Wall Street toujours nerveux, en repli en attendant Walmart
Consolidation attendue
Wall Street passe dans le rouge désormais avant bourse ce jeudi, le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq 100 cédant de l'ordre de 0,1%, alors que l'affaire n'est pas encore réglée concernant les tensions sur les marchés obligataires. Le rendement des bons du Trésor à 30 ans se tend un peu à 5,22%, tandis que le rendement du '10 ans' évolue à 4,67%.
Hier, la place américaine avait profité d'une nette détente sur les rendements obligataires, alors que celui de l'obligation du Trésor à 30 ans avait précédemment inscrit des sommets de 19 ans. L'annonce par le département du Trésor américain d'une augmentation des rachats de dette publique à long terme avait soulagé momentanément les marchés. Les prix des obligations, qui évoluent en sens inverse des rendements, avaient ainsi progressé après que le Trésor américain eut annoncé qu'il allait "au moins doubler" le volume de ses rachats de dette publique à long terme pour les titres des échéances allant de 10 à 30 ans. Cette annonce représente "une bouée de sauvetage" envoyée par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, alors que les valeurs à risque - au premier rang desquels les valeurs technologiques - avaient subi des pertes ces derniers jours, commente Carol Schleif, stratégiste en chef de BMO Private Health.
La veille, la nouvelle poussée des rendements sur les bons du Trésor US avait fait corriger lourdement Wall Street, le Nasdaq abandonnant plus de 1,3%. Le rendement sur le 10 ans avait atteint un sommet depuis janvier 2025, tandis que le '30 ans' s'affichait au plus haut niveau depuis 2007, les investisseurs s'inquiétant d'une inflation potentiellement persistante. L'émission massive de dettes d'entreprises exerce également une pression sur les obligations à travers le monde... Les centaines de milliards de dollars que les géants de la 'tech' cherchent à lever cette année pour financer leurs ambitions dans l'IA alimentent ces craintes. Ces levées de fonds risquent de détourner la demande au détriment de la dette publique, aggravant ainsi les inquiétudes budgétaires, estime Bloomberg. Depuis le début de l'année 2026, Alphabet se classe juste derrière Amazon parmi les grandes entreprises américaines ayant recours aux marchés obligataires mondiaux, toutes devises confondues, rappelle l'agence.
Le dossier Ormuz est par ailleurs dans l'impasse diplomatique, les États-Unis et l'Iran ayant stoppé leurs négociations, selon le président américain qui avait menacé en début de semaine de bombarder Oman si le pays se mettait en travers de sa route concernant le détroit d'Ormuz. Deux sources internes au régime de Téhéran ont indiqué au Financial Times que les forces iraniennes ont étudié la possibilité de frapper des installations américaines dans des pays du sud-est de l'Europe, comme la Bulgarie ; ce pays a autorisé le mois dernier l'utilisation de sa base aérienne de Bezmer pour des avions de ravitaillement américains. L'une de ces sources a ajouté que Chypre, où une base aérienne britannique a été touchée par un drone en mars, figure également parmi les cibles potentielles de représailles en cas de nouvelle offensive américaine. Les forces iraniennes envisageraient, par ailleurs, de s'attaquer aux câbles sous-marins à fibre optique dans le détroit d'Ormuz en cas d'escalade.
Le baril de brut WTI évolue ce jeudi vers les 86$, en hausse de 2,2%, tandis que l'or recule de 0,6% à 4.494$. Le bitcoin surprend quant à lui en hausse de 2,6% à plus de 71.400$.
La parution des Minutes de la Fed hier soir a fait peu réagir les marchés. Le rapport a confirmé que lors de la dernière réunion de la Réserve fédérale, le statu quo relatif aux taux a été décidé à neuf voix contre trois (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan), mais a également indiqué que "plusieurs" banquiers centraux se sont prononcés en faveur d'une prochaine hausse, face aux préoccupations relatives à l'inflation. Le président de la Fed, Kevin Warsh, a par ailleurs proposé de réduire le nombre de réunions de la banque centrale à six par an, contre huit actuellement.
La Fed avait maintenu les taux inchangés lors de la réunion de juillet, bien que trois des douze membres votants du FOMC aient donc soutenu une hausse d'un quart de point. Kevin Warsh avait précédemment souligné sa volonté de contenir l'inflation, mais a laissé les investisseurs perplexes en suggérant que la hausse des taux d'intérêt du marché observée depuis la réunion de juin de la Fed avait de fait durci les conditions financières sans qu'il y ait eu de relèvement officiel. Certains membres de la Fed craignaient par ailleurs que les marchés n'anticipent désormais une hausse des taux à laquelle la Fed ne s'était pas engagée.
La probabilité d'un relèvement des taux de la Fed le 16 septembre à l'issue de la prochaine réunion monétaire se situe désormais à 32,6% contre 67,4% de 'proba' d'un statu quo laissant les taux entre 3,50 et 3,75%, selon l'outil CME FedWatch. Le même outil montre une probabilité dominante de 45,3% environ que les taux terminent l'année entre 3,75 et 4%, ce qui représenterait une hausse d'un quart de point.
Dans l'actualité des entreprises, Nordson publiait ses résultats financiers hier soir à Wall Street. Walmart, Alibaba, Deere et Ross Stores seront de la partie ce jeudi. BJ's Wholesale dévoilera enfin demain ses derniers comptes.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie et l'indice des indicateurs avancés du Conference Board seront au programme économique du jour, alors que le PMI composite flash sera révélé vendredi.
Sur le front commercial, Trump a suspendu pour trois jours les droits de douane de 50% portant sur les produits en provenance du Canada, et qui devaient entrer en vigueur hier. Le président américain a indiqué que les deux pays étaient parvenus à un accord. L'administration Trump avait menacé en juillet d'imposer des droits de douane de 50% sur une gamme de produits canadiens, notamment le vin, les meubles, les cannes à pêche et les crosses de hockey...
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