exprimé selon Bloomberg un sentiment similaire.
Trump a indiqué hier, devant les journalistes : "Nous sommes dans la dernière ligne droite de ce qui sera un très, très bon accord. Nous pourrions avoir une idée d'ici un ou deux jours". Lors d'un meeting de campagne, il a donc aussi affirmé que les États-Unis proclameraient une victoire totale au cours des deux prochaines semaines... Trump qui aurait aussi prévenu Netanyahu de procéder avec prudence ou de faire face seul à l'Iran...
La place américaine avait lourdement corrigé vendredi, le catalyseur semblant être le (trop) bon rapport sur l'emploi du mois de mai, marqué par 172.000 créations de postes, qui avait ravivé les craintes de hausse des taux. Donald Trump a déclaré que la Fed aurait tort de relever les taux d'intérêt, alors que son candidat, Kevin Warsh, s'apprête à présider sa première réunion de politique monétaire le 17 juin prochain - une réunion FOMC qui devrait très probablement se solder par un statu quo.
Dans une interview accordée à l'émission 'Meet the Press' de NBC, Trump a donc réagi à la publication du rapport sur l'emploi aux États-Unis, qui a alimenté les spéculations sur une hausse des taux. "De nos jours, lorsque de bons indicateurs sont publiés, les marchés baissent car on s'attend à une hausse des taux", a déclaré Trump. "Il n'y a aucune raison de relever les taux d'intérêt". Cette déclaration met donc un peu plus la pression sur Warsh, Trump affirmant que "relever le taux directeur est une erreur" et qu'il faudrait au contraire baisser les taux d'intérêt.
Le rapport sur l'emploi américain publié vendredi a révélé que la croissance de l'emploi en mai avait dépassé les prévisions, provoquant une vague de ventes d'obligations du Trésor et incitant les investisseurs à anticiper une hausse d'un quart de point du taux directeur de la Fed d'ici la fin de l'année, note Bloomberg... Trump a nommé Warsh à la tête de la Fed après une campagne publique acharnée pour que la banque centrale réduise les coûts d'emprunt, même s'il a depuis déclaré vouloir laisser Warsh agir à sa guise, rappelle l'agence.
Sur le front économique, le déficit commercial des biens et services aux États-Unis pour le mois d'avril 2026 s'est affiché à 55,9 milliards de dollars selon le rapport du jour, contre 55,5 milliards de consensus de place mesuré par FactSet et 56,6 milliards de dollars pour la lecture révisée (en baisse) du mois antérieur.
Les reventes de logements existants du mois de mai (16 heures, consensus 4,065 millions d'unités) sont encore attendues ce jour.
L'indice des prix à la consommation du mois de mai retiendra l'attention demain à 14h30 (consensus +0,5% d'un mois sur l'autre et +4,2% sur un an, ou +0,3% et +2,9% hors alimentaire et énergie). Celui des prix à la production sera connu jeudi. Enfin, l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan sera dévoilé vendredi.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, outre l'introduction en bourse record de SpaceX, les marchés suivront notamment aujourd'hui les comptes de J.M. Smucker et Casey's General, puis demain soir les résultats d'Oracle. Adobe et Lennar annonceront leurs derniers comptes jeudi...
Les valeurs
Apple a clôturé hier soir en recul de 1,9% à Wall Street à 301,5$, alors que le titre inscrivait plus tôt un record de 317,4$ dans l'anticipation d'annonces de la WWDC concernant l'IA. Le groupe californien à la pomme a présenté hier, lors de sa conférence mondiale des développeurs, une version nouvelle génération de son assistant personnel Siri, visant à propulser cet assistant numérique dans l'ère de l'intelligence artificielle. Ce nouveau Siri, baptisé "Siri AI", et les améliorations apportées à la plateforme Apple Intelligence, constituent les piliers de la stratégie d'Apple en matière d'IA. Les annonces n'ont toutefois pas convaincu dans l'immédiat, sur un marché boursier il est vrai nerveux.
Le groupe de Cupertino a donc dévoilé hier la nouvelle génération d'Apple Intelligence, comprenant une nouvelle IA Siri plus puissante, des fonctionnalités d'IA plus poussées sur ses appareils et des mises à jour logicielles pour iPhone, iPad, Mac, Apple Watch, Apple Vision Pro et Apple TV.
