Mi-séance Paris : le CAC 40 au-dessus des 8600 points
La bourse de Paris profite de l'accalmie des cours du brut et des résultats semestriels solides des entreprises françaises...
Le CAC 40 démarre la semaine de bon pied. L'indice parisien demeure au-dessus des 8600 points ce midi, en hausse de 1,27% à 8.617 pts, à la faveur d'une nouvelle baisse des cours du brut suivant une énième annonce américaine de reprise des négociations avec l'Iran...
Donald Trump a déclaré dimanche que des discussions entre les deux parties se tiendraient dans les prochaines heures, refusant toutefois de fixer une date butoir pour un accord, après avoir annoncé auparavant renoncer à attaquer l'Iran dans l'espoir d'une entente rapide sur la réouverture du détroit d'Ormuz. Mais cette affirmation a déjà été démentie par l'Iran, ce matin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baqaei, ayant déclaré que Téhéran ne négociait pas avec les Etats-Unis en ce moment, mais "avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz".
"La question principale est de savoir si cette semaine sera une simple répétition de la semaine dernière, avec l'espoir d'un accord qui s'effondre alors que l'Iran campe sur ses positions et continue d'exploiter son contrôle sur le détroit, éventuellement par le biais d'une attaque contre une base américaine ou un pétrolier transitant par cette voie navigable", déclare Tony Sycamore, analyste de marché chez IG.
"Si nous obtenons du concret concernant un accord de paix, ou plus important encore, la réouverture du détroit d'Ormuz, nous pourrions assister à de vigoureux rebonds de soulagement sur l'ensemble des marchés", ajoute Nick Twidale, analyste en chef des marchés chez AT Global Markets. "Pour l'instant, il semble que la volatilité persistera sur les différents marchés, d'autant que les investissements liés à l'IA restent le thème dominant pour les actions".
Le cours du Brent reflue de plus de 6% ce lundi midi, sous les 84$ le baril, et le WTI, à près de 9,4% de baisse, s'échange sous les 80$.
En matière de résultats semestriels, "la saison a envoyé un signal beaucoup plus favorable qu'attendu sur la santé des grandes entreprises françaises. Malgré les tensions au Moyen-Orient, le risque de rebond de l'inflation et les interrogations sur les politiques monétaires, près d'un tiers des groupes publiant des prévisions ont relevé leurs objectifs annuels", relève ce matin Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour eToro à la lecture des résultats des 38 sociétés de l'indice parisien (Eiffage et Pernod Ricard publiant en décalé).
"Le marché récompense avant tout les sociétés capables de démontrer que leur croissance repose sur des tendances durables (Schneider Electric et Legrand), mais Les réactions de marché ont cependant montré que les investisseurs restent extrêmement sélectifs (Hermès)", note le spécialiste qui souligne par ailleurs que l'euro constitue encore un frein pour les groupes internationaux, réduisant mécaniquement les revenus convertis en euros, notamment dans le luxe et la santé.
Dans l'actualité économique, la France a décidé de renforcer le contrôle des investissements étrangers sur les entreprises opérant dans les secteurs stratégiques. Un décret et un arrêté publié dimanche abaissent le niveau de participation à partir duquel une opération menée par entreprise étrangère peut faire l'objet d'un contrôle de l'Etat, qui passe de 25% à 10% afin de "continuer à protéger les entreprises et les technologies clefs pour (la) sécurité" du pays, a annoncé Matignon ce lundi - mais selon une nouvelle procédure accélérée.
A l'agenda des statistiques, le PMI manufacturier de la France de juillet repart dans le rouge à 49,8, marquant une contreperformance dans la zone euro, dont la production est ressortie en moyenne à son plus haut niveau depuis mars 2022.
Du côté des immatriculations automobiles, elles ont augmenté de 9% en France à 126.808, les véhicules électriques dépassant un tiers de parts de marché (35%), selon les données communiquées samedi par la Plateforme automobile (PFA). Cette dynamique profite notamment aux marques chinoises, qui s'adjugent 8% du marché, et à Tesla, dont les ventes ont progressé de 86% sur un an en juillet, pour atteindre 2.429 véhicules.
