Wall Street : Nvidia retombe et plombe les indices !
Réaction épidermique, alors que le géant des puces d'IA a pourtant largement dépassé les attentes
Wall Street s'enfonce dans le rouge désormais avec Nvidia, qui surprend en forte baisse malgré des comptes à première vue impressionnants. Le Dow Jones résiste en repli de 0,02% à 49.470 pts, mais le S&P 500 fléchit de 0,88% à 6.885 pts, tandis que le Nasdaq corrige de 1,48% à 22.809 pts.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend 0,8% à 65,9$. L'once d'or fin gagne 0,2% à 5.174$. L'indice dollar progresse de 0,2% face à un panier de devises.
Donald Trump a défendu avec vigueur avant-hier encore les droits de douane et affirmé qu'aucun changement n'était prévu, car "tous les accords sont conclus". Il a condamné, lors de son discours sur l'état de l'Union (SOTU) devant le Congrès, "l'ingérence regrettable de la Cour suprême". Trump a déclaré qu'aucune intervention du Congrès ne serait nécessaire pour maintenir ses tarifs douaniers en vigueur et a même affirmé que ces droits finiraient par "remplacer substantiellement le système moderne d'impôt sur le revenu, allégeant ainsi considérablement le fardeau financier des personnes que j'aime". Les droits de douane n'étaient qu'un des nombreux thèmes abordés avant-hier, le président américain s'efforçant de mettre en avant son bilan économique dans un contexte d'incertitude accrue. Trump a affirmé que les prix baissaient et promis de nouvelles mesures pour répondre aux préoccupations des Américains en matière de pouvoir d'achat, tout en déclarant : "Nous gagnons tellement que nous ne savons plus quoi faire".
Trump a estimé que les États-Unis entraient dans un "âge d'or". "Notre nation est de retour - meilleure, plus grande, plus riche, plus forte", a lancé le président américain. Trump a affirmé que l'inflation "s'effondrait". Dans un autre registre, celui de l'international, il a réaffirmé avoir mis fin à huit guerres, mais ne s'est pas épanché au sujet du conflit en Ukraine qui vient d'entrer dans sa quatrième année. Le locataire de la Maison blanche n'a pas non plus fourni de détails sur ses plans concernant l'Iran, alors que l'inquiétude croît à propos d'un possible conflit avec Téhéran. "Je préfère régler ce problème par le biais de la démocratie", a dit Trump. "Mais une chose est sûre, je ne permettrai jamais au premier mécène du terrorisme, ce qu'ils sont et de loin, d'avoir une arme nucléaire".
Le président américain veut rappelons-le renforcer sa nouvelle surtaxe mondiale de 10 à 15% en réaction à l'annulation par la Cour suprême des droits de douane réciproques du 'Jour de la Libération'.
Les interventions de responsables de la Fed se poursuivent à bon rythme, avec hier encore Thomas Barkin, Jeffrey Schmid et Alberto Musalem. Schmid, patron de la Fed de Kansas City, a notamment défendu hier l'actuel patron de la Fed, Jerome Powell, "un patriote qui veut faire les bonnes choses pour la nation". Le président de la Réserve fédérale de St. Louis, Alberto Musalem, a déclaré pour sa part lors d'un événement à St. Louis que le marché du travail avait ralenti mais qu'il était en train de se stabiliser et que l'inflation était sur une trajectoire à la baisse... Michelle Bowman prend à son tour la parole ce jour...
En attendant, le gouverneur de la Fed, Stephen Miran, nommé par Trump, a déclaré que la forte croissance de l'emploi en janvier était une excellente chose, mais que la Fed devrait tout de même abaisser ses taux... d'un point de pourcentage cette année ! Il plaide ainsi pour quatre baisses d'un quart de point en 2026. Le responsable note que des risques persistent sur le marché du travail, alors que l'inflation ne serait plus vraiment un problème.
