Wall Street : prises de bénéfices en vue, alors que TSMC corrige
Les principaux indices américains fléchissent
La cote américaine consolide en pré-séance ce jeudi, le Dow Jones cédant quelques points, contre une baisse de 0,1% sur le S&P 500 et un déclin de 0,4% pour le Nasdaq 100. La tendance aux prises de bénéfices se confirme dans le secteur des puces d'IA, comme en témoigne la réaction en baisse du titre TSMC à des résultats pourtant historiques et particulièrement robustes. L'incertitude géopolitique persiste par ailleurs au Moyen-Orient. En revanche, les derniers chiffres de l'inflation américaine des prix à la consommation et à la production ont donc rassuré cette semaine et fait retomber les anticipations de hausse de taux à court terme. Les cours du pétrole sont orientés en repli ce jour, le baril de brut WTI cédant 0,4% à 79,3$. L'once d'or fin régresse de 0,6% à 4.036$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence.
Après des performances encourageantes du fabricant néerlandais d'équipements pour puces ASML hier, les opérateurs accueillent avec peu d'enthousiasme ce jour les chiffres tout aussi solides de TSMC. Le secteur s'affiche donc prudemment en retrait avant bourse.
Les tensions au Moyen-Orient se confirment par ailleurs, alors que les États-Unis poursuivent leur campagne militaire contre l'Iran et que Trump souffle toujours le chaud et le froid. Le président américain a déclaré que les frappes militaires américaines contre l'Iran se poursuivraient jusqu'à ce que Téhéran accepte un accord. Trump a également renoncé à imposer une taxe de protection maritime de 20% aux navires traversant le détroit d'Ormuz. Sur Truth Social, il a déclaré que "le pétrole circule comme jamais auparavant, grâce à la puissance formidable de l'armée américaine (...). Nous mettrons donc en place un blocus complet, mais uniquement pour les navires en provenance ou à destination des ports iraniens, ou transportant des marchandises liées à l'Iran. À la suite d'entretiens très fructueux avec les dirigeants du Moyen-Orient, j'ai décidé de remplacer les frais de remboursement de 20% dus aux États-Unis par des accords commerciaux et d'investissement que les différents États du Golfe concluront avec les États-Unis. Ces investissements seront massifs mais, dans le même temps, extrêmement bénéfiques pour eux et pour leur avenir. Comme chacun le sait, nous enregistrons déjà le plus important volume d'investissements en dollars aux États-Unis de toute l'histoire, mais ces nouveaux investissements porteront ces chiffres à des niveaux encore plus élevés".
L'armée américaine a frappé un superpétrolier au coeur du golfe Persique, près du principal terminal d'exportation de pétrole de l'Iran, rapporte Bloomberg. Il s'agit de sa première attaque contre un navire depuis le rétablissement du blocus du trafic maritime iranien. Un avion américain a tiré des missiles sur le Belma, navire à vide visé par des sanctions américaines, après que celui-ci a ignoré à plusieurs reprises les avertissements lui signifiant qu'il violait le blocus en naviguant dans les eaux internationales en direction de l'île de Kharg, a indiqué le Commandement central (CENTCOM) dans une publication sur les réseaux sociaux tôt jeudi.
Cette opération menée aussi profondément dans le golfe, loin du détroit d'Ormuz, pourrait signaler selon Bloomberg une extension du périmètre du blocus initial imposé par les États-Unis. Ce dernier visait principalement à intercepter les navires tentant de franchir une ligne de blocus établie par les Américains au-delà du détroit, dans le golfe d'Oman. Cette attaque survient dans un contexte de tensions accrues dans le détroit d'Ormuz. Les récentes attaques de l'Iran contre des navires empruntant cette voie maritime ont contraint les armateurs à revoir leurs projets de transit et ont incité les producteurs de pétrole et de gaz du Golfe à réévaluer leurs plans d'augmentation des exportations, indique Bloomberg. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie a averti que l'économie mondiale pourrait à nouveau être menacée si le conflit paralysant le détroit n'était pas résolu dans un délai de quelques semaines. Le trafic visible dans le détroit est resté faible jeudi d'après Bloomberg.
