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Wall Street campe sur ses sommets, après les chiffres de l'emploi privé

| Boursier | 161 | Aucun vote sur cette news

S&P et Dow Jones au plus haut

Wall Street campe sur ses sommets, après les chiffres de l'emploi privé
Credits Boursier.com avec IA

Wall Street s'affiche relativement stable avant bourse ce mercredi, au lendemain d'une séance record pour le Dow Jones et le S&P 500. Le DJIA grappille 0,1% pour l'heure en pré-séance, tandis que le S&P se stabilise et que le Nasdaq rend 0,2%. Les indices consolident donc dans le calme sur fond d'actualité géopolitique chargée, et alors que les chiffres américains de l'emploi privé n'ont pas surpris ce jour. Le Dow a franchi les 49.000 points et le S&P se rapproche désormais des 7.000 points en ce début d'année 2026. Notons également que la saison des résultats trimestriels débute dès la semaine prochaine, avec les valeurs financières et notamment JP Morgan, Bank of New York Mellon, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs ou Citigroup. Sur le segment technologique, le géant taïwanais TSMC sera de la partie...

Sur le Nymex, le baril de brut WTI perd 0,7% à 56,7$. L'once d'or fin fléchit de 1,1% à 4.444$. L'indice dollar affiche peu d'évolution face à un panier de devises de référence. Le bitcoin se tasse vers les 92.000$.

La croissance des dépenses en ligne aux États-Unis pendant les fêtes de fin d'année 2025 a ralenti selon les données publiées aujourd'hui par Adobe Analytics, mais la progression reste honorable. Les dépenses en ligne sur la période allant du 1er novembre au 31 décembre ont progressé de 6,8% pour atteindre 257,8 milliards de dollars, contre 8,7% de hausse sur la même période, un an avant.

Les investisseurs tentent toujours de mesurer l'impact des développements géopolitiques consécutifs à l'opération militaire américaine au Venezuela qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Cette intervention militaire américaine au Venezuela en début de week-end a monopolisé l'attention. Les marchés semblent pour l'heure relativiser les risques de répercussions économiques. Le Venezuela produit actuellement moins d'un million de barils de pétrole par jour, soit moins de 1% de la production mondiale, mais il possède les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde. Sa production a fléchi en raison d'infrastructures vieillissantes et de sanctions américaines strictes. Une transition en douceur du pouvoir local augmenterait la probabilité que les États-Unis lèvent leurs restrictions, mais une transition chaotique pourrait en revanche mettre en péril l'approvisionnement en pétrole vénézuélien...

Trump a laissé entendre que les États-Unis pourraient subventionner les efforts des compagnies énergétiques pour reconstruire l'industrie pétrolière vénézuélienne, son administration cherchant à convaincre les entreprises d'investir dans le pays. Dans une interview accordée à NBC News, le président américain a déclaré que le projet d'expansion des activités des compagnies pétrolières américaines au Venezuela pourrait être opérationnel en moins de 18 mois. "Je pense que nous pouvons le faire plus rapidement, mais cela coûtera très cher", a déclaré Trump à NBC à propos des subventions potentielles. "Des sommes colossales devront être dépensées, et les compagnies pétrolières les dépenseront, puis elles seront remboursées par nous ou par le biais des recettes fiscales", envisage le leader américain, qui n'est visiblement pas insensible aux vastes réserves pétrolières du Venezuela.

Trump a donné peu de précisions sur la manière dont la production serait rétablie ni sur qui contrôlerait les revenus pendant cette période transitoire. Interrogé à propos de ses échanges avec les dirigeants d'Exxon, Chevron et ConocoPhillips, il a indiqué qu'il était trop tôt pour en dire plus. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, prévoit quant à lui de s'entretenir cette semaine avec des dirigeants du secteur pétrolier, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Wright participera cette semaine à la conférence Goldman Sachs sur l'énergie, les technologies propres et les services publics à Miami, à laquelle des dirigeants de Chevron, ConocoPhillips et d'autres entreprises devraient assister, note l'agence.

Trump a chargé le secrétaire d'État Marco Rubio de piloter le processus de mise en oeuvre des réformes économiques et politiques au Venezuela, indique Bloomberg. Les États-Unis estiment bénéficier d'une coopération pleine et entière du gouvernement de Caracas, a déclaré lundi Stephen Miller, conseiller principal à la Maison Blanche, cité par l'agence. Trump a donc demandé à Rubio, "sous sa direction et son encadrement directs, de prendre la tête de ce processus", selon Miller. Le secrétaire d'État dirigera une équipe composée notamment de responsables des politiques énergétiques, financières et militaires, a-t-il ajouté. "C'est une grande équipe, un groupe de personnes. Tout le monde travaille en étroite collaboration et dans d'excellentes conditions".