VALEURS EN HAUSSE
Air France KLM s'octroie 4,6% à 12,56 euros en matinée à la faveur de la détente des cours du brut, mais également sur des déclarations de son patroon Ben Smith, au Financial Times, qui a affirmé qu'il prévoyait de capter une partie de la clientèle d'easyJet en profitant des turbulences liées au rachat attendu de la compagnie britannique à bas coûts. "Nous allons assurément les reconquérir, maintenant que nous disposons d'une offre compétitive et de coûts réduits", a déclaré le dirigeant. "Ce sont des clients que nous avions perdus en raison de l'attractivité de leur produit".
Accor gagne 3,05% à 46,27E porté par la chute des cours du pétrole. Le groupe a par ailleurs cédé la totalité de son activité de coworking, Wojo, à IWG. Cette acquisition élargit le réseau d'IWG de 186 espaces de travail supplémentaires "et marque également le début d'une relation de long terme avec Accor, ouvrant de nouvelles perspectives pour développer des espaces de travail flexibles gérés par des professionnels au sein de son réseau hôtelier, alors que la demande pour le travail hybride et les déplacements professionnels mêlant travail et loisirs continue de croître", précise l'entreprise dans un communiqué.
Renault confirme sa hausse de vendredi avec une action qui bondit de plus de 4,2% à 28,42 euros. Selon les données de la Plateforme automobile, les immatriculations de voitures neuves en France ont augmenté de 9% en rythme annuel en juillet, à 126.808 véhicules. Parmi celles-ci, les voitures neuves électriques atteignent 35% de part de marché, à la faveur notamment du lancement du nouveau leasing social. Les ventes du groupe Renault ont progressé de 9,5% avec un bond de près de 22% pour la seule marque au Losange. Sur le front des analystes, Bernstein a réitéré son avis 'surperformer' avec un objectif ajusté de 43 à 40 euros tandis que Citi reste à l''achat' en ciblant 38 euros.
Mersen grimpe de 7,36% à 39,98E, dopé par une note de Berenberg. Le broker a rehaussé à l''achat' sur le dossier avec une cible ajustée de 48 à 50 euros. Il souligne que les résultats semestriels supérieurs aux attentes et le relèvement des prévisions du fabricant de composants électroniques ont été soutenus par la croissance de sa division Énergie. L'analyste indique que "la demande soutenue provenant de marchés finaux clés, tels que les infrastructures de réseau et les centres de données, devrait s'accélérer au second semestre, avec une amélioration séquentielle des marges". Berenberg estime ainsi disposer d'éléments suffisants pour adopter un avis positif sur l'entreprise.
Parrot (+3,42% à 10,28 euros) est confiant dans la poursuite de l'amélioration de sa performance opérationnelle. Au 1er semestre 2026, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 57,3 millions d'euros, en croissance de 71%, porté par la forte montée en puissance de l'activité micro-drones professionnels. Celle-ci enregistre un chiffre d'affaires de 42,1 ME, en progression de 134%, tandis que l'activité Solutions pour infrastructures essentielles demeure stable à taux de change constants sur le semestre. La forte progression de l'activité permet au Groupe d'atteindre un résultat opérationnel courant positif de 2,6 ME (-12,9 ME un an plus tôt). Le résultat net part du Groupe ressort à 2,1 ME et la consommation de trésorerie opérationnelle est ramenée à 2,2 ME (13,7 ME au 1er semestre 2025).
Worldline (+10,93% à 13,52E) annonce la finalisation de la cession de ses activités de paiement en Inde à BillDesk, acteur indien de premier plan des paiements, pour une valeur des capitaux propres d'environ 60 millions d'euros. En parallèle, Worldline conclura un accord technologique et logiciel à long terme, dans le cadre duquel BillDesk continuera d'exploiter les logiciels de paiement avancés de Worldline de manière durable. Ce partenariat"assure la continuité opérationnelle, souligne la valeur pérenne des actifs technologiques de Worldline et établit une relation durable entre les deux groupes dans l'un des marchés de paiement à la croissance la plus rapide au monde". La valeur d'entreprise s'élève à environ 37 millions d'euros et la valeur des capitaux propres à environ 60 millions d'euros. L'impact de la déconsolidation de ce périmètre sur le groupe en termes de chiffre d'affaires, d'EBITDA ajusté et de flux de trésorerie disponible est respectivement estimé à environ 90 millions d'euros, 8 millions d'euros et neutre en flux de trésorerie sur une base annuelle.
