Mi-séance Paris : le CAC 40 s'essouffle
L'indice phare de la bourse de Paris n'a pas tenu les 8.400 points...
La tendance
Le CAC 40 est passé au rouge ce matin après avoir réussi hier à se hisser de nouveau au-dessus du cap des 8.400 points symboliques autour desquels il évolue depuis plusieurs séances. En recul de 0,59% à 8382 points à la mi-séance, l'indice parisien fait face aux craintes des investisseurs liées aux surévaluations de l'IA, même si la poursuite de la baisse des cours du brut, en dépit d'un incident sur un navire hier, apporte un certain soutien.
Sur le marché de l'or noir, les cours pétroliers sont de nouveau à la baisse, les deux contrats de référence ayant bondi de plus de 2% jeudi alors qu'ils étaient retombés plus tôt à leurs niveaux d'avant-guerre, suite à un incident sur un cargo près d'Oman, touché par un projectile non identifié, ce qui a conduit l'agence maritime des Nations unies à suspendre son initiative d'évacuation dans le détroit d'Ormuz, rapporte Reuters. Les séismes survenus mercredi au Venezuela ont également ravivé les inquiétudes concernant l'approvisionnement, bien que les premières évaluations ont jusqu'à présent révélé des dégâts limités.
Le géant du raffinage Saudi Aramco a repris aujourd'hui le chargement de pétrole sur son terminal de Ras Tanura, dans le Golfe, après une interruption de près de quatre mois. Deux très grands pétroliers ont chargé du pétrole brut sur le terminal. Un signal de bon augure dans la région après la confirmation de l'augmentation des flux sortant du détroit d'Ormuz depuis sa réouverture
Le Brent perd vendredi plus de 3% à 72,16$, et le WTI américain baisse de 2,91%, passé sous les 69,5$.
Les marchés sont par ailleurs toujours animés par les fortes variations des valeurs technologiques liées à l'IA et hier soir elles ont soufflé le chaud et le froid avec le net repli d'Apple, qui a relevé jeudi les prix de ses Mac, iPad ainsi que de plusieurs accessoires dans le monde entier, invoquant l'envolée du coût des puces mémoire provoquée par l'essor de l'IA. L'action de la troisième capitalisation mondiale a chuté de plus de 6%. En parallèle, Microsoft a aussi annoncé qu'il allait augmenter le prix de ses consoles de jeux vidéo Xbox dans le monde à partir du 1er août, invoquant les mêmes raisons qu'Apple. Le géant des puces Micron a lui vu ses résultats s'envoler...
Valeurs en hausse
Danone accélère, à près de +2,63% en fin de matinée (71,92E), à la faveur d'une note positive de JP Morgan, toujours à l'achat et avec un objectif de cours à 90E. Le groupe agroalimentaire est bonne posture cette semaine. Le titre reprend près de 11% sur les cinq dernières séances.
bioMérieux (+0,57% à 70,50E) a soumis une demande combinée d'autorisation 510(k) et de dérogation CLIA à la Food and Drug Administration américaine (FDA) pour le test BIOFIRE SPOTFIRE Vaginitis (VG) Panel. Cette solution PCR multiplexe automatisée de biologie délocalisée est capable d'identifier simultanément, en 20 minutes, les causes les plus courantes de vaginite. Cette demande d'autorisation marque la volonté de bioMérieux d'étendre ses activités dans le domaine de la santé féminine et sexuelle.
SCOR (+0,69% à 32,04 Euros) prend acte de la sentence rendue le 25 juin 2026 par le tribunal arbitral dans le cadre de la procédure engagée en 2022 visant à obtenir l'exécution des traités de rétrocession conclus avec Covéa en juin 2021. Ces traités organisent la cession à Covéa de 30% du portefeuille Life & Health détenu par les entités irlandaises de SCOR au 31 décembre 2020. Le tribunal arbitral confirme la validité des traités, dont l'exécution se poursuivra conformément à leurs modalités. Le tribunal a en outre jugé qu'il était équitable d'indemniser Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars. Après prise en compte de provisions, l'impact sur le résultat net de SCOR au deuxième trimestre 2026 sera d'environ 50 millions d'euros, sans incidence négative sur le ratio de solvabilité ou la liquidité.
Air France-KLM (+0,40% à 13,92E) a placé avec succès, jeudi, 500 ME d'obligations seniors non garanties ('senior unsecured'), d'une maturité de 5 ans, assorties d'un coupon fixe annuel de 4,25% (pour un rendement à maturité de 4,318%). Le produit de l'émission sera affecté aux besoins généraux du groupe.
Trigano (+0,94% à 140,30E) continue de grimper au lendemain de la publication de ses résultats trimestriels. Le spécialiste des véhicules de loisir a fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel de 1,162 milliard d'euros, en croissance de 1,6%. Sur 9 mois, le chiffre d'affaires atteint 2,941 MdsE, soit une hausse de 3,5% à périmètre et change constants. " La croissance attendue du chiffre d'affaires et l'évolution positive de la production permettent d'entrevoir une amélioration des résultats sur l'exercice à fin août 2026 ainsi qu'une solide génération de trésorerie ", a indiqué le groupe en guise de perspectives.