Le président américain a déclaré que le Venezuela allait céder jusqu'à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, soit environ 2,8 milliards de dollars au cours actuel du marché. Il a précisé que la vente de ces cargaisons permettrait de récolter des fonds pour les deux pays. Cette annonce, faite mardi soir et peu détaillée, marque, selon Bloomberg, "une avancée significative pour le gouvernement américain, qui cherche à étendre son influence économique au Venezuela et au-delà après la capture du président Maduro le week-end dernier. C'est également un revers pour la Chine, qui était auparavant le principal acheteur du pétrole vénézuélien et un partenaire proche". "Je suis heureux d'annoncer que les autorités intérimaires vénézuéliennes vont céder entre 30 et 50 millions de barils de pétrole de haute qualité, sous sanctions, aux États-Unis d'Amérique", a écrit Trump sur Truth Social. "Ce pétrole sera vendu à son prix de marché, et cet argent sera contrôlé par moi, en tant que président des États-Unis d'Amérique, afin de garantir qu'il profite aux peuples vénézuélien et américain !", a ajouté Trump.

La Première ministre danoise a exhorté quant à elle Trump à cesser de menacer d'annexer le Groenland. Les propos de Mette Frederiksen font suite aux déclarations du président américain réitérées dimanche, selon lesquelles les États-Unis auraient besoin du Groenland, un territoire semi-autonome du royaume danois, pour des raisons de défense. "Les États-Unis n'ont aucun droit d'annexer l'un des trois pays du royaume du Danemark", a déclaré la dirigeante danoise. Frederiksen a souligné que le royaume du Danemark, Groenland compris, était membre de l'OTAN et bénéficiait donc de la garantie de défense collective de l'Alliance. La Maison Blanche a indiqué que son équipe discutait des options - y compris militaires - pour le contrôle du Groenland, le territoire représentant une "priorité de sécurité" pour les USA.

Les investisseurs suivront aussi cette semaine une série de données économiques, avec comme point d'orgue le rapport crucial sur l'emploi attendu vendredi. Le consensus Bloomberg se situe à 55.000 créations de postes non-agricoles en décembre et 4,6% de taux de chômage.

Parmi les autres statistiques de la semaine, l'indice ISM manufacturier américain de décembre s'est établi lundi à 47,9, contre 48,7 de consensus FactSet et 48,2 un mois auparavant... L'indice PMI composite américain final du mois de décembre publié hier s'est affiché à 52,7, contre un consensus de marché de 53 et une lecture flash logée également à 53. L'indice des services a été révisé à 52,5 contre 52,9 en lecture préliminaire.

Le rapport d'ADP sur l'emploi privé américain n'a pas révélé de grande surprise ce mercredi. Pour le mois de décembre 2025, les créations d'emplois dans le privé se sont établies au nombre de 41.000, contre un consensus FactSet de 25.000 et un consensus Bloomberg de 47.000. Les destructions d'emplois de novembre 2025 ont été révisées à 29.000 contre 32.000 précédemment. ADP évoque un "rebond" des recrutements en décembre avec les secteurs de l'éducation et des services de santé, ainsi que du loisir et de l'hospitalité. Nela Richardson, cheffe économiste d'ADP, indique que les petites entreprises se sont reprises après les pertes d'emplois de novembre, tandis que les grands employeurs ont affiché leur prudence.

Les commandes industrielles d'octobre sont attendues à 16 heures (consensus FactSet -1,1% d'un mois sur l'autre). L'ISM des services de décembre sera publié à la même heure (consensus 52). Le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes de novembre sera lui aussi communiqué à 16 heures (consensus 7,65 millions).

Demain, la journée sera chargée, avec l'étude Challenger sur les annonces de licenciements, la balance du commerce international des biens et services, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de la productivité trimestrielle non-agricole, ainsi que ceux des stocks de grossistes et du crédit à la consommation. Enfin, vendredi, il faudra donc surveiller le rapport sur l'emploi, mais aussi les mises en chantier de logements et permis de construire, ainsi que l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan.

En ce qui concerne la Fed, l'outil CME FedWatch montre une probabilité de statu quo monétaire de 81,7% lors de la prochaine réunion de la Fed, le 28 janvier. Le même outil montre une 'proba' de plus de 30% que les taux terminent l'année entre 3 et 3,25%, ce qui représenterait une baisse d'un demi-point par rapport aux niveaux actuels. La probabilité d'un recul de trois quarts de point à fin 2026 est de 26,7%. La gouverneure Michelle Bowman doit s'exprimer ce soir.