L'outil CME FedWatch montre une probabilité de statu quo monétaire de 96% pour le 18 mars et la prochaine décision FOMC. Ce même baromètre indique 33,4% de probabilité d'une baisse de taux de 50 points de base d'ici la fin de l'année, hypothèse dominante qui passerait donc par deux assouplissements d'un quart de point.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City sont au programme ce jeudi. Les inscriptions au chômage pour la semaine close le 21 février se sont établies comme attendu à 212.000, en baisse de 4.000 d'une semaine sur l'autre.
Enfin, la balance du commerce international des biens, l'indice des prix à la production, l'indice PMI de Chicago et les dépenses de construction, seront annoncés vendredi.
Dans l'actualité des entreprises, Nvidia, Salesforce, Synopsys et Snowflake, publiaient notamment hier soir. Intuit, Monster Beverage, Dell Technologies, Warner Bros. Discovery, Sempra, Autodesk, Baidu, Block, EchoStar, Zscaler ou CoreWeave, annoncent ce jeudi.
Les valeurs
Nvidia abandonne désormais 4,5%, alors même que le géant américain des puces d'IA a livré hier soir des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et des perspectives particulièrement impressionnantes, et que les brokers revoient en hausse leurs objectifs et estimations ce jour... Pour le 4e trimestre fiscal juste clos, le groupe a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,62$ et des revenus de 68,1 milliards de dollars, à comparer à un consensus de 1,53$ de bpa ajusté pour environ 66 milliards de revenus. Un an plus tôt, le bpa ajusté était de 89 cents pour 39,3 milliards de revenus. Les revenus de centres de données ont représenté 62,3 milliards sur la période close contre environ 60 milliards de consensus.
Colette Kress, directrice financière du groupe, a commenté : "Au quatrième trimestre, les revenus générés par les hyperscalers ont progressé et sont restés notre principal segment de clientèle, représentant un peu plus de 50% des revenus des centres de données. La croissance a été tirée par le reste de nos clients du secteur des centres de données, grâce à la diversification de nos revenus". Pour le premier trimestre fiscal juste entamé, le groupe envisage des revenus allant de 76,44 milliards à 79,56 milliards (78 milliards en milieu de fourchette et sans les revenus potentiels provenant de Chine), contre 72,8 milliards de consensus. La marge brute ajustée est attendue à 75%, plus ou moins 50 points de base. Les dépenses opérationnelles sont anticipées à 7,5 milliards en base ajustée.
Ainsi, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires trimestriel record de $68,1 milliards, en hausse de 20% par rapport au troisième trimestre et en hausse de 73% par rapport à il y a un an, avec un record de ventes dans les activités de centres de données, qui s'affichent en hausse de 22% séquentiellement et de 75% en glissement annuel. Les revenus annuels constituent un record de 215,9 milliards de dollars, en croissance de 65%. La marge brute ajustée a représenté 75,2% sur le trimestre clos et 71,3% sur l'exercice 2026. Le bpa ajusté a atteint 4,77$ sur l'exercice.
"La demande en puissance de calcul croît de façon exponentielle : l'avènement de l'IA agentielle est arrivé. Grace Blackwell, avec NVLink, est aujourd'hui la référence en matière d'inférence, offrant un coût par jeton considérablement inférieur, et Vera Rubin consolidera encore davantage ce leadership", a déclaré Jensen Huang, fondateur et DG de Nvidia. "L'adoption des agents par les entreprises explose. Nos clients investissent massivement dans la puissance de calcul de l'IA, véritable moteur de la révolution industrielle de l'IA et de leur croissance future".