Sur le front économique, la semaine a donc été marquée surtout, pour l'heure, par de meilleurs chiffres de l'inflation. L'indice américain des prix à la consommation du mois de juin 2026 s'est affiché en recul de 0,4% par rapport au mois antérieur, contre -0,1% de consensus FactSet. Hors alimentation et énergie, l'IPC est stable d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus. Sur un an, l'indice des prix à la consommation progresse de 3,5% (consensus 3,9%) et de 2,6% hors alimentaire et énergie (consensus 2,9%)... L'indice américain des prix à la production du mois de juin 2026 a lui aussi réconforté hier. Il s'affiche en effet en retrait de 0,3% d'un mois sur l'autre contre -0,1% de consensus. Sur un an, la hausse ressort à 5,5% contre 6,2% de consensus. Hors alimentaire et énergie, cet indicateur des prix à la production a progressé de 0,2% d'un mois sur l'autre (+0,4% de consensus) et de 4,7% sur un an.
L'activité économique américaine a progressé à un rythme léger à modérément soutenu ces dernières semaines et les prix ont globalement augmenté de manière modérée, selon l'enquête publiée hier soir du Livre Beige de la Réserve fédérale auprès de ses contacts régionaux dans le secteur des affaires. Les contacts attendent une poursuite de la croissance malgré l'incertitude autour des coûts élevés du carburant. L'emploi a globalement progressé, cinq districts rapportant des gains d'emplois et sept autres peu à pas de changement des conditions du marché du travail.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage, les ventes de détail, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, mais aussi l'indice du marché immobilier américain ou celui des promesses de ventes de logements, seront annoncés aujourd'hui. Les mises en chantier de logements et permis de construire, les prix à l'import et les chiffres de la production industrielle sont enfin attendus demain, avec l'enquête bimensuelle de l'Université du Michigan sur le sentiment des consommateurs.
Dans l'actualité des entreprises, après les résultats bancaires convaincants du début de la semaine, Taiwan Semiconductor (TSMC), UnitedHealth, GE Aerospace, ainsi que le géant de la tech Netflix, sont au rapport ce jour, avec également State Street, US Bancorp, Prologis et Abbott. Regions Financial, Fifth Third Bancorp, Truist Financial et The Travelers Cos, publieront vendredi.
Sur le front de la politique monétaire, les anticipations de hausse de taux sont nettement retombées ces derniers jours. Selon l'outil CME FedWatch, il y a environ 10,2% de probabilité que la Fed remonte ses taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, et 89,8% de 'proba' que les taux restent inchangés entre 3,50 et 3,75%. La publication des prix à la consommation et à la production de juin a fait reculer fortement les anticipations de hausse des taux, qui dépassaient les 40% avant la divulgation de l'IPC. Le même outil montre néanmoins toujours que la banque centrale américaine pourrait relever ses taux d'un quart ou d'un demi-point d'ici la fin de l'année.
Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, a affirmé par ailleurs aux parlementaires américains qu'avec la politique monétaire adéquate, la banque centrale américaine serait en mesure de reléguer au rang de souvenir l'inflation des dernières années. Les deux auditions de Warsh, mardi et mercredi au Congrès, correspondaient à sa première intervention 'semi-annuelle' de politique monétaire - d'abord devant le Comité des services financiers de la Chambre puis devant le Comité du Sénat pour la Banque, l'Immobilier et les Affaires Urbaines.