En attendant, le gouverneur de la Fed, Stephen Miran, nommé par Trump, a déclaré que la banque centrale américaine devrait baisser ses taux d'intérêt de plus d'un point de pourcentage en 2026, arguant que la politique monétaire trop restrictive freinerait l'économie. "Il est très difficile d'affirmer que la politique monétaire est neutre. Elle est clairement restrictive et freine la croissance", a asséné Miran hier lors d'une intervention sur Fox Business Network. "Je pense qu'une baisse de plus de 100 points de base sera justifiée cette année", lance encore le responsable... La Fed a réduit ses taux le mois dernier pour la troisième fois consécutive, mais de nouvelles baisses de taux ne sont pas garanties à brève échéance. Miran conserve pour sa part une posture agressive depuis septembre, ou du moins beaucoup plus agressive que la plupart de ses pairs.

Le président de la Fed de Richmond, Tom Barkin, a indiqué hier que le niveau actuel des taux se situait dans la fourchette des estimations de neutralité. Le patron de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari, a déclaré lui aussi plus tôt cette semaine que le niveau des taux était très proche de la neutralité compte tenu de la croissance économique soutenue.

Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Constellation Brands, Jefferies, Albertsons, Cal-Maine ou Applied Digital, publient leurs comptes trimestriels ce jour, tandis que RPM International annonce demain. Une semaine que l'on peut donc qualifier de très calme du point de vue des publications, juste avant la saison des résultats.

Pendant ce temps, en Asie, le ton monte entre Pékin et Tokyo. Bloomberg note ainsi que la Chine a lancé une enquête antidumping sur un matériau essentiel à la fabrication de semi-conducteurs en provenance du Japon, aggravant ainsi le différend entre les deux grandes économies d'Asie, peu après que les autorités japonaises ont critiqué Pékin concernant des contrôles à l'exportation potentiellement trop étendus. Ce matériau, le dichlorosilane, est principalement utilisé dans les couches minces nécessaires à la production de puces logiques, de mémoire, analogiques et autres, selon le ministère chinois du Commerce. L'enquête devrait être achevée dans un délai d'un an, mais pourrait être prolongée de six mois supplémentaires.

Les valeurs

Chevron, géant pétrolier américain, et le groupe d'investissement Quantum Energy Partners, s'allieraient selon le 'Financial Times' en vue d'une offre potentielle d'achat des actifs internationaux du colosse pétrolier russe Lukoil. Les actifs en question sont évalués à 22 milliards de dollars. Le FT cite des personnes familières de la question. Quantum mènerait le deal potentiel, portant sur la totalité du portefeuille de Lukoil à l'international, soit la production de pétrole et gaz, les opérations de raffinage, ainsi qu'environ 2.000 stations en Asie, en Europe et au Moyen-Orient. Reuters avait déjà indiqué en novembre que Chevron étudiait une possible acquisition des actifs de Lukoil. L'agence avait précisé le mois dernier que le géant saoudien Midad Energy se serait lui aussi imposé comme l'un des principaux candidats à la reprise de ces actifs internationaux du groupe pétrolier russe.

Mobileye Global a annoncé hier l'acquisition de la startup de robotique humanoïde Mentee Robotics pour environ 900 millions de dollars. Le groupe israélien de technologies de conduite autonome mise donc sur la robotique et l'IA, la finalisation de la transaction étant attendue au premier trimestre 2026 sous réserve des conditions usuelles. L'accord met aussi en lumière la convergence entre conduite autonome et robotique, note Reuters, soulignant les technologies similaires de détection, perception et prise de décision. Mentee avait levé environ 21 millions de dollars en mars sur une valorisation de 162 millions de dollars, selon les données de PitchBook reprises par Reuters. Parmi ses investisseurs figurent Cisco et les branches de capital-risque de Samsung.

L'accord, annoncé à l'occasion du salon CES de Las Vegas, associe donc les systèmes logiciels, de détection et de sécurité de Mobileye pour voitures autonomes au développement par Mentee de robots humanoïdes polyvalents. Mentee affirme que sa technologie permet de s'affranchir de la collecte massive de données réelles pour l'entraînement du robot, en transformant une simple démonstration humaine en millions de répétitions virtuelles, détaille Reuters. Les premiers déploiements de validation de concept chez les clients sont prévus pour 2026, la production en série et la commercialisation étant visées pour 2028... Intel demeure principal actionnaire de Mobileye avec une participation d'environ 23%.

