Clôture Paris : le marché reprend son souffle
Les pétroles pâlissent ; l'or en embuscade...
Au lendemain de son record de 8.366 points, Paris prolonge sa consolidation. A la fermeture des marchés, le CAC 40 fléchit finalement de -0,21%, revenant 8.313 points dans une 4e séance consécutive de baisse. La sous-performance du luxe et de la défense pèse trop lourd ce jeudi, pour confirmer de nouveaux records.
Sur la scène internationale les relations se tendent au sujet du Groenland. Emmanuel Macron a annoncé, ce jeudi, l'envoi par la France "dans les prochains jours" de renforts terrestres, aériens et maritimes au Groenland. Un premier contingent militaire français y a déjà été dépêché pour participer avec d'autres pays, aux exercices conjoints organisés par le Danemark dans ce territoire autonome convoité par les Etats-Unis. "Une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes", a déclaré le Président de la République lors de ses voeux aux armées, jugeant que la France et l'Union européenne devaient être "intraitables sur le respect de la souveraineté territoriale" face à la volonté de Donald Trump de prendre le contrôle du Groenland.
Le ministère de l'Economie a indiqué que le taux du Livret A va être réduit de 1,7% à 1,5%, à partir du 1er février. Celui du Livret d'épargne populaire (LEP), destiné aux ménages les plus modestes, va être ramené de 2,7% à 2,5% alors que la formule de calcul réglementaire aurait dû le réduire à 1,9%.
La décision d'ajustement des taux de rémunération des Livrets est conforme aux préconisations de la Banque de France, sur fond de recul de l'inflation à 0,7% sur un an en décembre. "Avec ce nouveau taux supérieur à l'inflation, le pouvoir d'achat des ménages est préservé, tout en favorisant la construction de logements sociaux, deux priorités pour le gouvernement", souligne le ministre de l'Economie, Roland Lescure.
En effet, pas de surprise aujourd'hui concernant l'inflation en France... En décembre selon l'Insee, l'indice des prix à la consommation a légèrement augmenté, soit +0,1% sur un mois, après -0,2% en novembre. Cette hausse des prix s'explique par celle des prix des services (+0,4% après -0,5%) causée par le fort rebond saisonnier de ceux de transports (+7,3% après -5,4%) et, dans une moindre mesure, par la hausse des prix de l'alimentation (+0,2% après stabilité). A l'inverse, ceux de l'énergie se replient (-1,6% après +1,3%) du fait de la baisse marquée des prix des produits pétroliers (-3% après +2,7%). Les prix des produits manufacturés baissent de nouveau (-0,3% après -0,1%), tandis que ceux du tabac sont stables (après +0,1%), détaille l'Insee.
Sur un an, les prix à la consommation progressent de +0,8% en décembre, après +0,9% en novembre. Calculé aux normes européennes, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) progresse de +0,1% sur un mois, après -0,2% en novembre. Sur un an, il augmente de 0,7% après +0,8% le mois précédent.
Du côté de la macroéconomie, selon les données publiées aujourd'hui par Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, la production industrielle en Zone euro a progressé plus que prévu en novembre. Elle est en hausse de +0,7%, (+0,5% de consensus après +0,8% en octobre). Sur un an, la production industrielle a enregistré une hausse de +2,5% en novembre, après +2% en octobre.
En Allemagne, le produit intérieur brut (PIB) a progressé en 2025, une première en 3 ans, les consommateurs et les dépenses publiques commençant à alimenter une reprise jusqu'ici timide. La plus grande économie européenne était en stagnation depuis 2023.
Aux Etats-Unis, Donald Trump continue de semer le trouble sur les marchés, un document publié par la Maison blanche indiquant que Washington a imposé, mercredi, des droits de douane de 25% sur certains semiconducteurs. Les menaces de poursuites contre le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, nourrissent encore les inquiétudes. Cependant, Donald Trump a tenté de calmer le jeu, déclarant hier à Reuters qu'il n'avait pas l'intention de limoger Powell, et qu'il était "trop tôt" pour dire ce qu'il ferait finalement.