Sopra Steria (+3,61% à 189,60 euros), via sa filiale CIMPA, a finalisé l'acquisition de la société Digital Product Simulation, via sa filiale Cimpa. Sopra Steria entend ainsi renforcer ses activités de PLM (gestion du cycle de vie produit). Cette acquisition s'inscrit, pour Sopra Steria, dans une stratégie d'offre de bout en bout visant à compléter ses expertises de PLM pour ses clients stratégiques. Elle renforce notamment ses compétences en simulation et sur la solution 3DExperience de l'éditeur Dassault Systèmes. Cette activité, composée de plus de 115 ingénieurs et générant environ 12 millions d'euros de chiffre d'affaires IFRS en 2025, permet au Groupe d'accroître sa capacité à accompagner ses clients industriels dans des secteurs critiques tels que l'aéronautique, la défense et le nucléaire, sur un marché à fort potentiel de croissance, notamment dans le domaine des industries stratégiques souveraines.
VALEURS EN BAISSE
A contre-courant, Téléperformance perd 3% à 66,92 euros. TP ICAP Midcap a dégradé le dossier à 'conserver' avec un objectif maintenu à 65 euros. Le courtier explique que le premier semestre a levé le stress qui pesait sur la rentabilité mais les leviers qui l'ont défendue - discipline de coûts et effet de périmètre sur les Services Spécialisés - ne se reproduiront pas éternellement, et la marche vers l'ambition de 15,5% en 2028 suppose désormais de la croissance au niveau du chiffre d'affaires.
Ipsen recule de 4,6% à 159,50 euros. Jefferies a dégradé le laboratoire pharmaceutique à 'sous-performer' tout en remontant le curseur de 117 à 135 euros. Le courtier affirme que les investisseurs sous-estiment la menace concurrentielle à long terme que représente le CAM2029 de Camurus pour le Somatuline, médicament clé du groupe. Le CAM2029 du concurrent "devrait démontrer une supériorité par rapport au Somatuline d'Ipsen, ce qui pourrait réduire les bénéfices anticipés par le consensus de 15 à 20% d'ici 2028-2029", selon l'analyste, cité par Bloomberg. Le Somatuline est un médicament historique très rentable qui représente environ 30% du chiffre d'affaires du groupe Ipsen. Le courtier anticipe également des risques pour l'Onivyde d'Ipsen face au daraxonrasib de Revolution, qui pourrait bénéficier d'une "indication plus large que prévu à la suite d'essais aux résultats impressionnants".
TotalEnergies se replie de 0,9% à 75,73 euros dans le sillage des cours du brut. Le groupe a par ailleurs annoncé la signature d'un accord avec Shell en vue d'acquérir l'ensemble des activités renouvelables terrestres de la major pétrolière britannique en Europe, le géant pétrolier et gazier français déclarant par ailleurs céder à KKR 50% d'un portefeuille d'actifs solaires et éoliens terrestres valorisé à 1,8 milliard d'euros. A l'issue de la transaction avec Shell, dont la finalisation, prévue d'ici la fin 2026, TotalEnergies détiendra 100% du portefeuille d'actifs, selon un communiqué.
Carrefour (-0,22% à 15,90 euros) a annoncé la finalisation de la cession, précédemment annoncée, de sa participation de 89% détenue conjointement par Carrefour (32%) et Sabanci (57%) dans CarrefourSA à Yeni Magazacilik AS, société opérant l'enseigne de distribution A101 et contrôlée par le Groupe Aydin (Turgut Aydin Holding). Le groupe de distribution a obtenu toutes les approbations réglementaires nécessaires et à la satisfaction des conditions de clôture d'usage. "La réalisation de cette opération n'a pas d'impact financier significatif sur le groupe Carrefour", a indiqué le management.
Danone (-0,21% à 67,38E) et Arcor ont finalisé la création de leur joint-venture en Argentine. Ce partenariat réunit l'activité produits laitiers de Danone en Argentine (Danone Argentina SA), forte de trente années de présence, ainsi que Mastellone Hermanos SA, une entreprise emblématique du marché laitier argentin depuis près d'un siècle, et que Logistica La Serenísima, leur filiale logistique commune.
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