Wall Street poursuit sur sa lancée, en vive hausse avec Amazon
Malgré la rechute d'Apple
Wall Street poursuit son rallye de la veille avant bourse ce vendredi, aidé notamment par Amazon et Micron, alors qu'Apple retombe suite à ses résultats. Le Nasdaq 100 se redresse encore de 1,2%, le S&P 500 prend 0,5% et le DJIA gagne 0,6% en pré-séance. Hier, la place américaine avait affiché déjà un rebond particulièrement puissant dans le sillage notamment de Microsoft et de Micron, au lendemain d'une lourde correction consécutive à des commentaires du nouveau patron de la Fed. Le Nasdaq s'envolait hier de 2,78%, le S&P 500 de 1,67% et le Dow Jones de 1,19%.
Mercredi, la place américaine avait tenté de résister tout au long de la séance, mais les indices s'étaient finalement effondrés après les annonces de la Fed, qui a laissé comme attendu les taux inchangés sur les fed funds entre 3,50 et 3,75% - pour la 5e réunion FOMC consécutive cette année -, mais dont le discours n'avait pas convaincu. C'est le moins que l'on puisse dire, puisque le Nasdaq décrochait de 1,74%, contre une chute de 1,52% sur le S&P et une sanction de 2,19% sur le Dow Jones. Trois voix dissidentes se sont élevées au sein de la banque centrale américaine dans le cadre de la décision du jour. Les trois dissidents auraient plutôt opté pour un durcissement monétaire. On comprend que le travail de la Fed de Kevin Warsh va donc être compliqué dans les mois à venir, ce qui confirme le risque qu'une politique monétaire restrictive perdure. Donald Trump a tout de même apprécié le statu quo monétaire, qualifiant Warsh de "brillant".
Alors que la Fed a décidé de maintenir ses taux inchangés, trois présidents d'antennes régionales, en l'occurrence, la patronne de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari et la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, ont donc voté contre cette décision, privilégiant un relèvement des taux de 25 points de base. Un désaccord qui met en évidence la division des responsables quant à la manière de combattre la résurgence de l'inflation, alimentée en partie par le conflit en Iran.
Les responsables de la Fed n'ont apporté aucune modification à leur déclaration de politique monétaire, réaffirmant que l'inflation demeurait élevée en raison de la hausse des prix de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, et ont réitéré leur engagement à ce que le comité assure la stabilité des prix.
"L'activité économique est solide, les dépenses d'investissement et la productivité sont vigoureuses, et le marché du travail est robuste et stable", a déclaré pour sa part Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed. Il a toutefois reconnu que l'inflation restait élevée. "Cinq années d'inflation élevée ont laissé une impression erronée, difficile à dissiper, selon laquelle l'objectif d'inflation implicite de la Fed serait supérieur à 2%. Je tiens à le répéter : il n'existe pas d'objectif d'inflation 'souple' ni d'objectif implicite 'souple', du moins pas sous la direction de ce comité. Il n'y a qu'un seul objectif, et il est de 2%", a asséné Warsh, adoptant donc un ton assez dur, alors même que les chiffres américains de l'inflation pour le mois de juin avaient pourtant montré un certain ralentissement de la hausse des prix hors alimentation et énergie.
Les cours du brut sont orientés en hausse ce jour avec l'incertitude géopolitique et l'enlisement de la situation en Iran. Le baril de brut WTI gagne 1,4% à 84,7$. L'once d'or fin régresse de 1,1% à 4.060$. L'indice dollar grappille 0,3% face à un panier de devises.
Les chiffres avancés (première des trois estimations) du PIB américain du 2e trimestre publiés ce jeudi ont fait ressortir une croissance au rythme de 1,5%, contre 2,1% de consensus FactSet et +2,1% également pour la période antérieure. Les dépenses personnelles de consommation du trimestre ont progressé quant à elles sur un rythme de 3,2%, contre 2,1% de consensus Bloomberg.