Dans ce contexte, les marchés américains se reprennent, ce jeudi, avec TSMC, qui soutient le compartiment de l'IA et des puces. Ainsi à 17h30, le S&P 500 reprend +0,63% désormais à 6.970 pts. Le Dow Jones gagne +0,8% à 49.541 pts. Le Nasdaq prend +0,88% à 23.679 pts,
L'or noir flanche sur fond d'éloignement du risque d'intervention militaire américaine immédiate en Iran. En Europe, à 17h30, le Brent de mer du Nord décroche de -2,52%, revenant à 63,74$. La référence américaine, le baril de brut WTI, fond de -3,06% à 59,24$.
Du côté des devises, l'euro recule de -0,28% face au billet vert. La monnaie européenne s'échange 1,1612$.
A 17h30, l'once d'or recule de -0,31% à 4.611$ (3.972 euros).
Le Bitcoin cède -0,43% à 96.511$.
Valeurs en hausse
* Soitec (+3,15% à 29,13 euros). La société de Bernin bondit. Le compartiment technologique, et en particulier celui des semi-conducteurs, est recherché en Europe ce jeudi, à l'image d'ASML Holding (+6,01%) sur des sommets à Amsterdam. Son principal client, Taiwan Semiconductor Manufacturing a présenté des comptes nettement supérieurs aux attentes ainsi que des perspectives plus favorables que prévu pour 2026.
STMicroelectronics est également dans le mouvement (+1,02% à 24,375 euros), plus forte hausse du CAC 40.
* Groupe EPC (+2,27% à 225 euros). La filiale canadienne du groupe vient de signer deux contrats : l'un en Ontario avec Iamgold ; l'autre prolonge le partenariat stratégique avec MFQ (Minerai de Fer Québec). Ces deux contrats illustrent la solidité du modèle d'EPC Canada, sa capacité à accompagner durablement les grands acteurs miniers.
* GTT (+2,05% à 174,1 euros). Le leader mondial de la conception de systèmes de confinement à membranes cryogéniques a reçu, au cours du 4e trimestre 2025, une commande du chantier naval Samsung Heavy Industries pour la conception des cuves de deux nouveaux méthaniers. GTT concevra les cuves cryogéniques des navires, qui offriront chacun une capacité de 174.000 m3 et seront équipés du système de confinement à membranes Mark III Flex, une technologie développée par GTT. La livraison des navires est prévue en 2028.
* M6 (+1,53% à 11,92 euros). Le groupe de médias français et Prime Video ont conclu un accord de distribution de M6+, l'offre de 'streaming' du Groupe M6. L'ensemble des membres Prime en France peuvent désormais accéder gratuitement à M6+, et profiter de la diversité éditoriale de ses contenus : les chaînes M6, W9, 6ter et Gulli, en direct ou à la demande, ainsi que des contenus exclusifs à la plateforme, soit au total, plus de 30.000 heures de contenus.
* EssilorLuxottica (+0,93% à 282 euros). L'action grimpe, une nouvelle fois soutenue par une note d'analyste. Kepler Cheuvreux a relevé à 'achat' sa recommandation sur la multinationale franco-italienne, considérant que les lunettes intelligentes du fabricant de verres optiques atteignent un point d'inflexion. L'avantage de pionnier d'EssilorLuxottica dans le domaine devrait lui permettre de "maintenir sa position de leader malgré la concurrence", selon le broker qui prévoit que le marché atteindrait 50 à 55 millions d'unités par an à long terme. Il génèrerait 3,4 MdsE de résultat d'exploitation d'ici 2030. L'objectif de cours est porté de 248 à 350 euros.
* Orange (+0,52% à 14,61 euros). Morgan Stanley a ajusté la mire de 14 à 15,5 euros ('pondération en ligne') sur le groupe de téléphonie et de l'internet.