Qualcomm, le géant américain spécialisé dans la conception, le développement et la commercialisation de logiciels et de systèmes CDMA, serait en pourparlers avec Samsung Electronics concernant la fabrication sous contrat de puces gravées en deux nanomètres. C'est ce qu'a déclaré Cristiano Amon, DG de la société américaine, cité par le Korea Economic Daily. Le quotidien sud-coréen rapporte qu'Amon a indiqué que Qualcomm discutait en priorité avec Samsung Electronics, parmi plusieurs fonderies de semi-conducteurs, de la fabrication sous contrat utilisant le procédé de gravure deux nanomètres le plus récent. La conception serait déjà finalisée en vue d'une commercialisation prochaine.

Jun Young-hyun, co-DG et responsable de la division puces de Samsung Electronics, avait déclaré la semaine dernière que les récents accords d'approvisionnement conclus avec d'importants clients avaient permis à son activité de fonderie de faire un bond en avant. Le groupe sud-coréen avait notamment signé un contrat monumental de 16,5 milliards de dollars avec Tesla l'été dernier pour la production de puces AI6.

GameStop a annoncé un plan record de rémunération potentielle de plus de 3,5 milliards de dollars - aux cours actuels - pour son DG, Ryan Cohen, plan conditionné à de très fortes performances du détaillant en jeux vidéo, qui devrait multiplier par plus de dix sa valeur boursière et augmenter considérablement ses bénéfices. Cohen n'a aucune garantie de rémunération, que ce soit sous forme de salaire, de primes ou d'options d'achat d'actions. Sa rémunération est donc entièrement tributaire de la réalisation d'objectifs très ambitieux.

Ce dispositif rappelle évidemment le plan d'intéressement record sur dix ans d'Elon Musk chez Tesla, qui pourrait atteindre jusqu'à 1.000 milliards de dollars si la capitalisation du constructeur dépasse les 8.500 milliards et si Tesla atteint une douzaine d'objectifs opérationnels... GameStop a indiqué que le plan de rémunération de Ryan Cohen comprenait des options d'achat d'actions lui permettant d'acquérir plus de 171,5 millions d'actions au prix de 20,66$ l'unité.

GameStop affiche actuellement une capitalisation boursière de 9,3 milliards de dollars. Le Conseil d'administration a ainsi octroyé à Ryan Cohen une attribution d'options d'achat d'actions liée à la performance, visant à inciter le dirigeant à réaliser une croissance exceptionnelle. Pour que l'attribution soit pleinement acquise, la capitalisation boursière devra atteindre 100 milliards de dollars et son Ebitda cumulé (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) devra atteindre 10 milliards de dollars. Le groupe rappelle que lorsque Cohen a rejoint le Conseil d'administration le 11 janvier 2021, la capitalisation boursière s'élevait à environ 1,3 milliard de dollars. Elle a depuis augmenté de 615%.

La prime potentielle de Cohen est divisée en neuf tranches, dont l'acquisition est conditionnée à l'atteinte d'un seuil de capitalisation et d'un seuil d'Ebitda cumulé correspondant. La première tranche est acquise uniquement si GameStop atteint une capitalisation boursière de 20 milliards de dollars. Chaque tranche suivante requiert une augmentation supplémentaire de 10 milliards de la capitalisation boursière, jusqu'à un maximum de 100 milliards de dollars. Outre la croissance de la capitalisation boursière, Cohen doit atteindre des objectifs de rentabilité. La première tranche requiert un Ebitda cumulé de 2 milliards de dollars, les objectifs augmentant pour chaque tranche suivante, jusqu'à un montant cumulé de 10 milliards de dollars.

Warner Bros. Discovery a repoussé encore l'offre modifiée de Paramount pour son rachat et conseille à ses actionnaires l'offre rivale de Netflix. Le management de Warner a repoussé à plusieurs reprises les avances de Paramount Skydance et a exhorté ses actionnaires à soutenir la vente de ses activités de streaming et de production cinématographique à Netflix pour 72 milliards de dollars. Paramount, de son côté, a revu son offre à 30$ par titre en cash pour l'ensemble du groupe et a lancé une offre publique d'achat hostile auprès des actionnaires. "L'offre de Paramount demeure insuffisante, notamment en raison de conditions telles qu'un niveau d'endettement exorbitant qui engendre des risques pour la finalisation de l'opération et l'absence de protection pour nos actionnaires en cas d'échec", a déclaré Samuel Di Piazza Jr., président de Warner Bros. Discovery. "Notre accord contraignant avec Netflix offrira une valeur supérieure et une plus grande certitude", a ajouté le dirigeant.

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