Wall Street dans le vert sur une accalmie relative des cours du pétrole
La bourse de New York finit la semaine hésitante après avoir été impactée par la flambée des taux obligataires.
Le reflux des cours pétroliers ce vendredi - et moins franc ces dernières heures - laisse Wall Street sur une note indécise. La bourse américaine a connu un début de séance en ordre dispersé alors que Reuters a rapporté hier que des négociateurs américains et iraniens élaboraient un plan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz. Mais des informations selon lesquelles l'Iran serait prêt à libérer ce passage stratégique "sous sept jours" sous conditions a redonné un peu de vigueur à la cote américaine.
Le Nasdaq affiche une hausse de 0,32% à 27.024 pts, le S&P 500 gagne 0,28% et 7.725 pts, tandis que le Dow Jones gagne 0,38% à 51.543 points, après avoir touché hier un plus bas de trois mois.
Le Brent recule de 0,56% à 106,16 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) de 0,89% à 93,87 dollars, une accalmie face à la possibilité d'une trêve entre les États-Unis et l'Iran.
Selon les derniers développements, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a proposé de rouvrir le détroit d'Ormuz et de reprendre les négociations nucléaires avec les États-Unis sous sept jours, à condition que l'administration Trump accepte ses exigences.
"Si certaines conditions sont remplies, le détroit d'Ormuz sera rouvert d'ici sept jours et les pourparlers reprendront", a déclaré M. Araghchi aux journalistes en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, qui se tient jusqu'au lundi 28 septembre. "Les conditions que nous avons demandé aux États-Unis de respecter ne sont pas nouvelles ; elles ne vont pas au-delà de ce qui figurait déjà dans le protocole d'accord d'Islamabad, signé par le président américain", a-t-il ajouté, faisant référence au cessez-le-feu de juin, qui avait rapidement été rompu par les deux parties.
L'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan vont par ailleurs tenir une réunion urgente de haut niveau dans le cadre de leur pacte de défense afin de discuter des moyens de soutenir Riyad visé par des attaques lancées par les rebelles houthis du Yémen, tandis qu'Emmanuel Macron a annoncé jeudi soir que la France allait envoyer des moyens militaires en Arabie saoudite pour protéger le site de Yanbou, crucial pour les exportations d'hydrocarbures.
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s'affiche à 5,227%, après une hausse d'environ sept points la veille, à un pic de 2007.
Repassé au-dessus des 4.300$ en début d'après-midi, l'once d'or revient à 4.277$, stable. L'indice dollar recule de 0,30% face à un panier de devises.
Les prix toujours élevés du pétrole continuent cependant d'alimenter les craintes d'inflation, renforçant les anticipations de plusieurs hausses de taux de la Réserve fédérale après sa première intervention, ce mois-ci, depuis plus de trois ans. La probabilité d'un nouveau durcissement monétaire de la banque centrale américaine le 28 octobre atteint 66,4% selon l'outil CME FedWatch. Les taux pourraient terminer l'année entre 4,25 et 4,50% ('proba' de 54,2%) ou bien entre 4 et 4,25% (probabilité de 39,6%). Cela représente un à deux relèvements supplémentaires, alors qu'il ne reste que deux réunions monétaires d'ici la fin de l'année.
Le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, à Washington, se termine aujourd'hui. En dépit d'une attitude de façade très chaleureuse de la part des deux dirigeants, les analystes constatent in fine peu d'avancées sur l'ensemble des dossiers abordés, de la guerre en Iran à Taïwan, en passant par l'IA, même si Washington et Pékin ont convenu de prolonger de deux mois leur trêve commerciale qui devait expirer le 10 novembre.
Hier soir, le président américain et son homologue chinois ont participé à un dîner d'État organisé à la Maison Blanche, où de nombreuses figures majeures de la tech américaine étaient présentes. Donald Trump a affirmé que lui et Xi Jinping savaient tous deux qu'ils"incarnaient des systèmes différents", mais que "les liens unissant leurs peuples respectifs demeuraient solides", ajoutant qu'ils n'avaient "jamais été aussi proches". De son côté, le président chinois a indiqué que "les échanges entre les deux hommes avaient été approfondis et avaient permis de trouver un terrain d'entente sur de nombreux sujets", ce qui ouvrirait, selon lui, une nouvelle orientation stratégique pour les relations sino-américaines, sans toutefois donner davantage de précisions. Il a par ailleurs souligné que la Chine et les États-Unis se doivent d'agir en grandes puissances responsables, plaidant pour une nouvelle méthode permettant aux grandes puissances de coexister en bonne entente.
Sur le front économique, les commandes de biens durables aux États-Unis ont été stables au mois d'août par rapport à juillet, après avoir progressé de 0,9% en juillet, un chiffre révisé à la baisse contre +1,1% selon les premières données. La stabilité des commandes est une petite surprise, le consensus tablant sur une contraction de 0,3% pour cette période. Les commandes 'core', en revanche, sont ressorties inférieures aux attentes, à +0,3% contre un consensus de +0,6%, après +0,7% en juillet.