* Société Générale (+0,4% à 70,98 euros). L'établissement financier est bien orienté à la faveur de deux avis d'analystes. D'une part, Morgan Stanley ('surpondérer') porte de 69 à 83 euros son objectif de cours, et d'autre part Jefferies ('achat') revalorise la banque de 70 à 96 euros.
* Fountaine Pajot (+0,20% à 102,2 euros). Le spécialiste de la plaisance fait le point sur ses perspectives et priorités. Dans le prolongement de l'exercice précédent, et fort des réserves constituées, le groupe prévoit un plan d'investissements de 25 ME sur l'exercice 2025-2026, portant à la fois sur le développement des gammes et sur l'adaptation de l'outil industriel. Ces investissements incluent notamment : le développement et l'industrialisation de la nouvelle génération de bateaux, la poursuite des travaux de l'usine de Périgny avec la mise en place d'une ligne industrielle mixte capable d'accueillir le D54 de Dufour et le FP55 de Fountaine Pajot.
Valeurs en baisse
* Arcure (-8,12% à 2,83 euros). Le spécialiste français des capteurs intelligents a délivré un chiffre d'affaires annuel non audité de 12,6 ME pour l'exercice 2025, en forte baisse par rapport à l'exercice 2024 (18,7 ME). La société explique que le plan d'économies lancé à la mi-année a permis d'abaisser sa base de coûts fixes de 1,7 ME, permettant de préserver sa trésorerie. Il souligne que paradoxalement, l'activité commerciale OEM "n'a jamais été aussi intense". Arcure anticipe à moyen terme une forte hausse des volumes sur ce marché.
Les analystes apprécient modérément la publication...TP ICAP Midcap ('achat') réduit son objectif sur Arcure de 4,5 à 4 euros. Oddo BHF ('neutre') coupe sa cible de 4,2 à 2,8 euros.
* Vusion (-6,98% à 146,7 euros). Le groupe de Nanterre ne parvient toujours pas à sortir la tête de l'eau et se replie pour la 6e séance consécutive, sur fond d'inquiétudes concernant ses revenus futurs, en raison notamment de la fin d'un contrat clé avec Walmart (+0,42%) en 2027. Le fournisseur d'étiquettes électroniques perd d'ailleurs de près de -30% de capitalisation boursière depuis le 1er janvier. "Certains investisseurs s'inquiètent des perspectives de croissance du groupe", explique à 'Bloomberg' Tanguy de Kerviler, gérant de portefeuille chez Société de Gestion Prévoir, dont le fonds détient une participation dans l'entreprise. Le spécialiste se veut toutefois rassurant, soulignant que le contrat avec Walmart démontre le fort potentiel de la technologie et des solutions de Vusion.
* Thales (-3,04% à 255,1 euros). Un actionnaire a vendu environ 2,3 millions d'actions dans le cadre d'un placement privé réalisé à un prix de 254,55 euros par action, selon les données obtenues par Bloomberg. Le prix de l'offre représentait une décote de -3,25% par rapport au dernier cours de clôture du groupe de Défense.
* Secteur du luxe. Malgré sa belle performance, Richemont (-2,09% à 171,15 CHF) pique du nez, entraînant dans son sillage des leaders du luxe parisien. Kering (-3,16% à 301,4 euros) et LVMH (-1,91% à 625,7 euros) se tassent. Il est vrai... Bernstein a confirmé son avis à 'sous-performer' sur le groupe breton, pour un objectif de cours relevé de 240 à 250 euros.
Le propriétaire suisse de Cartier et Van Cleef & Arpels a fait état d'une hausse de +4% de ses ventes au 3e trimestre, à 6,40 MdsE (6,28 MdsE de consensus). A taux de change constant, les ventes ont augmenté de +11%, soit un léger ralentissement par rapport au chiffre de 14% enregistré au cours du trimestre antérieur, mais une performance nettement supérieure aux attentes (+7,5%). La joaillerie a été le moteur de la croissance du groupe, avec des ventes en hausse de +14% au cours de la période, tandis que son activité horlogère, qui comprend les marques IWC et Jaeger-LeCoultre, a vu ses ventes augmenter de +7%.