Valeurs en baisse
Airbus flanche (-1,09% à 192,96E) alors que le groupe a annoncé la signature d'un protocole d'accord avec Kawasaki Heavy Industries afin d'étudier les possibilités de développer une variante japonaise de l'Eurodrone U950, destinée à la lutte anti-sous-marine. Cette collaboration ciblée avec le Japon vise à renforcer le programme Eurodrone tout en approfondissant le cadre stratégique des initiatives de défense euro-japonaises. Ce programme à quatre nations composé de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Espagne, dirigé par l'Organisation de coopération conjointe en matière d'armement, est actuellement en développement et doit effectuer son premier vol en 2029. L'Inde est également observatrice du programme.
Le groupe aéronautique européen profite en outre d'une très belle commande de China Eastern Airlines, qui va acquérir 25 A330neo, a annoncé la compagnie chinoise dans un avis réglementaire. Le prix réel de la commande sera inférieur au prix catalogue de 9,35 milliards de dollars, et les avions seront livrés entre 2029 et 2033.
Crédit Agricole, en baisse de 0,37% à 17,60E, souhaiterait augmenter sa participation dans Banco BPM à près de 30%. La banque française aurait informé le gouvernement italien de son intention, selon les sources de 'Reuters'. Le Crédit Agricole aurait ainsi indiqué aux autorités italiennes avoir conclu des contrats sur produits dérivés pour faire passer sa participation de 22,9% à 29,9%, tout en excluant une prise de contrôle totale. Un mouvement qui renforcerait néanmoins son emprise sur la quatrième banque du pays dans un contexte de nouvelle vague de fusions dans le secteur.
UniCredit, actuellement mobilisée en Allemagne par une offre sur Commerzbank, pourrait de nouveau s'intéresser à BPM, un scénario auquel le Crédit Agricole se prépare, selon les sources de l'agence. Le directeur général d'UniCrédit, Andrea Orcel a récemment déclaré que sa banque appréciait de jouer, pour une fois, le rôle d'observateur dans le mouvement de consolidation bancaire en Italie, alors que les cibles potentielles, objet de rumeurs, s'échangent avec une prime de valorisation de 30 à 35%. Toutefois, UniCredit se tient prête à saisir toute opportunité, a-t-il ajouté.
TotalEnergies (-0,97% à 68,60 Euros) : Après la décision du tribunal judiciaire de Paris concernant le devoir de vigilance de TotalEnergies, le groupe constate avec satisfaction que le TJ de Paris n'a pas retenu dans sa décision du 25 juin, les demandes des associations et de la ville de Paris, qui visaient à faire interdire à TotalEnergies les nouveaux projets pétroliers et gaziers ou à l'obliger à réduire sa production de pétrole et de gaz.
Michelin (-0,30% à 33,79 Euros) Amérique du Nord vient d'annoncer son intention de mettre progressivement fin aux activités de production de son site BFGoodrich à Tuscaloosa en Alabama. La baisse d'activité sera effectuée par phases à partir du début de l'année prochaine et devrait s'achever d'ici fin 2028. La quasi-totalité de la production de la marque BFGoodrich sera consolidée à l'usine de Fort Wayne dans l'Indiana. Les deux sites de production aux Etats-Unis fonctionnent bien en dessous de leurs capacités nominales, ce qui entraîne des inefficacités structurelles non soutenables à long terme. La consolidation de la production à Fort Wayne permettra de créer une structure industrielle plus efficiente. Le site de Tuscaloosa a été acquis en 1990 et produit des pneumatiques pour véhicules de tourisme à la marque BFGoodrich, il emploie environ 1.200 personnes. Michelin enregistrera une provision de l'ordre de 220 millions d'euros en charges non récurrentes dans ses résultats financiers consolidés pour l'exercice 2026.
Jefferies dégrade Accor à 'conserver' et réduit sa cible de 55 à 52 euros. Le titre cède 2% à 50,56E. L'analyste estime qu'une éventuelle reprise au Moyen-Orient est déjà prise en compte par le marché, laissant peu de marge pour une revalorisation du titre. L'activité coeur Gestion et Franchise affiche une sous-performance qui, combinée à un profil de risque plus élevé que celui de ses concurrents, laisse peu de marge pour une hausse de l'action, selon le courtier. Ce dernier réduit ses estimations d'environ 4%, les plaçant à près de 3% en dessous du consensus.
Alstom corrige de 1,12% à 15,51E alors que de source Reuters, l'équipementier ferroviaire a conclu un contrat de maintenance de cinq ans pour des locomotives électriques WAG-12B, au dépôt de Nagpur, en Inde. Le contrat s'élève à 107 millions d'euros et a été conclu par l'intermédiaire de sa coentreprise avec les chemins de fer indiens.
Enfin, Renault évolue sans direction à 26,19E après quatre séances consécutives dans le rouge. Oddo BHF explique que le groupe reste perçu comme un constructeur cyclique et vulnérable, alors que son profil a profondément changé. L'analyste juge le groupe mieux armé pour défendre sa rentabilité et surtout son cash grâce à une meilleure qualité des ventes, une base de coûts plus flexible et un bilan assaini. La menace chinoise paraît réelle mais surestimée. A l'inverse, la captive MFS et un bilan en cash net (proche de la capitalisation boursière) renforcent la résilience et la capacité de retour à l'actionnaire, encore sous-estimées par le marché. Oddo demeure à 'surperformer' avec une cible rehaussée de 45 à 50E.
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