Salesforce (+2,4%), fournisseur mondial de solutions logicielles de gestion de la relation client à la demande "basées sur l'IA", a dépassé les attentes de marché au titre de son 4e trimestre fiscal, affichant un bénéfice ajusté par action de 3,81$, contre 2,78$ un an plus tôt, et des revenus de 11,2 milliards de dollars (+12%) contre 10 milliards un an auparavant. Sur l'exercice, les revenus ont progressé de 10% à 41,5 milliards, pour une marge opérationnelle ajustée de 34,1%. Le cash flow opérationnel annuel a été de 15 milliards de dollars et le free cash flow de 14,4 milliards (+16%). Le groupe a restitué 14,3 milliards aux actionnaires, dont 12,7 milliards par rachats d'actions. Il annonce une nouvelle autorisation de rachat d'actions pour 50 milliards de dollars, remplaçant les autorisations antérieures, et augmente son dividende trimestriel à 44 cents (+6%).
En termes de perspectives, le groupe envisage pour l'exercice 2027 des revenus allant de 45,8 à 46,2 milliards de dollars, en croissance de 10 à 11%, avec une accélération de la croissance organique au deuxième semestre. La marge opérationnelle ajustée est attendue à 34,3%. Le cash flow opérationnel est attendu en croissance de 9 à 10%. Enfin, l'objectif 2030 de chiffre d'affaires est donc porté à 63 milliards de dollars en incluant Informatica. A court terme, pour le 1er trimestre fiscal 2027, les revenus sont attendus en hausse de 12 à 13%, entre 11,03 et 11,08 milliards, pour un bpa ajusté allant de 3,11 à 3,13$. Le bpa ajusté de l'exercice 2027 est attendu entre 13,11 et 13,19$.
Snowflake (+3,8%), groupe d'hébergement de données dans le cloud qui "facilite l'IA d'entreprise", perd du terrain avant bourse à Wall Street malgré un 4e trimestre fiscal en forte croissance. Le groupe a publié pour le trimestre clos un bénéfice ajusté par action de 32 cents, au-dessus du consensus, pour des revenus en croissance de 30% à 1,28 milliard de dollars. Les revenus produits ont grimpé de 30% à 1,23 milliard de dollars sur la période. Le groupe compte 733 clients aux revenus de plus d'un million de dollars sur 12 mois glissants (+27%). Les obligations restantes de performance atteignent 9,77 milliards de dollars, en progression de 42% en glissement annuel. Sur l'exercice clos, les revenus produits ont progressé de 29% à 4,47 milliards de dollars.
Synopsys (-4,3%), spécialiste californien du développement et de la commercialisation de progiciels de conception destinés principalement aux fabricants de semi-conducteurs, d'ordinateurs et d'équipements électroniques, a dépassé les attentes au 1er trimestre fiscal, réalisant un bpa ajusté de 3,77$ contre 3,03$ un an plus tôt, pour des revenus de 2,41 milliards de dollars à comparer à un niveau de 1,46 milliard un an avant. Le groupe maintient une guidance de revenus totaux annuels de 9,61 milliards de dollars en milieu de fourchette, comprenant 2,9 milliards de dollars de revenus d'Ansys. Le groupe fait état par ailleurs d'une autorisation de rachat d'actions de 2 milliards de dollars.
Heico (-12,4%), le groupe américain d'aérospatiale et d'électronique, qui conçoit notamment des équipements ou composants pour avions et engins spatiaux, décroche à Wall Street. Le groupe a pourtant publié des revenus trimestriels en croissance de 14% à 1,18 milliard de dollars, pour un bénéfice par action de 1,35$, supérieur aux attentes de marché. L'Ebitda est en revanche un peu court à 312 millions de dollars (+14%), alors que la marge opérationnelle s'affiche conforme aux anticipations à 22,1%. Le bénéfice net augmente de 13% et atteint un record de 190 millions de dollars au 1er trimestre fiscal 2026.
