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Wall Street tente un rebond avec Microsoft

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En attendant Apple et Amazon !

Wall Street tente un rebond avec Microsoft
Credits Reuters

Wall Street se redresse nettement avant bourse ce jeudi dans le sillage de Microsoft, au lendemain d'une lourde correction consécutive à des commentaires du nouveau patron de la Fed. Le Nasdaq 100 reprend 1,5% en pré-séance, alors que le S&P 500 gagne 0,7%. Le Dow Jones avance de 0,6%.

Hier, la place américaine avait tenté de résister tout au long de la séance, suite aux résultats inférieurs aux attentes de SK Hynix, mais les indices s'étaient finalement effondrés après les annonces de la Fed, qui a laissé comme attendu les taux inchangés sur les fed funds entre 3,50 et 3,75% - pour la 5e réunion FOMC consécutive cette année -, mais dont le discours n'a pas convaincu. C'est le moins que l'on puisse dire, puisque le Nasdaq décrochait de 1,74%, contre une chute de 1,52% sur le S&P et une sanction de 2,19% sur le Dow Jones.

La Fed avait initialement relancé les indices à 20 heures hier en confirmant son statu quo, qui n'était pas si évident puisque l'outil CME FedWatch montrait une probabilité de plus de 30% d'un relèvement d'un quart de point. Cependant, trois voix dissidentes se sont élevées au sein de la banque centrale américaine dans le cadre de la décision du jour. Les trois dissidents auraient plutôt opté, on l'aura compris, pour un durcissement monétaire ! On comprend que le travail de la Fed de Kevin Warsh va donc être compliqué dans les mois à venir, ce qui confirme le risque qu'une politique monétaire restrictive perdure.

Alors que la Fed a décidé de maintenir ses taux inchangés, trois présidents d'antennes régionales, en l'occurrence, la patronne de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari et la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, ont donc voté contre cette décision, privilégiant un relèvement des taux de 25 points de base. Un désaccord qui met en évidence la division des responsables quant à la manière de combattre la résurgence de l'inflation, alimentée en partie par le conflit en Iran.

Les responsables de la Fed n'ont apporté aucune modification à leur déclaration de politique monétaire, réaffirmant que l'inflation demeurait élevée en raison de la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, et ont réitéré leur engagement à ce que le comité assure la stabilité des prix.

"L'activité économique est solide, les dépenses d'investissement et la productivité sont vigoureuses, et le marché du travail est robuste et stable", a déclaré pour sa part Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed. Il a toutefois reconnu que l'inflation restait élevée. "Cinq années d'inflation élevée ont laissé une impression erronée, difficile à dissiper, selon laquelle l'objectif d'inflation implicite de la Fed serait supérieur à 2%. Je tiens à le répéter : il n'existe pas d'objectif d'inflation 'souple' ni d'objectif implicite 'souple', du moins pas sous la direction de ce comité. Il n'y a qu'un seul objectif, et il est de 2%", a asséné Warsh, adoptant donc un ton assez dur, alors même que les chiffres américains de l'inflation pour le mois de juin avaient pourtant montré un certain ralentissement de la hausse des prix hors alimentation et énergie.

Wall Street n'avait pas besoin de ça, puisque la cote américaine tanguait déjà dangereusement avec les doutes entourant les grandes valeurs de l'IA, suite à des comptes en forte hausse mais inférieurs aux attentes du géant sud-coréen SK Hynix.

Les cours du brut, en vive hausse hier, consolident un peu ce jeudi malgré l'incertitude géopolitique. Le baril de brut WTI perd 1% à 83,7$. L'once d'or fin progresse de 0,4% à 4.081$. L'indice dollar abandonne 0,2% face à un panier de devises.

Les développements géopolitiques ont également maintenu les investisseurs sur le qui-vive après les frappes conjointes américano-saoudiennes ciblant des groupes soutenus par l'Iran en Irak et le lancement par Téhéran de missiles balistiques dans l'espace aérien régional. Donald Trump avait pourtant précédemment levé le pied en Iran en suspendant ses attaques pour laisser place aux négociations éventuelles. Le président américain rencontrait hier à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Ce dernier a précisé avoir eu la meilleure des conversations avec Trump, lequel a confirmé sur Truth Social "un très bon meeting" au cours duquel "de nombreux points importants" auraient été discutés.

