Mi-séance Paris : forte baisse du CAC 40, tensions maximales sur la dette française
La baisse est générale en Europe (-1% pour l'Euro Stoxx 50) mais plus prononcée en France car la prime de risque exigée par les investisseurs sur la dette française ne fait que s'accroître.
LA TENDANCE
Le CAC 40 abandonne 1,2% en fin de matinée autour de 7.870 points après un plus bas de 7.821 points. La tension est maximale sur les taux obligataires qui viennent de franchir des niveaux inédits depuis 24 ans et alarmants pour les finances publiques de la France à l'heure de la présentation du Budget 2027, ce jeudi.
Sur les marchés boursiers, la baisse est générale en Europe (-1% pour l'Euro Stoxx 50) mais plus prononcée en France car la prime de risque exigée par les investisseurs sur la dette française ne fait que s'accroître et crée un effet boule de neige particulièrement pénalisant pour l'équilibre budgétaire. Le rendement de l'OAT 10 ans s'est approché ce matin des 5% (jusqu'à 4,96%), un plus haut depuis l'été 2002 après une hausse de 130 points de base en trois mois. Ce niveau dépasse largement les projections retenues par le gouvernement pour élaborer le PLF 2027 qui prend déjà en compte une charge de la dette à 91 milliards d'euros, en augmentation de 12 milliards par rapport à cette année.
Aux Etats-Unis, des données moins élevées qu'attendu sur l'inflation aux Etats-Unis ont éloigné un peu aux yeux des investisseurs le spectre d'une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale dès octobre. La proportion d'investisseurs misant sur un deuxième tour de vis après celui de septembre n'est plus que de 36% selon le sondage Fedwatch de CME Group.
Sur le front géopolitique, l'enlisement des pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran visant à mettre fin à la guerre qui dure depuis sept mois au Moyen-Orient maintient les cours du pétrole à un niveau élevé. Le Brent évolue désormais sur les 100$ pour l'échéance de décembre.
VALEURS EN HAUSSE
Parmi les rares hausses du CAC 40, Sanofi gagne 0,6% à 73 euros après l'extension du partenariat avec Regeneron. Cet accord vise à codévelopper et commercialiser de nouveaux médicaments à base d'anticorps destinés à traiter des maladies liées au système immunitaire. Le laboratoire français versera un milliard d'euros de paiement initial à son partenaire américain ainsi que jusqu'à 7 milliards de dollars de paiements d'étape potentiels. Jefferies ('achat'), affirme qu'il s'agit d'une première étape pour répondre aux enjeux liés aux perspectives à long terme de Sanofi.
Thales se maintient à 225 euros. Le groupe a décidé de verser un acompte sur dividende de 1,05 euro par action, en numéraire, au titre de l'exercice 2026 en cours. Cet acompte sera détaché le 2 décembre, et mis en paiement le 4 décembre.
Lacroix (+8% à 18,2 euros) a relevé ses objectifs financiers pour l'exercice 2026 et anticipe désormais un chiffre d'affaires supérieur à 455 ME (contre sup. à 445 ME précédemment), assorti d'un taux de marge d'EBITDA supérieur à 9% (contre 7,6% précédemment). Cette avance prise sur l'exécution de la feuille de route 2027, portée par des facteurs conjoncturels, laisse inchangées les perspectives du groupe à cet horizon. Lacroix confirme ainsi l'intégralité de ses objectifs financiers pour 2027 : un chiffre d'affaires compris dans une fourchette de 475 à 500 ME, assorti d'un taux de marge d'EBITDA supérieur à 8%, et un ratio dette nette / EBITDA inférieur à 2 fois.
VALEURS EN BAISSE
Emporté par la baisse du marché, Bouygues perd 2% à 40,8 euros. Berenberg a initié le suivi de la valeur à l''achat' en ciblant 55 euros. Dans une étude sectorielle, qui fait suite au net repli du compartiment télécoms, le broker conclut qu'une poursuite de la consolidation du secteur est très probable, que les menaces représentées par SpaceX et l'IA autonome sont surestimées et que le récent recul de l'industrie offre une opportunité intéressante d'investir dans plusieurs valeurs privilégiées.
La tension sur les taux longs impacte particulièrement le secteur bancaire avec Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas en baisse de plus de 3%.
Kaufman & Broad décroche de près de 5% à 19,6 euros après son point trimestriel. Pour l'exercice 2026, le management a maintenu les guidances présentées fin janvier dernier. Le chiffre d'affaires du groupe devrait se situer à un niveau comparable à celui de l'exercice 2025. Le taux de résultat opérationnel courant devrait être proche de 8% et la trésorerie nette restera positive.
Hermès recule de 2% à 1.310 euros. Rothschild & Co Redburn a dégradé Hermès International à 'neutre' en ciblant 1.410 euros.
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