TKO Group Holdings (+3,8%), le producteur d'événements professionnels de sports de combat (UFC, WWE...) et divertissement, a affiché sur le 4e trimestre un bénéfice net de 0,8 million de dollars pour des revenus de 1,04 milliard de dollars. Sur l'ensemble de l'exercice, le bénéfice net s'est établi à 546 millions de dollars pour des revenus de 4,74 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté a représenté 281 millions de dollars pour le trimestre écoulé et 1,58 milliard de dollars sur l'exercice. TKO envisage désormais des revenus annuels allant de 5,675 à 5,775 milliards de dollars sur l'exercice 2026, pour un Ebitda ajusté allant de 2,24 à 2,29 milliards de dollars.
Baidu (-6,5%), le moteur de recherche chinois coté à Wall Street, a publié pour son 4e trimestre un bénéfice net de 255 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,52$, pour des revenus de 4,68 milliards (+5% en séquentiel). Sur l'exercice, il a dégagé un bénéfice de 799 millions de dollars et des revenus de 18,5 milliards de dollars (-3%). L'Ebitda ajusté annuel a été de 3,3 milliards de dollars, soit une marge de 18%. Alors que le groupe mise sur l'IA, le coeur de métier publicitaire poursuit quant à lui son déclin.
Warner Bros. Discovery (-0,2%), le groupe américain de médias et de divertissement convoité par Paramount Skydance et Netflix, vient de publier ses résultats financiers de l'exercice 2025. Les revenus T4 ont été de 9,46 milliards de dollars, en recul de 6%, tandis que le chiffre d'affaires annuel a régressé de 5% à 37,3 milliards. La perte nette part du groupe sur le trimestre clos a été de 252 millions de dollars, réduite de moitié en comparaison de l'an dernier, tandis que sur l'exercice, le groupe a dégagé un bénéfice de 727 millions. L'Ebitda ajusté trimestriel a reculé de 19% à 2,22 milliards, alors que l'Ebitda ajusté annuel a baissé de 3% à 8,74 milliards. Le consensus sur le trimestre clos était de 9,37 milliards de dollars de revenus pour un résultat par action proche de l'équilibre.
Sempra (+2%), spécialiste américain de l'énergie et du transport de gaz naturel, a publié ses résultats financiers 2025 et annoncé des initiatives de création de valeur pour l'année 2026. Le groupe relève ses plans de dépenses de capitaux à cinq ans à 65 milliards de dollars. Il fournit par ailleurs ses perspectives de bénéfices à l'horizon 2030. Sempra a annoncé un bénéfice net de 1,80 milliard de dollars pour l'exercice 2025, contre 2,82 milliards de dollars en 2024. Après ajustement, le bénéfice net de l'entreprise pour l'exercice 2025 s'élève à 3,07 milliards contre 2,97 milliards en 2024. Après ajustement, le bénéfice pour le quatrième trimestre 2025 s'est élevé à 841 millions de dollars, soit 1,28$ par action.
Hormel Foods (stable), le groupe alimentaire américain aux marques Spam et Dinty Moore, a publié pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice de 182 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 34 cents, à comparer à un consensus de 32 cents. Les revenus trimestriels ont atteint 3,03 milliards. La croissance organique a été de 2%. Le bénéfice opérationnel ajusté a atteint 247 millions pour une marge de 8,2%. Le groupe envisage pour l'exercice un bénéfice ajusté par action allant de 1,43 à 1,51$, en croissance de 4 à 10%, un bénéfice opérationnel ajusté de 1,06 à 1,12 milliard, ainsi que des revenus de 12,2 à 12,5 milliards de dollars et qu'une croissance organique de 1-4%.
eBay (+3,9%) a annoncé la suppression d'environ 800 emplois, soit près de 6% de ses effectifs à temps plein, dans le cadre d'une restructuration visant à rationaliser ses opérations et à adapter ses effectifs à ses priorités stratégiques. "Nous prenons des mesures pour réinvestir dans l'ensemble de nos activités et aligner notre structure sur nos priorités stratégiques, ce qui aura un impact sur certains postes au sein de nos effectifs", a indiqué le groupe.
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