Mi-séance Paris : le CAC 40 sous pression, rebond du pétrole et des taux
La bourse de Paris recule ce midi dans un contexte géopolitique toujours tendu.
La tendance
La remontée du prix du baril de Brent, qui évolue ce midi au-dessus des 105$, pèse sur l'appétit des investisseurs en Europe et à Paris. Le CAC 40 s'affiche en retrait de 0,67 % vers les 8 070 points. Du côté des obligations d'État, la flambée se poursuit pour le " 10 ans " français, qui culmine à 4,692 %, pesant lui aussi sur les actions françaises.
L'accalmie sur les cours du brut aura été de courte durée, alors que l'Assemblée générale de l'ONU à New York ne semble pas donner de l'élan à une rapide solution diplomatique au Moyen-Orient. Les prix du pétrole se sont par ailleurs accélérés ce matin, alors qu'un conseiller militaire du guide suprême iranien a déclaré que Téhéran pourrait étendre le conflit à l'océan Indien en cas de nouvelle attaque des États-Unis ou d'Israël.
Hier, le président iranien Massoud Pezeshkian avait déclaré à la tribune des Nations unies que l'Iran ne capitulerait jamais face aux États-Unis, mais qu'il était prêt à reprendre les négociations. Dans le camp d'en face, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré mercredi aux journalistes qu'un accord avec Téhéran nécessiterait un travail de longue haleine, ajoutant que le président américain disposait également d'options militaires.
De son côté, Donald Trump accueille ce jeudi son homologue chinois Xi Jinping à la Maison-Blanche dans le cadre d'une rencontre pour laquelle les investisseurs espèrent que les deux dirigeants parviendront à une prolongation de la trêve commerciale entre les deux pays conclue l'année dernière, qui avait permis d'éviter un choc majeur pour l'économie mondiale. Outre le commerce, la course effrénée à l'intelligence artificielle, le dossier iranien, la vente d'armes à Taïwan et d'autres sujets brûlants devraient être abordés par les deux superpuissances.
En matière de statistiques économiques, l'indice du climat des affaires en France pour le mois de septembre perd deux points, à 96, et s'éloigne de son niveau moyen (100). L'indicateur du climat de l'emploi perd un point ; il est stable dans l'industrie et le bâtiment, mais se dégrade nettement dans le commerce de détail, et plus légèrement dans les services et le commerce de gros. La confiance des ménages demeure stable sur le mois, mais toujours sous sa moyenne de longue période.
À noter que BofA Securities vient de réviser à la baisse les perspectives économiques de la zone euro pour intégrer des prix de l'énergie plus élevés cet hiver, des conditions financières durcies et une BCE plus ferme. Selon la banque, les cours du gaz TTF et du Brent sont attendus entre 90 et 100 $ pour fin 2026 et début 2027, avant de rebaisser d'ici à la fin 2027. Cette situation conduit à relever l'inflation globale à 3 % en 2026 et 2,5 % en 2027. Côté croissance, le rythme ralentit à environ 0,2 % par trimestre cet hiver sous la contrainte énergétique et financière, pour s'établir à 1 % en 2026 et 2027. Face à ce contexte, le scénario de la BCE intègre désormais une hausse de taux en décembre 2026, suivie de baisses au second semestre 2027 pour ramener le taux de dépôt sous les 2 % en 2028. Enfin, un maintien prolongé des prix de l'énergie à un niveau élevé pourrait peser plus lourdement sur la croissance et rapprocher le scénario d'un cycle de baisses de taux plus rapide, détaille BofA.
VALEURS EN HAUSSE
Christian Dior bondit de plus de 16,4 % à 425,20 E après une information, hier soir, sur la poursuite de la simplification des structures du groupe familial Arnault, qui envisage, après la fusion-absorption de Financière Agache par Agache, une fusion-absorption d'Agache par Christian Dior et la transformation de celle-ci en société en commandite par actions. La transformation annoncée entraînerait alors le dépôt d'une offre publique de retrait sur les actions Christian Dior, sans retrait obligatoire. Les actionnaires minoritaires de Christian Dior auraient ainsi la possibilité de rester actionnaires aux côtés du groupe familial Arnault au sein de la structure de contrôle de LVMH (+0,10 %), propriétaire de Boursier.com, qui prendrait la dénomination sociale Agache et la forme sociale d'une société en commandite par actions, ou de bénéficier d'une option de liquidité au moyen de cette offre publique de retrait. Agache détient à ce jour 100 % de Financière Agache, qui détient 96 % du capital et 97,10 % des droits de vote de Christian Dior et 6,77 % du capital et 8,49 % des droits de vote de LVMH.
Après absorption de Financière Agache par Agache, il est envisagé qu'Agache soit absorbée par Christian Dior, laquelle serait simultanément transformée en société en commandite par actions et renommée Agache.
Au terme des opérations, le contrôle de LVMH serait ainsi exercé au sein d'une unique société, cotée sur Euronext Paris depuis plus de trente ans, sous la forme d'une société en commandite par actions, détenant une participation directe dans LVMH de 49,76 % du capital et 65,55 % des droits de vote, et rassemblant ainsi l'essentiel de la participation du groupe familial Arnault dans LVMH, qui s'élève à 50,33 % du capital et 66,27 % des droits de vote.
Rising Stone (+2,64 % à 40,75 E) : le résultat net de l'ensemble consolidé est désormais attendu entre 15,2 ME et 16,0 ME pour l'exercice 2026, en progression comprise entre 50 % et 58 % par rapport aux 10,1 ME réalisés en 2025. Cette estimation s'appuie sur un résultat net de l'ensemble consolidé compris entre 8,0 ME et 8,2 ME au 1er semestre 2026 (donnée préliminaire estimée) et sur les perspectives actualisées du groupe pour le 2nd semestre.
Quadient (+2,48 % à 13,24 E) : l'EBITDA a atteint 96 millions d'euros au premier semestre 2026, en baisse de 7,1 % sur un an. Le résultat net, part du groupe, s'élève à 9 millions d'euros au premier semestre 2026, contre 20 millions d'euros au premier semestre 2025. Le résultat net par action s'élève à 0,26 euro au premier semestre 2026, contre 0,60 euro au premier semestre 2025, et le résultat net dilué par action s'établit à 0,25 euro au premier semestre 2026, contre 0,59 euro un an avant. En outre, le groupe annonce que son conseil d'administration est arrivé à la conclusion qu'une cession de l'activité Lockers maximisera la valeur pour les actionnaires et permettra à la Société d'accélérer la mise en oeuvre de sa stratégie Digital.
Hexaôm (+5,29 % à 21,90 E) réalise, au 1er semestre 2026, un chiffre d'affaires en croissance de 12,3 % à 343,9 millions d'euros, en phase avec l'évolution de l'activité commerciale 2024/2025. À périmètre constant (sans tenir compte de l'activité de janvier 2026 générée par le sous-groupe HDV, acquis fin janvier 2025), le chiffre d'affaires progresse de 11,2 %. Le résultat opérationnel courant enregistre une bonne progression et s'établit à 19,5 ME, en hausse de 59,8 %. La marge opérationnelle courante ressort ainsi en ligne avec les prévisions et représente 5,7 % du chiffre d'affaires (4 % en 2025). Cette hausse de 1,7 point s'explique principalement par deux facteurs : le retour à la croissance du chiffre d'affaires ; les actions visant à l'amélioration de la marge nette sur coûts variables, conjuguées à la bonne maîtrise des coûts fixes. Le résultat net part du groupe est de 12,6 ME, en croissance de 125 % par rapport au 1er semestre 2025, à 5,6 ME. Compte tenu de la visibilité offerte par son carnet de commandes et du rythme actuel des mises en chantier, Hexaôm prévoit pour 2026 une croissance de son chiffre d'affaires de l'ordre de 20 %, accompagnée d'une rentabilité opérationnelle supérieure à 5 %.
Trigano (+0,07 % à 133,30 E) : le chiffre d'affaires atteint 3,8 milliards d'euros au cours de l'exercice 2025/2026 (+3,8 %). L'accueil favorable réservé par les distributeurs aux modèles de la gamme 2027 ainsi que leur confiance envers Trigano se sont traduits par une progression des carnets de commandes permettant une bonne visibilité de l'activité sur le premier semestre. En ce début de saison, l'attractivité des véhicules de loisirs se confirme avec la forte fréquentation des premiers salons nationaux (Düsseldorf : 259 000 visiteurs et Parme : 100 000 visiteurs) et des foires d'automne. Toutefois, celle-ci ne s'est pas encore traduite par une croissance des ventes de camping-cars aux particuliers en raison d'un certain attentisme des consommateurs.
Beneteau (+7,36 % à 5,54 E) a dégagé au premier semestre 2026 un résultat opérationnel courant à l'équilibre (-0,2 ME contre -20,6 ME au S1 2025). Hors activités américaines, dont le groupe se désengage, il est redevenu positif à 9 ME, contre une perte de 12 ME un an plus tôt à iso-périmètre. Ce redressement est principalement attribué à la croissance des volumes (+16 ME de contribution au résultat) et aux leviers opérationnels (+8 ME d'effet supplémentaire). Ces derniers résultent notamment de la stabilisation de l'ERP, des gains de productivité réalisés en France et en Pologne, ainsi que de la poursuite de la réduction des coûts de structure. Ces gains ont été en partie redéployés dans des dépenses ciblées en R&D et en développement commercial, pour 4 ME sur la période. Les activités américaines arrêtées ont, pour leur part, généré une perte opérationnelle de 9 ME sur le semestre, contre 8 ME un an plus tôt, pour un chiffre d'affaires de 13 ME et 21 ME, respectivement. Sur l'ensemble de l'année 2025, ces activités avaient représenté une perte de près de 13 ME pour un chiffre d'affaires de 39 ME. Le résultat net est affecté par 30 ME d'éléments non récurrents principalement liés à l'arrêt des activités industrielles américaines. Le résultat net part du groupe s'est établi à -21,4 ME au premier semestre 2026, contre -24,8 ME au premier semestre 2025.
Schneider Electric (+0,46 % à 294,70 E) va racheter Shelly Group, un fabricant d'appareils connectés pour la maison, dans le cadre d'une opération valorisant l'entreprise bulgare à environ 1,2 milliard d'euros, hors dette. Schneider lancera une offre publique d'achat au prix de 70 euros par action, confirmant une information publiée précédemment par Bloomberg News. Ce prix représente une prime de 8,7 % par rapport au cours de clôture de l'action Shelly mardi à Francfort, et de 20 % par rapport à son niveau de fin juillet, juste avant que l'agence ne révèle l'existence de pourparlers entre les deux sociétés.
L'Oréal (+0,53 % à 382,50 E) a procédé aujourd'hui avec succès au placement d'une émission obligataire en trois tranches d'un montant total de 2 milliards d'euros.
Le Slip Français, récemment introduit en Bourse, bondit de 8,20 % à 10,82 E grâce au soutien d'analystes. TP ICAP Midcap a débuté le suivi de la valeur à l'" achat " en visant 18,1 euros. Le groupe est un OVNI dans le paysage industriel français car, bien plus qu'une marque, il constitue aujourd'hui un outil industriel performant capable de rivaliser avec les acteurs textiles européens, et demain peut-être avec les concurrents chinois, explique l'analyste. En passe de réussir son pari du Made in France, les ambitions sont fortes mais réalisables, selon le courtier.
VALEURS EN BAISSE
Genfit, Abionix Pharma, Soitec et Nacon accusent les plus fortes baisses de la matinée sur le SRD.
Infotel (-0,13 % à 38,50 E) enregistre au 1er semestre 2026 un chiffre d'affaires de 160,3 millions d'euros, en progression de 9,4 %. Après une hausse de 8,6 % au 1er trimestre, la croissance s'est établie à 10,4 % au 2e trimestre, témoignant d'une accélération de la dynamique commerciale du groupe sur la période. La croissance soutenue de l'activité s'accompagne d'une nette amélioration de la performance opérationnelle. Infotel signe un résultat opérationnel courant (hors actions gratuites) de 14,6 ME, représentant une marge opérationnelle courante de 9,2 % du chiffre d'affaires, en progression de 1,5 point par rapport au 1er semestre 2025. Après prise en compte des actions gratuites, le résultat opérationnel courant progresse de 31,7 % à 13,3 ME, représentant une marge de 8,3 %, contre 6,9 % un an auparavant. Le résultat net part du groupe s'établit à 11,7 ME, en très forte progression de 138,8 %, faisant ressortir une marge nette de 7,3 %, en progression de 4 points par rapport au S1 2025. Infotel vise désormais sur l'exercice une progression de son chiffre d'affaires au niveau du 1er semestre 2026, soit 9,5 %. Le groupe se fixe par ailleurs en 2026 un objectif de marge opérationnelle courante (hors actions gratuites) supérieure à 9 %.
Euronext (-0,19 % à 160,10 E) : à la suite de ses dernières déclarations, Stéphane Boujnah, directeur général de l'opérateur boursier, a douché les spéculations selon lesquelles son entreprise pourrait prochainement racheter l'un de ses grands concurrents européens. "À ma connaissance, il n'y a aucun intérêt pour une opération impliquant le London Stock Exchange ou sa société mère, le London Stock Exchange Group", a déclaré le dirigeant sur Bloomberg TV. Interrogé sur une éventuelle opération avec Deutsche Börse, il a ajouté qu'il n'y avait a"ucune discussion, sous quelque forme que ce soit".
Hydrogène de France (-0,66 % à 2,25 E) a poursuivi la rationalisation de ses projets et améliore l'efficience de son organisation au cours du 1er semestre. Au 30 juin 2026, l'effectif moyen hors contractants s'établit à 93 personnes, contre 103 un an plus tôt. Les frais de personnel reviennent à 3,9 millions d'euros au 1er semestre 2026 (4,4 ME au S1 2025). Le chiffre d'affaires consolidé du 1er semestre 2026 s'établit à 0,55 ME (0,41 ME au 1er semestre 2025). Il provient des contrats d'assistance à maîtrise d'ouvrage (AMO) de développement sur RSB à la Barbade, des projets NewGen à Trinité-et-Tobago, de l'assistance à la construction du chantier CEOG et de la vente de piles à combustible et des services associés. Le résultat opérationnel ressort à -4,6 ME (-8,3 ME au 1er semestre 2025). Le résultat net consolidé ressort à -4 ME (-6,6 ME au 1er semestre 2025).
Essilor recule de quelque 1,60 % à 147,65 E. Le lunettier a présenté avec Meta sa nouvelle génération de lunettes IA lors de l'événement Meta Connect du groupe de Mark Zuckerberg, qui se tient au siège du groupe californien à Menlo Park. Le portefeuille d'innovations des deux alliés continue de s'étendre, avec l'annonce d'une nouvelle gamme de lunettes audio, de la troisième génération de Ray-Ban Meta, ainsi que de nouveaux modèles, fonctionnalités et zones géographiques pour les produits existants.
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