Trump avait aussi mentionné hier de bonnes discussions avec l'Iran, tout en maintenant ses menaces de frappes sur le site iranien de 'Pickaxe Mountain' et les infrastructures du pays si aucun accord n'était trouvé. Dans une interview accordée à Fox News, le président américain avait précisé qu'il désirait désormais, dans la mesure du possible, éviter de frapper les ponts et les centrales électriques iraniens. "C'est un équilibre très, très délicat. Je pense donc que nous sommes actuellement en position de force. Ils savent que je le ferai s'ils ne concluent pas d'accord".

Ce jeudi, les opérateurs suivront le PIB américain avancé du 2e trimestre (14h30), les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 25 juillet (14h30 également), ainsi que les revenus et dépenses des ménages du mois de juin (même heure).

Enfin, demain, les investisseurs suivront l'indice PMI de Chicago et l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan.

L'actualité des entreprises reste particulièrement étoffée en cette fin de semaine à Wall Street. Robinhood, Carvana, Starbucks, Qualcomm, Arm Holdings et Lam Research publiaient notamment hier soir, mais ce sont surtout les comptes de Meta Platforms (Facebook) et de Microsoft qui retenaient l'attention.

Deux autres 'Mag 7' publient ce jeudi soir, à savoir Apple et Amazon. Mastercard, Anheuser-Busch, Bristol-Myers Squibb, Stryker, Altria, Southern Company, Ferrari (coté aussi à Wall Street), KKR, Valero, Air Products & Chemicals, Regeneron, Cigna et Intercontinental Exchange, annoncent aussi ce jeudi. ExxonMobil, Chevron, AbbVie ou Eaton, sont attendus enfin demain.

Les valeurs

Microsoft s'envole de près de 10% avant bourse à Wall Street ce jeudi, alors que le géant software de Redmond a publié hier soir pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice supérieur aux attentes et que le service Azure a dépassé les 100 milliards de dollars de revenus sur l'exercice. Le groupe évoque un trimestre soutenu par le cloud et l'IA. Il rassure également en conservant sa guidance de capex.

Le bénéfice ajusté par action a représenté 4,74$ (+23%) sur le trimestre clos, contre 3,65$ un an avant. Les revenus ont grimpé à 90 milliards de dollars (+18%), contre 76,4 milliards sur la période correspondante, l'an dernier. Le consensus était d'environ 4,3$ de bpa pour 87,7 milliards de revenus sur la période close. Le bénéfice opérationnel a augmenté de 18% à 40,6 milliards. Le bénéfice net a grimpé de 31% à 35,8 milliards de dollars en GAAP et de 22% à 35,3 milliards de dollars sur une base ajustée. Le groupe indique que les résultats ajustés excluent l'impact des investissements dans OpenAI.

Plusieurs éléments ponctuels ont influé sur les résultats financiers du trimestre par rapport aux prévisions communiquées le 29 avril 2026, générant un impact positif de 0,27$ sur le bénéfice dilué par action. Ces éléments incluent une plus-value de 3,2 milliards de dollars liée à l'investissement dans Anthropic ainsi que des dépenses inférieures aux prévisions pour le programme de départ volontaire à la retraite ; ces facteurs ont été partiellement compensés par des coûts d'indemnités de licenciement et des charges de dépréciation concernant la division Xbox. Une fois ces éléments retraités, le groupe indique qu'il a "dépassé les attentes en matière de chiffre d'affaires, de résultat opérationnel et de bénéfice dilué par action".

Le groupe a fait état par ailleurs de dépenses de capex de 41 milliards de dollars sur le trimestre, ce qui ressort un peu moins élevé qu'attendu. Le groupe maintient sa guidance annuelle. Microsoft avait indiqué plus tôt cette année anticiper des dépenses de capitaux de 190 milliards de dollars sur l'année calendaire. Lors de la présentation des résultats, Microsoft a maintenu ses prévisions de dépenses. En raison d'un changement comptable, cette estimation des dépenses d'investissement (capex) s'établit désormais à 175 milliards de dollars, note Business Insider, ajoutant que toutefois, dans les faits, Microsoft conserve son plan d'investissement dans l'IA inchangé pour l'année en cours. Une bonne nouvelle pour les investisseurs, alors que la plupart des géants du cloud n'ont cessé de relever leurs prévisions de dépenses liées à l'IA au risque de déstabiliser leurs bilans.

Le carnet de commandes matérialisé par les désormais fameuses 'obligations de performance restantes' s'est élevé à 678 milliards de dollars, ici encore un niveau plus important que prévu.

Sur l'exercice clos, les revenus ont progressé de 18% à 331,8 milliards de dollars, alors que le bénéfice opérationnel a augmenté de 21% à 155,2 milliards. Le bénéfice net a grimpé de 31% à 133,7 milliards de dollars en GAAP.

Meta plonge en revanche de près de 10% en pré-séance à Wall Street, la maison mère de Facebook et d'Instagram ayant raté le consensus de bénéfices au titre du 2e trimestre. Le groupe de Mark Zuckerberg ajuste par ailleurs sa guidance de dépenses d'investissements. Sur le trimestre clos, le groupe a donc publié un bénéfice ajusté par action de 6,18$ (-13%) et des revenus de 60,8 milliards de dollars (+28%), alors que le consensus était d'environ 7,1$ de bpa ajusté pour 60,2 milliards de revenus. Le bénéfice net s'est établi pour sa part à 15,85 milliards de dollars (-14%). Les revenus publicitaires pour le trimestre clos ont été de 59,3 milliards de dollars, légèrement supérieurs aux attentes.

Les dépenses trimestrielles totales ont augmenté de 55% à 42 milliards de dollars, montant comprenant 2,4 milliards de dollars pour des procédures légales et 1,2 milliard de dollars de charges liées aux licenciements annoncés en mai. Le niveau de capex a atteint 31,1 milliards de dollars sur le trimestre, incluant les remboursements du principal au titre de contrats de location-financement, supérieur de 83% aux 17 milliards de dollars enregistrés sur la même période un an plus tôt.

Le cash flow opérationnel a augmenté de 25% à 31,9 milliards de dollars, mais le free cash flow a chuté à 784 millions de dollars contre 8,5 milliards un an avant. Le bénéfice opérationnel a régressé de 8% à 18,8 milliards de dollars, soit une marge de 31% contre 43% un an avant. Pour son 3e trimestre, le groupe anticipe des revenus allant de 61 à 64 milliards de dollars, contre environ 63 milliards de dollars de consensus.

Meta relève le bas de fourchette de sa guidance annuelle de capex, qui va désormais de 130 à 145 milliards de dollars, contre 125-145 milliards précédemment - la majeure partie de cette somme étant consacrée au développement de ses centres de données. Les dépenses annuelles sont anticipées entre 165 et 169 milliards. Meta maintient par ailleurs que son bénéfice opérationnel 2026 devrait dépasser celui de 2025.

Qualcomm, spécialiste de la conception et de la commercialisation de logiciels et de systèmes CDMA, corrige avant bourse à Wall Street ce jeudi. Le groupe a publié pour son 3e trimestre fiscal des revenus de 9,95 milliards de dollars (-4%), au-dessus des attentes, mais un bénéfice ajusté par action de 2,21$, quant à lui légèrement inférieur aux attentes. Le bénéfice net consolidé a régressé de 25% à 2 milliards de dollars. Sur une base ajustée, ce bénéfice a corrigé de 23% à 2,36 milliards. Le groupe envisage pour son 4e trimestre un bpa ajusté de 2,05 à 2,25$, ce qui ressortirait inférieur au consensus en milieu de fourchette. Les revenus T4 sont attendus entre 9,7 et 10,5 milliards de dollars, au-dessus des attentes.

Lam Research, le concepteur d'équipements destinés à l'industrie des semi-conducteurs, grimpe avant bourse à Wall Street. Le groupe a annoncé hier soir des revenus historiques de 6,72 milliards de dollars (+15%) pour son 4e trimestre fiscal 2026, tirés par la solide demande NAND. Le bénéfice ajusté par action s'est affiché à 1,82$, en croissance de 24%. La marge opérationnelle ajustée a grimpé à 38,4% contre 35% un an plus tôt. Le groupe a aussi relevé ses prévisions. Il vise pour le 1er trimestre fiscal clos fin septembre des revenus de 8,1 milliards, plus ou moins 400 M$, pour un bpa ajusté de 2,15$, plus ou moins 15 cents. Des perspectives soutenues par la demande en puces d'IA.

Arm Holdings, groupe contrôlé par la société japonaise SoftBank et connu pour la concession de licences technologiques aux fabricants de semi-conducteurs, corrige avant bourse à Wall Street au lendemain de sa publication financière trimestrielle. Le groupe a réalisé pour son 1er trimestre fiscal des revenus historiques de 1,29 milliard de dollars, en croissance de 22% avec la demande en produits liés à l'IA. Les revenus de royalties ont augmenté de 22% à 715 M$ et les revenus de licences ont progressé de 23% à 574 M$. Le bpa ajusté a battu le consensus, à 45 cents. La guidance de revenus du 2e trimestre fiscal est également plus élevée que prévu à 1,38 Md$, pour 47 cents de bpa ajusté, mais le groupe s'est montré prudent à propos des royalties sur le segment smartphone.

Starbucks, la chaîne américaine de cafés, prend de la hauteur avant bourse à Wall Street ce jeudi. Le groupe a dévoilé hier soir pour son 3e trimestre des résultats solides, marqués par des revenus de 9,3 milliards de dollars (-1%) et un bénéfice ajusté par action de 85 cents. La croissance à comparable de l'activité a atteint 7,9%. Le groupe relève par ailleurs ses estimations 2026. Le bénéfice ajusté par action est attendu entre 2,55 et 2,65$. La marge opérationnelle ajustée est anticipée supérieure à 11%. Les revenus consolidés sont envisagés stables ou en hausse légère.

Robinhood, la plateforme américaine de courtage, a publié pour son 2e trimestre des revenus de 1,31 milliard de dollars (+32%), un record, pour un bénéfice ajusté par action de 62 cents (+48%) nettement supérieur aux attentes de marché. Pourtant, les seuls revenus cryptos ont chuté de 38%. Les revenus de transactions ont augmenté de 44% à 776 millions de dollars, alors que le revenu net d'intérêt a progressé de 9% à 389 millions. Le bénéfice net s'est amélioré de 48% à 573 millions. L'Ebitda ajusté a grimpé de 35% à 741 millions.

Chipotle Mexican Grill, chaîne américaine de restauration rapide spécialiste du burrito, grimpe avant bourse à Wall Street, alors que le groupe a affiché au 2e trimestre des revenus de 3,35 milliards de dollars (+9,3%) et un bénéfice ajusté par action de 33 cents, soit une performance supérieure aux attentes de marché. Le bénéfice net est ressorti à 403 millions de dollars. Chipotle qui relève par ailleurs ses estimations annuelles de revenus et prévoit d'ouvrir 350 à 370 nouveaux restaurants. La croissance de l'activité 2026 à comparable est attendue à un chiffre bas.

Mastercard, le géant américain des cartes de crédit, a publié pour son 2e trimestre fiscal des revenus de 9,3 milliards de dollars, au-dessus des attentes de marché, pour un bénéfice ajusté par action de 5,04$ également meilleur que prévu. Les volumes d'achats ont représenté 2.420 milliards de dollars environ. La croissance des revenus a été de 14% en glissement annuel et de 12% à devises constantes. Le bénéfice net a été de 4,4 milliards de dollars et le bénéfice net ajusté de 4,5 milliards.

Bristol-Myers Squibb, le groupe pharmaceutique du New Jersey, a annoncé un 2e trimestre supérieur aux attentes et relevé ses estimations financières sur l'année. Les revenus trimestriels se sont appréciés de 6% à 13 milliards de dollars, alors que le bpa ajusté a représenté 2,04$, en croissance de 40%. Les revenus sur l'exercice 2026 sont désormais anticipés entre 49 et 50 milliards de dollars, alors que le bénéfice ajusté par action est estimé entre 6,75 et 7$.

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