Les revenus personnels des ménages américains pour le mois de juin, qui viennent aussi d'être dévoilés, se sont appréciés de 0,2% d'un mois sur l'autre contre +0,3% de consensus FactSet, alors que les dépenses personnelles ont progressé de 0,3% contre +0,5% de consensus. L'indice des prix 'core PCE' suivi par la Fed a augmenté de 0,1% d'un mois sur l'autre et de 3,3% sur un an, deux mesures proches des attentes. Les opérateurs ont apprécié ce nouveau signe d'apaisement de l'inflation.
Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 25 juillet se sont établies à 197.000, contre 207.000 de consensus FactSet et 188.000 pour la lecture révisée du mois antérieur.
Ce vendredi, les investisseurs suivront l'indice PMI de Chicago (15h45) et l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan (16 heures).
L'actualité des entreprises reste particulièrement étoffée en cette fin de semaine à Wall Street. Apple, Amazon, Coinbase ou Stryker, publiaient hier soir. ExxonMobil, Chevron, AbbVie ou Eaton, sont attendus ce jour.
Les valeurs
Apple abandonne 8% désormais avant bourse sur la place américaine, alors que le géant californien de Cupertino a pourtant dépassé hier soir les anticipations de marché pour son 3e trimestre fiscal. Le groupe à la pomme a réalisé un bénéfice ajusté par action de 2,02$ à comparer à un consensus de 1,89$, alors que ses revenus ont totalisé 109,4 milliards de dollars, en croissance de 16% en glissement annuel et légèrement supérieurs aux attentes (109 milliards). Cependant, les revenus de services et l'activité en Chine déçoivent, tandis que le management se montre prudent concernant les perspectives de court terme compte tenu des problèmes d'approvisionnement.
La marge brute trimestrielle s'est établie à 50,1%, incluant un impact favorable d'environ 2 points de pourcentage lié à des remboursements de droits de douane. Le bénéfice par action dilué, de 2,02$, a grimpé de 29%, incluant un impact favorable de 11 cents dû aux remboursements de droits de douane. Le bénéfice opérationnel augmente de 27% à 35,7 milliards de dollars, alors que le bénéfice net progresse de 27% à 29,8 milliards de dollars. Le cash flow opérationnel à neuf mois a grimpé de 43% à 117 milliards.
Par segment, les revenus de l'iPhone ont progressé de 22% à 54,2 milliards de dollars et dépassé les attentes, mais les revenus de services manquent le consensus à 30,7 milliards de dollars, en hausse de 12% en glissement annuel. Les revenus des produits ont augmenté de 18% à 78,7 milliards de dollars. Le Mac a progressé de 29% à 10,4 milliards. L'iPad a décliné de 6% à 6,2 milliards. Le segment Wearables, Home & Accessories a affiché une croissance de plus de 6% à 7,9 milliards.
Par zone géographique, la région Amériques a progressé de 11% à 45,8 milliards de dollars, dépassant les attentes, tandis que l'Europe a affiché plus de 22% de croissance à 29,4 milliards. La Grande Chine a réalisé elle aussi plus de 22% de progression, mais rate le consensus avec une activité de 18,8 milliards.
Apple a indiqué par ailleurs hier soir que les pénuries de capacités de production de puces de pointe restreignaient l'approvisionnement en produits du groupe. Il s'agirait donc de contraintes d'approvisionnement et non d'une faiblesse de la demande. Le groupe table sur une croissance des revenus de 9 à 11% sur le trimestre en cours, alors que les analystes visaient un peu plus haut. La guidance est également prudente sur le T4 fiscal concernant l'iPhone avec une croissance attendue 'mid-teens', autrement dit de l'ordre de 15%. La croissance dans les services est attendue comparable à celle du T3 fiscal hors effets de change. La marge brute est prévue entre 47 et 48%, incluant un avantage d'environ 1 point de pourcentage lié aux remboursements de droits de douane.
