Mi-séance Paris : pétrole, taux longs et dépenses IA, trois raisons de poursuivre la baisse
Les actions européennes du secteur des semi-conducteurs et celles liées aux centres de données pèsent sur la tendance.
LA TENDANCE
Début de semaine encore difficile en bourse de Paris avec un CAC 40 en baisse de 0,8% autour de 8.115 points en fin de matinée. Les cours du brut grimpent encore avec l'actualité géopolitique. Le baril de Brent de la mer du Nord progresse de plus de 3% à 108 $ avec la fermeture du principal oléoduc saoudien vers la mer Rouge. Des attaques de drones ont en effet contraint l'Arabie saoudite à fermer vendredi son oléoduc est-ouest qui permettait de contourner le détroit d'Ormuz. Cette fermeture intervient alors même que des Houthis pro-iraniens avancent près du détroit lui aussi stratégique de Bab el-Mandeb en mer Rouge. De plus, la réunion qui était prévue ce lundi à Oman entre les pays du Golfe et l'Iran pour évaluer les moyens de garantir la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz vient d'être reportée. Le retour à la normale du trafic pétrolier semble donc plus que compromis.
Les tensions sur les marchés obligataires restent d'actualité : la référence du taux d'emprunt de la France (OAT 10 ans) a brièvement franchi ce lundi matin le seuil des 4,5%, un niveau qu'il n'avait pas été chercher depuis septembre 2008, en pleine crise des subprimes. Le spread, l'écart de taux avec le 10 ans allemand, qui sert de référence, est désormais proche des 100 points.
Les actions européennes du secteur des semi-conducteurs et celles liées aux centres de données pèsent sur la tendance après que les dirigeants de certaines des plus grandes entreprises d'IA au monde ont déclaré qu'il était temps de ralentir le rythme de développement de leurs modèles les plus avancés. Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a ainsi appelé samedi les entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle à ralentir le rythme auquel elles améliorent les capacités de leurs modèles, avec un cadre en trois étapes visant à modérer leur développement et à gagner du temps pour gérer les risques associés à celui-ci. A Paris, les fabricants de puces Soitec et STMicro chutent lourdement. Les deux grands spécialistes des centres de données, Legrand et Schneider Electric accusent également le coup.
VALEURS EN HAUSSE
Les acteurs du logiciel et les entreprises jugées exposées à un risque de perturbation lié à l'IA progressent nettement à l'image de Capgemini en tête du CAC 40 sur un gain de 5,5% à presque 109 euros. Dassault Systèmes et Sopra progressent également de 3 à 4%.
Renault gagne 0,8% à 29,8 euros. Morgan Stanley a relevé sa recommandation à 'pondération en ligne' avec une cible rehaussée de 25 à 31 euros.
En hausse de 0,8% à 79,4 euros, TotalEnergies se rapproche de ses meilleurs niveaux de 81,3 euros au rythme d'une sixième séance positive.
Wavestone (+1% à 30,5 euros) a annoncé l'acquisition de Sand Cherry, un cabinet de conseil américain spécialisé dans les transformations d'entreprise. L'opération s'inscrit en ligne avec le plan stratégique 'Lead the shift'. Wavestone a fait l'acquisition de 100% du capital de Sand Cherry. Le prix d'acquisition initial est de 35 millions de dollars (environ 30 ME) en valeur d'entreprise, auxquels pourront s'ajouter jusqu'à 12 millions de dollars conditionnés par les performances de Sand Cherry au titre des exercices clos les 31 décembre 2026 et 31 décembre 2027. L'acquisition est intégralement financée en numéraire, sur les ressources financières de Wavestone. Sand Cherry sera consolidé dans les comptes de Wavestone à compter du 1er septembre.
VALEURS EN BAISSE
Soitec rechute de presque 14% à 122 euros et STMicro plombe le CAC 40 avec un recul de 6% à 42 euros. Legrand et Schneider Electric pèsent également sur la tendance avec des replis de près de 6%.
LVMH recule de 0,8% à 412 euros. Morgan Stanley a abaissé la mire de 520 à 450 euros ('pondération en ligne') et JP Morgan a déduit son objectif de cours de 580 à 525 euros ('neutre').
Nanobiotix (-8%) a dévoilé des données mises à jour sur la tolérance et l'efficacité issues des phases achevées d'escalade et d'expansion de dose d'une étude de phase 1 sponsorisée par le MD Anderson Cancer Center de l'Université du Texas et évaluant JNJ-1900 (NBTXR3) activé par radiothérapie chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) inopérable, loco-régionalement récurrent, susceptibles d'être réirradier. Les données ont été présentées par l'investigateur principal de l'étude, Saumil Gandhi, MD, PhD, lors de la Conférence mondiale sur le cancer du poumon 2026 de l'Association internationale pour l'étude du cancer du poumon, qui s'est tenue du 12 au 15 septembre 2026 à Séoul. Les résultats combinés des phases d'escalade et d'expansion de dose ont montré que les 24 patients ont tous terminé le traitement avec JNJ-1900 (NBTXR3) plus une réirradiation, sans toxicité limitant la dose. Les investigateurs n'ont signalé aucun événement indésirable de grade 3 ou supérieur lié à JNJ-1900 (NBTXR3) ou à la procédure d'injection.
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