* Hermès International (-0,18% à 2.236 euros). Le sellier flanche, mais s'est bien tenu une bonne partie de la séance à la faveur d'un avis de Morgan Stanley ('pondération en ligne'), qui porte son objectif de cours de 2.420 à 2.530 euros.
* Ekinops (-2,43% à 2,01 euros). Sur l'ensemble de l'exercice 2025, le chiffre d'affaires consolidé du groupe s'est établi à 105 ME, en repli de -11% par rapport à l'exercice précédent (-14% à taux de change et périmètre constants). Une reprise progressive du marché est attendue au cours des prochains trimestres, portée notamment par le développement de nouvelles applications liées à l'IA et au Cloud. Ekinops communiquera ses objectifs financiers pour l'exercice 2026 à l'occasion de la publication de ses résultats annuels 2025, le 10 mars prochain.
TP ICAP Midcap ('achat') a coupé son objectif de cours de 4,5 à 4 euros sur le dossier. Egalement, Stifel tempère son avis après la publication et dégrade Ekinops à 'conserver' en visant 2,2 euros.
* Valeo (-2,18% à 12,09 euros). L'équipementier automobile trébuche. Il publiera ses résultats annuels, le 26 février après la clôture des marchés. La Deutsche Bank anticipe une amélioration de ses résultats grâce à des mesures de réduction des coûts. Le flux de trésorerie disponible devrait augmenter par rapport à 2025. A 'conserver' sur le titre, la banque allemande a porté son objectif de cours de 12 à 13 euros.
* Catana Group (-1,38% à 2,86 euros). Le spécialiste des navires de plaisance a présenté un chiffre d'affaires de 49,7 ME pour le 1er trimestre de son exercice 2025-2026 (37,8 ME un an plus tôt). En raison d'un changement d'organisation logistique avec un sous-traitant extérieur au périmètre coté, en lien avec la mise en place du nouvel ERP du Groupe, une facturation non récurrente de 17 ME de matière et d'en-cours de production impacte favorablement et exceptionnellement ce chiffre d'affaires. Les ventes de bateaux neufs affichent un repli de -14% sur le trimestre, à 31,4 ME (36,7 ME en n-1). Comme souvent dans les cycles bas du secteur nautique, la difficulté se concentre en premier lieu sur les bateaux de petites et moyennes tailles tandis que les unités de grandes tailles conservent une bonne dynamique. Les nouveautés demeurent également une source de dynamisme, indique Catana Group.
* Sanofi (-1,11% à 81,63 euros). L'Administration nationale des produits médicaux en Chine a approuvé deux médicaments innovants sous licence Sanofi, Myqorzo (aficamten) pour le traitement de la cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMHo), et Redemplo (plozasiran) pour la réduction des taux de triglycérides, chez les patients adultes atteints du syndrome de chylomicronémie familiale (SCF) sur la base d'un contrôle alimentaire.
Par ailleurs, le groupe pharmaceutique français réparerait une offre améliorée sur Ocular Therapeutix (+4,3%) après que le conseil d'administration de la société américaine ait rejeté une première offre de 16$ par action, rapporte 'La Lettre'. Ocular Therapeutix, avait déjà gagné +6,14%, hier, pour une capitalisation globale de 2,36 Mds$.
Enfin, Morgan Stanley ('surpondérer') réduit de 100 à 95 euros son objectif sur Sanofi. Goldman Sachs ('neutre') est du même avis en ramenant son objectif de cours de 95 à 90 euros.
* Safran (-0,44% à 318,8 euros). Le motorise pique du nez malgré deux avis favorables d'analystes. D'une part, Barclays ('surpondérer') revalorise Safran de 330 à 340 euros. D'autre part, Kepler Cheuvreux ('achat') relève également son objectif 320 à 354 euros.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote