Mi-séance Paris : le CAC 40 se reprend mais les tensions obligataires ne faiblissent pas
Le spread avec l'Allemagne s'élargit encore à 145 points de base.
LA TENDANCE
Après trois baisses consécutives et quasiment 250 points perdus qui l'ont ramené à 7.835 points, un point bas en clôture pas vu depuis le 31 mars dernier, le CAC 40 stoppe l'hémorragie ce vendredi et reprend 0,6% à 7.880 points. La hausse ralentit toutefois assez nettement à la mi-journée.
Le gouvernement a présenté un projet de budget pour 2027 prévoyant 43 milliards d'euros de nouvelles économies. Un effort relativement faible compte tenu du déficit budgétaire français et de la hausse de la charge des intérêts de la dette qui continue à augmenter. Il n'y a pas vraiment d'accalmie de ce côté-là avec un rendement de l'OAT 10 ans proche de 4,90% et un spread avec l'Allemagne qui s'élargit encore à 145 points de base pendant que les taux allemands reculent à 3,45%.
Aux Etats-Unis, le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans vient de connaître un pic de 24 ans, et les commentaires du vice-président de la Réserve fédérale, Philip Jefferson, qui a laissé entendre que la Fed pourrait faire preuve de patience avant de relever à nouveau ses taux, ont ensuite freiné cette hausse fulgurante. D'après l'outil FedWatch de CME, les marchés misent désormais à seulement 24% sur l'hypothèse d'une nouvelle hausse des taux lors de la réunion d'octobre de la banque centrale américaine, contre 68% plus tôt cette semaine.
VALEURS EN HAUSSE
Au plus bas historique hier, Stellantis rebondit de 4% sur les 4 euros. Le constructeur automobile a annoncé hier soir que sa filiale américaine avait vendu 324.277 véhicules au troisième trimestre, soit à peu près le même niveau qu'un an plus tôt. Sur les neuf premiers mois de l'année, les ventes des marques Chrysler, Dodge, Jeep, et Ram affichent une hausse de 3% à 958.463 unités. "Dans un contexte sectoriel marqué par une forte concurrence, nous avons réalisé un troisième trimestre marqué par la rigueur, soutenus par notre réseau de concessionnaires motivé qui a continué de dynamiser nos ventes au détail", a déclaré Michael Orange, responsable des ventes au détail et de la performance du réseau aux États-Unis. "Les ventes au détail ont progressé pour le Ram 1500 (+42%), le Dodge Durango (+18%), le Jeep Grand Wagoneer (+14%) et le Chrysler Pacifica (+7%), tandis que le Jeep Cherokee hybride a enregistré son meilleur mois de ventes au détail en septembre".
Engie remonte d'environ 1% à 22,7 euros. Dans une note, Barclays souligne que l'État belge, Engie et Electrabel ont repoussé du 1er octobre au 4 novembre la date cible pour s'accorder sur les grands termes d'une reprise par l'État des activités nucléaires belges d'Engie. La banque y voit un catalyseur plus proche qu'attendu, au vu de la complexité de l'opération et des articles de presse qui évoquaient un report plus long : le calendrier suggère que les négociations avancent. La Belgique cherche à reprendre l'essentiel des activités nucléaires d'Electrabel, dont le parc de sept réacteurs, les salariés et les obligations de démantèlement ; l'opération se veut globalement neutre financièrement pour Engie, et le groupe a suspendu les travaux de démantèlement pendant les négociations. Barclays juge que cette sortie transformerait le profil de risque d'Engie, estime exagérées les inquiétudes liées au risque politique français et considère la valorisation attractive. La banque reste ainsi à 'surperformer' sur le titre en visant 31 euros.
Interparfums gagne plus de 4% à 30 euros. Selon nos informations, Kepler Cheuvreux vient de passer à l''achat' sur le parfumeur en ciblant 36 euros contre 23 euros précédemment. Le marché est assez partagé sur la valeur puisque, selon le consensus 'Bloomberg', 7 analystes sont 'positifs', 4 sont 'neutres' et 1 est 'négatif'. L'objectif moyen à douze mois est fixé à 31,94 euros.
Saint-Gobain reprend 1% à 67 euros. JP Morgan a ajusté sa cible de 100 à 95 euros ('surpondérer') et Jefferies de 137 à 132,6 euros ('achat').
VALEURS EN BAISSE
Sanofi retombe de plus de 3% à 70,7 euros, sa plus forte baisse depuis juillet. Citi manifeste son scepticisme quant à l'annonce faite hier par le laboratoire français concernant l'extension de son partenariat avec Regeneron. Cet accord vise à codévelopper et commercialiser de nouveaux médicaments à base d'anticorps destinés à traiter des maladies liées au système immunitaire. La banque ('neutre') se demande si Sanofi ne débourse pas jusqu'à 8 milliards de dollars " pour le simple confort de posologie" et qualifie l'annonce de "quelque peu décevante".
Kering abandonne 2% à 213 euros et aligne une quatrième séance de repli. Les analystes sont nombreux à revoir leur copie sur le dossier au lendemain du call tenu hier soir par la société de luxe avec la communauté des analystes sell-side. Morgan Stanley a coupé sa cible de 320 à 250 euros tout en restant à 'pondération en ligne'. HSBC ('achat') a ajusté la mire de 305 à 300 euros, Barclays ('pondération en ligne') a réduit le curseur de 310 à 300 euros et JP Morgan a ajusté son objectif de 235 à 215 euros ('sous-pondérer').
STIF s'effondre de près de 60% à 18,7 euros, complètement délaissé après l'annonce de l'arrêt de ses activités avec Tesla. Tesla USA a en effet choisi pour son nouveau modèle de système de stockage d'énergie par batterie, le 'MEGAPACK 3', d'autres systèmes de sécurité qui n'incluent pas les produits STIF. En conséquence, STIF n'enregistrera plus de volumes d'affaires en 2027 avec ce client important, entraînant un impact sur ses performances financières. Le nouvel objectif pour 2027 est d'atteindre un chiffre d'affaires de 100 ME et une marge d'EBITDA autour de 15%.
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