Selon Warsh, l'objectif primordial de la Fed est de mener une politique monétaire adéquate, ou de s'en rapprocher autant que possible. "C'est notre but clair et constant, l'étoile qui guide notre action. Et si nous parvenons à mener une politique juste - ce que nous ferons -, la poussée inflationniste de ces cinq dernières années appartiendra au passé. Il y a un mois, j'ai présidé ma première réunion FOMC. Mes collègues et moi reconnaissons que l'inflation élevée a fait peser un fardeau excessif sur les ménages et les entreprises américains. Si les fluctuations mensuelles des prix sont inévitables - surtout dans un monde instable -, l'inflation sous-jacente, sur des horizons temporels plus longs, dépend en grande partie de la politique monétaire. Les membres de notre Comité ne tolèrent pas une inflation durablement élevée".
"Nous partageons une volonté résolue de rétablir la stabilité des prix. C'était au coeur de notre réunion de juin, lors de laquelle nous avons décidé de maintenir la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,5 et 3,75%", a indiqué Warsh.
"Naturellement, notre travail à la Fed exige une évaluation juste de la conjoncture économique. Comme l'indique notre rapport sur la politique monétaire, l'activité économique progresse à un rythme solide, faisant preuve de résilience face aux évolutions récentes. La croissance de la consommation des ménages est modérée. La production manufacturière a augmenté de manière constante cette année. Le secteur du logement, en revanche, présente un tableau différent et continue de marquer le pas", a détaillé le dirigeant.
"L'aspect le plus marquant de l'économie actuelle est l'investissement des entreprises. Ce rythme rapide - qui semble s'accélérer - reflète en grande partie la construction de centres de données et l'immense demande pour les équipements et logiciels liés à l'IA qui les garnissent. L'investissement global en équipements a augmenté d'environ 8% sur l'année s'achevant au premier trimestre. Au sein de cette catégorie, les dépenses technologiques ont enregistré une croissance particulièrement impressionnante de près de 25% sur quatre trimestres. Nous ignorons dans quelle mesure l'économie bénéficiera du déploiement de l'IA. Toutefois, il semble inévitable que ce que l'on appelle aujourd'hui 'investissement dans l'IA' soit bientôt qualifié simplement d''investissement'. Pour autant, ces nouvelles opportunités économiques s'accompagnent de nouveaux défis pour les décideurs. À la Fed, nous surveillons attentivement les implications pour l'inflation et le marché du travail", déclare Warsh.
Notons que Warsh a jugé hier que les données récentes sur l'inflation étaient un indicateur imparfait. Il note qu'à court terme, l'investissement dans l'IA est très bénéfique pour l'emploi et qu'à long terme, l'IA pourrait soutenir les salaires et le marché du travail. Entre les deux, l'IA devrait causer des perturbations, et le responsable n'est pas en mesure de dire quel sera l'impact sur les prix.
Les valeurs
TSMC, ou Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, est attendu en baisse à Wall Street sur des prises de profits. Le géant taïwanais des puces sous contrat a annoncé au titre de son 2e trimestre un bénéfice net en très forte progression de 77%, au-dessus des attentes et sur un niveau record, avec une fois encore la forte demande liée à l'essor de l'intelligence artificielle. Le groupe, qui compte Apple ou Nvidia parmi ses principaux clients, a donc dégagé sur le trimestre clos un bénéfice net de 706,6 milliards de dollars de Taïwan, environ 22 milliards de dollars américains et 12% de plus que le consensus des analystes.
TSMC a par ailleurs réalisé des revenus d'environ 1.270 milliards de nouveaux dollars taïwanais sur le trimestre clos. Le bénéfice atteint donc 706,6 milliards de dollars taïwanais sur le trimestre clos en juin, cinquième trimestre record consécutif. En séquentiel, par rapport au précédent trimestre, ce bénéfice progresse de plus de 23%. Les technologies de pointe de 7 nanomètres et moins ont représenté 77% du chiffre d'affaires total lié aux plaquettes, a indiqué l'entreprise. En dollars américains, le chiffre d'affaires du deuxième trimestre s'est élevé à 40,20 milliards de dollars, soit une augmentation de 33,7% sur un an et de 12% par rapport au trimestre précédent. La marge brute du trimestre s'est établie à 67,7%, la marge opérationnelle à 60,3% et la marge bénéficiaire nette à 55,6%.