L'Indice de l'Université du Michigan sur le sentiment des consommateurs définitif du mois de septembre est ressorti à 48,1, contre 47,8 en provisoire, mais il reste en baisse par rapport à cet été, à 51,7 en août, 55,2 en juillet. Les anticipations d'inflation de l'enquête ressortent à 4,6%, après 4% le mois précédent, et les anticipations d'inflation à cinq années sont à 3,4%, contre 3,3% en août. Concernant le sentiment sur la situation économique actuelle, il baisse d'un point, à 50,9.
La semaine prochaine s'annonce chargée en statistiques. A l'agenda lundi 28 septembre, l'indice manufacturier de la Fed de Dallas du mois sera publié à 16h30. Mardi, les opérateurs prendront connaissance de l'indice des prix immobiliers et du S&P/CS-Composite-20 des prix des logements de juillet, de l'indicateur de confiance des consommateurs américains du Conference Board de septembre et du rapport JOLTS des nouvelles offres d'emploi d'août. Mercredi, l'attention se portera sur les chiffres de l'emploi du rapport ADP de septembre, et surtout sur l'indice PCE des prix à la consommation des ménages d'août - référence d'inflation de la Fed - du PIB du 2e trimestre des États-Unis, attendu à +1,5% après une croissance de 2,1% au 1er trimestre. Les données des dépenses des ménages et la balance commerciale d'août seront aussi connues. Jeudi 1er octobre en fin de matinée, le rapport Challenger sur les suppressions d'emploi du mois de septembre précédera les données hebdomadaires d'inscriptions au chômage et l'indice PMI manufacturier de l'ISM avant la publication du bilan de la Fed en soirée. Vendredi 2 octobre : créations d'emploi de septembre du Bureau of Labor Statistics, taux de chômage de septembre et commandes de biens durables du mois d'août. Plusieurs banquiers centraux s'exprimeront par ailleurs au cours de la semaine.
Les valeurs
Tesla (-2,13%) va commencer dès cette semaine la livraison de ses camions Semi à une première vague de clients, ont déclaré des dirigeants de l'entreprise dans son usine de Sparks, au Nevada, près de neuf ans après qu'Elon Musk, le directeur général du groupe, a dévoilé ces poids lourds équipés de moteurs électriques, rapporte Reuters.
Elon Musk a aussi déclaré que Colossus 2, son cluster de calcul pour l'IA construit par xAI (SpaceX, -1,01%), pourrait plus que doubler son nombre actuel de puces Nvidia (-0,28%)d'ici la fin de l'année, note Bloomberg. Le milliardaire a dévoilé le calendrier le plus précis à ce jour concernant les projets d'extension de ce cluster situé dans la région de Memphis, alors qu'il s'efforce d'accroître les capacités de calcul en IA, détaille l'agence. Colossus 2 compte actuellement 110.000 puces Nvidia GB200 et 440.000 puces GB300, a indiqué Musk sur son réseau social X. Quelque 220.000 puces GB300 supplémentaires devraient être opérationnelles la semaine prochaine, et 220.000 autres sont attendues en novembre, a-t-il précisé. Une nouvelle tranche de 220.000 puces pourrait entrer en service fin décembre "si nous avons de la chance", a-t-il ajouté. L'entreprise avait précédemment annoncé son intention d'équiper son site de Memphis d'un million de GPU d'ici 2026.
Le géant américain de la grande distribution CostCo Wholesale (+2,22%) a publié hier soir des résultats supérieurs aux attentes du consensus pour son 4e trimestre. Le chiffre d'affaires est ressorti en nette augmentation de 11,2% à 93,9 milliards de dollars, pour des revenus totaux de 95,7 milliards en tenant compte des commissions des membres. Le bénéfice net a atteint 2,998 milliards de dollars et le bénéfice ajusté par action 6,75 attendus. La croissance à comparable atteint 9,4%, ou 6,7% sur une base ajustée. Elle se situe à 10,7% ou 7,2% sur une base ajustée aux États-Unis, 5% au Canada (4,6% en données ajustées) et 7% (6,2% en base ajustée) sur les autres marchés internationaux. CostCo a profité d'une forte croissance de ses ventes à magasins comparables, les pressions inflationnistes ayant poussé les consommateurs vers des stations-service à prix réduits et stimulé la demande de l'ensemble de ses entrepôts.
Akamai Technologies s'envole de 8,33% après l'annonce par le groupe de la signature d'un contrat de services de 11,7 milliards de dollars dans le "cloud" de sept ans avec Anthropic. Akamai a également émis un bon de souscription qui pourrait permettre à Anthropic d'acquérir jusqu'à 5% de son capital. L'accord soutiendra les besoins en charge de travail CPU d'Anthropic grâce à l'infrastructure AI distribuée et aux logiciels du Cloud d'Akamai. Cet accord s'ajoute à plus de 2,8 milliards de dollars d'engagements pluriannuels en services d'infrastructure Cloud qu'Akamai a annoncés plus tôt cette année.