Applied Digital bondit à Wall Street. Le groupe a signé un bail de 15 ans avec un hyperscaler américain pour son site Delta Forge 2, ce qui devrait générer environ 5,2 milliards de dollars de revenus sur la période. Près de 70% des revenus contractuels d'Applied Digital proviennent désormais d'hyperscalers américains de qualité investissement. Le nouvel accord porte sur une capacité de calcul de 210 mégawatts à Delta Forge 2, le nouveau campus d'IA d'Applied Digital, selon une formule de bail 'take-or-pay'. Si toutes les options de renouvellement sont exercées, le contrat pourrait générer environ 12,7 milliards de dollars de revenus sur une période de 30 ans...
Alibaba, Baidu et Nio résistent avant bourse à Wall Street. Washington ravive pourtant les tensions avec une nouvelle liste noire... Les États-Unis ont intégré lundi plusieurs grands groupes chinois, dont Alibaba, Baidu et Nio, à une liste d'entreprises qui contribueraient à l'appareil militaire chinois, selon le département américain de la Défense. Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions géopolitiques entre Washington et Pékin. Cette mise à jour, attendue depuis plusieurs mois, remplace une version datant de début 2025. BYD fait aussi partie de cette liste.
United Airlines reste ouverte à l'acquisition de créneaux horaires aéroportuaires, de portes d'embarquement ou d'autres actifs si la hausse des prix du carburant met sous pression ses concurrents les plus fragiles. Cependant, il est peu probable qu'elle s'engage dans une importante opération de consolidation après l'échec de sa tentative de rapprochement avec American Airlines, a indiqué son DG, Scott Kirby, à l'agence Reuters.
SpaceX, qui doit décoller vendredi sur le Nasdaq, devrait constituer la plus grande introduction en bourse de l'histoire à Wall Street, loin devant les 29,4 milliards de dollars levés par Saudi Aramco en 2019. L'IPO serait largement sursouscrite selon Bloomberg, qui souligne que de nombreux investisseurs institutionnels auraient passé des ordres d'achat pour environ 10 milliards de dollars d'actions. L'agence cite des sources proches du dossier.
Les banques en charge de l'introduction du spécialiste des fusées, des satellites et de l'intelligence artificielle devraient cesser de prendre les ordres des investisseurs institutionnels mercredi après la fermeture des marchés à New York, ont indiqué certaines des sources de Bloomberg sous couvert d'anonymat. La clôture des carnets d'ordres permet aux banques d'évaluer la demande avant l'introduction en bourse et de conseiller l'entreprise sur le prix. Le prix serait fixé le 11 juin et les actions seraient négociées le lendemain.
Le groupe d'Elon Musk propose 555,6 millions d'actions à un prix fixe de 135 dollars chacune, ce qui devrait permettre de lever environ 75 milliards de dollars et valoriser SpaceX à environ 1.800 milliards de dollars. Les investisseurs particuliers peuvent encore passer des ordres d'achat d'actions SpaceX sur certaines plateformes après la date limite de mercredi. D'après Bloomberg News, l'entreprise prévoit de réserver jusqu'à 30% de son offre aux particuliers.
OpenAI, la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, a annoncé hier avoir déposé des documents confidentiels en vue de son introduction en bourse à Wall Street. Il s'agirait donc potentiellement de l'une des trois opérations majeures de l'année, après SpaceX et Anthropic. En mars, le dernier tour de table d'OpenAI avait fait ressortir une valorisation de 852 milliards de dollars - contre 965 milliards de dollars pour le concurrent Anthropic. La startup dirigée par Sam Altman a précisé qu'elle n'avait pas encore arrêté de calendrier et que cela pourrait prendre du temps, certaines réalisations souhaitées étant "plus faciles en tant que société privée".
Par ailleurs, OpenAI et Microsoft, l'un de ses principaux soutiens financiers initiaux, ont amendé en octobre les termes de leur collaboration, ce qui faciliterait la transition vers une entreprise commerciale.
OpenAI préparerait également une refonte majeure de sa plateforme en vue de son introduction en bourse très attendue prévue plus tard cette année à Wall Street, afin de mieux rivaliser avec des concurrents tels qu'Anthropic, rapporte le Financial Times. Le groupe californien de San Francisco, dirigé par Sam Altman, envisagerait ainsi de transformer ChatGPT en une "super-application" complète.
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