Amazon rebondit de 11% avant bourse à Wall Street, en réaction à sa publication financière trimestrielle. Le géant du e-commerce a dépassé les attentes au 2e trimestre fiscal, dégageant un bénéfice par action de 5,75$ comprenant un gain exceptionnel lié surtout à l'investissement dans Anthropic, pour des revenus de 200,6 milliards de dollars (+20%). AWS a affiché pour sa part des revenus de 42,2 milliards de dollars, en très forte progression de 37% en glissement annuel et bien au-dessus des attentes de marché.
Le chiffre d'affaires du segment Amérique du Nord a augmenté de 16% sur un an pour atteindre 116,2 milliards de dollars. Le chiffre d'affaires du segment International a progressé de 15% à 42,2 milliards de dollars.
Le résultat opérationnel a atteint 27,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre 19,2 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025. Le résultat opérationnel du segment Amérique du Nord s'est élevé à 9,1 milliards de dollars, contre 7,5 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025. Celui du segment International a atteint 1,7 milliard de dollars, contre 1,5 milliard de dollars au deuxième trimestre 2025. Le résultat opérationnel du segment AWS s'est élevé à 16,6 milliards de dollars, contre 10,2 milliards de dollars au T2 2025.
Le résultat net a atteint 62,6 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit 5,75$ par titre, contre 18,2 milliards de dollars au deuxième trimestre 2025. Le résultat net du deuxième trimestre 2026 inclut des autres produits hors exploitation avant impôts de 53,4 milliards de dollars, provenant principalement des investissements dans Anthropic.
Le flux de trésorerie opérationnel a augmenté de 33% pour atteindre... 161,4 milliards de dollars sur les douze derniers mois, contre 121,1 milliards de dollars sur la période de douze mois close le 30 juin 2025. En revanche, le flux de trésorerie disponible (FCF) a enregistré une sortie nette de 7,6 milliards de dollars sur les douze derniers mois, principalement en raison d'une augmentation de 66,1 milliards de dollars sur un an des acquisitions d'immobilisations corporelles, nettes des produits de cession et des incitations financières. Cette hausse reflète essentiellement les investissements réalisés dans l'intelligence artificielle.
Les prévisions du 3e trimestre sont prudentes, le groupe envisageant des revenus allant de 197 à 202 milliards de dollars, inférieurs au consensus en milieu de fourchette, bien qu'en progression de 9 à 12%. Si l'on exclut l'impact du Prime Day en 2025 et en 2026, la croissance d'une année sur l'autre au troisième trimestre 2026 serait supérieure de près de 400 points de base. Ces prévisions intègrent un impact défavorable d'environ 80 points de base lié aux taux de change... Le bénéfice opérationnel sur la période est attendu entre 22,5 et 26,5 milliards de dollars, guidance entourant le consensus. Il était de 17,4 Mds$ au T3 2025.
Stryker a publié de solides résultats pour le deuxième trimestre 2026, marqués par une croissance organique des ventes de 9% et un bénéfice par action ajusté de 3,69$, soit une hausse de 17,9 % sur un an. Malgré ces résultats positifs, l'entreprise a dû faire face à certains défis, notamment la poursuite du rétablissement après un incident de cybersécurité et des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, ce qui a conduit à des perspectives prudentes. Le groupe resserre ses prévisions pour l'exercice 2026 et anticipe désormais une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre 8,3 et 9,3%, ainsi qu'un bénéfice net ajusté par action de 14,95 à 15,10$.
Coinbase. Le rapport sur les résultats du deuxième trimestre 2026 a fait état d'un chiffre d'affaires de 1,22 milliard de dollars, inférieur aux attentes, se soldant par une perte nette de 359 millions de dollars. L'entreprise diversifie ses activités au-delà du Bitcoin, mais doit faire face aux défis liés aux incertitudes réglementaires et à la concurrence sur le marché des cryptomonnaies. Coinbase a enregistré une perte par action de 1,36$ au deuxième trimestre. Les revenus issus des transactions ont chuté de 21% pour s'établir à 599 millions de dollars, tandis que les revenus des services d'abonnement sont restés stables. Pour le troisième trimestre, Coinbase prévoit des revenus issus des abonnements et services compris entre 500 et 580 millions de dollars.
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