Nebius Group, qui a grimpé de 7,4% hier, corrige de 2,6% alors que, de source de marché, BNP Paribas a dopé son objectif sur le dossier 'néocloud', visant environ 22 milliards de dollars d'ARR pour le groupe d'ici la fin de l'année 2027. Le titre a profité aussi de l'annonce d'une hausse des tarifs de ses GPU, qui interviendra à partir de la semaine prochaine. Dans le cadre de son suivi du titre, BNP Paribas a relevé son objectif de cours de 53% à 399 auparavant, rehaussant par ailleurs sa recommandation de 'neutre' à 'surperformance'. Les revenus IA de Nebius ont été, rappelons-le, multipliés par six au 2e trimestre.
Le distributeur spécialisé dans les équipements de piscine Leslie's chute de près de 7,8% dans les transactions hors séance alors que le groupe s'apprête à se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites, après avoir souffert d'une baisse de ses ventes et d'un important endettement, rapporte le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier.
Starbucks (+0,58%) prévoit de fermer davantage de magasins non rentables aux États-Unis et au Canada. La fermeture de 250 d'entre eux, de part et d'autre de la frontière, serait prévue cette semaine, réduisant ainsi de 1% le nombre de ses magasins dans ces pays."Nous avons soigneusement examiné notre portefeuille de cafés en Amérique du Nord et identifié des emplacements où nous ne pensons pas pouvoir offrir de manière constante l'expérience que nous souhaitons pour nos clients et partenaires, ou où nous ne voyons pas de perspective de performance financière acceptable" a écrit le COO, Mike Grams, au personnel dans une lettre. En parallèle de ces fermetures, l'enseigne américaine de cafés poursuit un vaste programme de rénovations et relooking d'un ensemble de points de vente. 1.500 devraient avoir fait l'objet de travaux d'ici à la fin de l'exercice fiscal 2026. Il y a un an, l'entreprise avait fait le même mouvement pour réduire ses emplacements de 1%. Starbucks comptait 18.371 emplacements en Amérique du Nord au dernier trimestre, contre 18.734 magasins il y a un an.
Nike (-0,61%) : Bank of America dégrade le titre à sous-performance. "Nous anticipons un risque de baisse du bénéfice par action et de la valorisation, l'innovation étant freinée par l'aggravation des pressions liées aux canaux de distribution et à la conjoncture macroéconomique", indique l'équipe d'analystes de BofA qui abaisse en ce sens les prévisions de BPA pour les exercices 2027 et 2028 de 11% et 12% respectivement. "Nous prévoyons désormais une croissance négative des ventes jusqu'à la fin de l'exercice 2027, contrairement à notre précédente prévision d'un retournement au printemps".
Meta (-3,62%) corrige après une semaine marquée par Meta Connect, conférence à l'occasion de laquelle Mark Zuckerberg, DG de Meta, a dévoilé notamment sa stratégie pour monétiser Muse, l'agent d'IA de l'entreprise qui connaît un succès fulgurant, arrivé en tête des téléchargements sur l'App Store américain d'Apple. Nous sommes convaincus que Muse vous permettra de gagner de l'argent, a assuré le fondateur de Facebook devant les développeurs. Nous soutenons cette vision en rendant Muse gratuit pour un volume important de jetons, avec l'espoir de générer des bénéfices à terme grâce à une commission prélevée sur les transactions, détaille encore Zuckerberg. De quoi laisser espérer que Muse permette à Meta de diversifier ses revenus et de monétiser ses investissements massifs dans l'IA.
Meta a ajouté la prise en charge de PayPal et annoncé des intégrations avec des détaillants tels que Walmart, Gap, Best Buy ou encore American Eagle. Meta a ajouté par ailleurs une fonctionnalité permettant de se connecter à Expedia, et intègre aussi les courses alimentaires à Muse via Instacart. Alexandr Wang, patron de l'IA chez Meta, a annoncé le déploiement d'une fonction de contrôle informatique pour Mac. Muse sera également disponible sur les lunettes de réalité virtuelle de Meta ainsi que sur le futur 'Muse Charm', appareil portable dédié qui permettra d'interagir avec Muse sans smartphone ni lunettes... Meta a également dévoilé trois nouveaux modèles de lunettes intelligentes, avec ses premières lunettes de réalité virtuelle, les lunettes Ray-Ban Meta Audio (dépourvues de caméra) et la troisième génération des lunettes Ray-Ban Meta. Les lunettes de réalité virtuelle Meta sont proposées à 1.299 dollars et constituent la pièce maîtresse du trio.
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