Compte tenu des perspectives commerciales actuelles, la direction prévoit pour le troisième trimestre 2026, un chiffre d'affaires logé entre 44,6 et 45,8 milliards de dollars américains, et, sur la base d'un taux de change de 1 dollar américain pour 32 dollars taïwanais, une marge brute de 65 à 67%, ainsi qu'une marge opérationnelle allant de 56 à 58%.
United Airlines. 6 milliards de dollars ! C'est désormais la hausse de la facture carburant anticipée par la compagnie aérienne sur l'année. Le groupe de Chicago a affirmé que la flambée du kérosène allait peser sur ses résultats sur le trimestre en cours. Il anticipe un bénéfice ajusté par action compris entre 2,50 et 3,50 dollars au troisième trimestre, contre un consensus de 3,62$. Le transporteur a souligné que la hausse des prix du carburant depuis le début du mois de juillet avait à elle seule alourdi ses coûts prévisionnels pour le troisième trimestre de 575 M$, soit l'équivalent de 1,12 dollar par action en base ajustée.
Toutefois, à l'instar de sa concurrente Delta Air Lines, United a indiqué que la forte demande de voyages, notamment pour les offres haut de gamme et les vols internationaux, avait permis de compenser la hausse des coûts. Le groupe aérien a ainsi publié des résultats pour le deuxième trimestre supérieurs aux attentes et a relevé la borne inférieure de sa prévision de bénéfice annuel, tablant désormais sur un bpa ajusté compris entre 9 et 11$, contre une fourchette précédente de 7 à 11$, et un consensus logé à 10,51$. Sur le trimestre clos, United a enregistré un bpa ajusté de 1,99$, contre 3,87$ un an plus tôt et 1,85$ attendu par les analystes, pour des revenus en hausse de 16% à 17,67 Mds$ (vs 17,55 Mds$ de consensus).
Uber annonce ce jeudi une offre d'acquisition de Delivery Hero. Le géant américain des livraisons et services VTC entend donc s'offrir son rival allemand dans la livraison de repas, proposant une contrepartie en numéraire de 41,50 euros par action à tous les actionnaires de Delivery Hero, représentant une valeur equity de 14,8 milliards de dollars (ou 13,7 milliards de dollars après ajustement pour tenir compte des acquisitions de titres précédemment réalisées par Uber). La transaction devrait selon Uber avoir un effet relutif sur le bénéfice par action non-GAAP dès sa clôture, avec une relution se situant dans le haut de la fourchette à un chiffre (en pourcentage) d'ici la troisième année.
Delivery Hero a par ailleurs convenu de céder une partie de ses activités couvrant 14 marchés à SSW Partners. Le Directoire et le Conseil de surveillance de Delivery Hero accueillent favorablement et soutiennent à l'unanimité l'offre publique d'achat. Ils ont l'intention de recommander aux actionnaires de Delivery Hero d'apporter leurs titres à l'offre, sous réserve de l'examen du document d'offre. Prosus s'est par ailleurs irrévocablement engagé à apporter ses titres, ce qui porterait la participation économique totale d'Uber à environ 53%. La participation de Prosus s'élève en effet à un peu moins de 17%, alors qu'en incluant les dérivés, Uber affichait déjà une participation de près de 37% dans Delivery Hero.
Uber financera l'offre de rachat grâce à la trésorerie figurant à son bilan et à un nouveau financement par emprunt. Uber a mis en place une facilité de crédit-relais ferme d'environ 14 milliards d'euros. La transaction est structurée de manière à préserver la solide notation de crédit 'investment grade' d'Uber, avec un levier financier brut devant rester inférieur à 2x, soutenu par la forte génération de flux de trésorerie disponible de l'entreprise. La politique d'allocation du capital d'Uber demeure inchangée, y compris son engagement à restituer les excédents de capital aux actionnaires par le biais de rachats d'actions.
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